DÉFENSE DES PLACES
Plutarque nous montre Caton le jeune renfermé dans
(1) Titk-I.ive , xxiv, i6.
(î) Mémoire* de divin lavante présentés h l'Académie des inscriptions', ♦ r« série, tome IV.
HISTOIRE DE l’art DE LA GlERRE.
Utique «ramassant d’immenses provisions de blé, réparant les murailles, donnant plus de hauteur aux tours, et environnant la ville d’un fossé profond, défendu par plusieurs forts. » Les Romains, on le voit, ne négligeaient pas la mise en état de défense.
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Ils repoussaient l’assaillant soit par des sorties, soit en
précipitant sur lui toutes sortes de projectiles, après avoir préalablement écarté, au moyen de lances et de longues perches, les boucliers formant la tortue; au nombre de ces projectiles nous devons ranger les loups (1 ), grosses et grandes plate-formes hérissées de pointes de fer.
Ils atténuaient les effets des projectiles de l’assaillant par des rideaux d’étoffes placés sur les murailles en guise de mnntclets (2).
Leur habileté à paralyser ou détruire les béliers et autres machines propres à ébranler l’enceinte était tellé qu'elle contraignit Sapor, devant Nisibis (348 de notre ère), à for-, mer une inondation autour de cette ville à triple pourtour, pour l’attaquer avec des vaisseaux dont la hauteur permettait de lutter presque de plein pied contre les habitants.
Pour défendre les villes, les Romains recouraient encore à la construction subite de murs nouveaux destinés à boucher les brèches faites par l’adversaire, à l’établissement de retranchements intérieurs qui forçaient l’assaillant de renou-
veler une partie de ses travaux d’attaque, à des coupures garnies de pieux qui embarrassaient les rues et empêchaient les^vainquèurs d’avancer et de conquérir la ville d’un seul bond par l’enlèvement de l’enceinte ; ils employaient égale-
(1) No-confondei pas ces loup» nveeles lufii ftrrei de Tite-Live (xxviii, 3),
espèces de dents en fer pour saisir et enleVor lo bélior.
(3) VéoÈCE, îv, 6.
ROMAINS. 185
ment des tours mobiles, conduites sur des chariots, et les transportaient sur les points les plus menacés (1).
Les Romains, énonçons -le, poussaient leurs défenses avec une grande énergie. Voyez plutôt la lutte de Casilinum contre Annibal : les rats, tous les animaux immondes, . toutes les herbes et racines furent dévorés avant la reddition des habitants qui avaient reçu pour unique ravitaillement quelques tonneaux remplis de blé et plusieurs milliers de noix, tonneaux et noix abandonnés au courant des eaux du Vulturne (2).
On rencontre chez les Romains l’usage des mines et contre-mines déjà signalé chez les Grecs.
Dans les travaux de mines, pour ne'pas épuiser leurs soldats, ils les partageaient en groupes qui se relayaient, de six heures en six heures par exemple (3).
Leurs mines étalent vastes, puisque nous voyons dans l’une d’elles, au dire de Polybe (4),lesÉloliensles combattre avec leurs sarisses, puisque l’empereur Julien en creuse une, sous les murs de la forteresse de Maogamalcha, que trois cohortes parviennent à traverser.
Elles leur servaient souvent à tarir les sources d’eau qui alimentaient les assiégés: témoin le siège de Cahors par Jules César.
(1) Humus, Guerre d'Alexandrie, cliap. 2.
(2) Tite-Live, xxiii, 19. — Livins, ne l'oublions pas, tint cm q ans dans la citadelle de Tarente contre les Carthaginois. (Voyez Tite-Live, xxvu, 25.)
(3) Tite-Live, v, 19.
(4) Fragments du livre xxn. — Il s’agit du siège d’Ambrmcie.