NUMIDES
« Les Numides, avance Tite-Livc (5), sont sans contredit
(4 ) Histoire de l'art militaire, tome II, p. 627.
(2) Rey , Dissertation sur l'emploi du vinaigre à la guerre, oomme agent de destruction et comme moyen de défense, 4 828. — (Insérée dans le Recueil industriel dirigé par M. de Moléon et tirée à part.)
(3) A la prise de Naples, en 4648. Mémoires de Henri de Lorraine, duc de Guise, livre y ; Amsterdam, in-42, 4703, tome II, p. 465.
(4) Celle du général Lamahque. {Encyclopédie moderne, article Bataille.)
(5) xxix, 34.
194 HISTOIRE DE l’art de la guerre.
les meilleurs cavaliers de toute l’Afrique. » On peut aller plus loin et dire qu’ils ont formé la meilleure cavalerie légère de l’antiquité.
' La cavalerie numide n’avait aucune apparence : hommes et chevaux étaient petits et fluets; les cavaliers, demi-nus, ne portaient d’autres armes que des javelots; les chevaux couraient disgracieusement, le cou tendu, la tête allongée (1).
Montés à poil , les Numides ne se servaient pas de brides, dirigeaient leurs chevaux de la voix et au moyen d'une petite baguette (-2), dardaient leurs javelots avec une adresse admirable, lâchaient pied devant l’ennemi , puis revenaient à la charge, et répétaient plusieurs fois cette manœuvre avec une vitesse qui prouve la légèreté, la sûreté de pied et la vigueur de leurs montures ; ils étaient éminemment propres aux escarmouches, aux chicanes, aux embuscades, d’autant plus qu’ils pratiquaient bien la ruse, et excellaient à lutter dans un terrain accidenté et au milieu des obstacles (3).
Tels ils étaient sous la conduite d’Annibal , tels les cavaliers numides combattaient encore au temps de César, soit contre lui (4), soit avec lui (5); tels ils luttent encore aujourd’hui en Algérie.
Tite-Live met dans la bouche du roi Syphax « que sa nation est tout à fait inhabile aux combats d’infanterie (6) ». 11 ne faut pas prendre ce propos à la lettre ; les Numides
(< ) Tite-Live , xxxv, < t .
(2) IIkrodiek, vu.
(3) Tite-Lve, xrvi, <0. a Leurs chevaux, dit nussi Salhjbte ( Jugur - Ika, 50), étaient accoutumés à s’échapper à travers les broussailles, ru lieu que les nôtres étaient arrêtés par des embarrns auxquels ils n’étaient point faits. »
(4) HlBTlDS, Guerre d'Afrique, 70.
(5) Gcischabdt, Mémoires critiques et Historiques, tome III, p. 43.
(6) xxiv, 48.