ESPAGNOLS
eurent de l’infanterie légère, armée, suivant Strabon, d’un bouclier impénétrable en peau d’éléphant, et combattant à la manière de leur cavalerie; celte infanterie donna même de sérieuses alarmes à César dans sa campagne d’Afrique (1).
Ce que l’on peut dire, c’est qu’il n’exista jamais d’armée numide parfaitement organisée et surtout permanente, car ce nom est inapplicable à des masses désordonnées , disparaissant à la moindre déroute.
Les Numides formaient donc un adversaire presque insaisissable; les Romains recoururent, pour les réduire, au système des razzias (2), que nous aussi, à vingt siècles de distance , nous avons été obligés d’adopter contre les Arabes algériens
8 3. espagnols13!.
Les anciens Espagnols, habillés de casaques de laine noire ou de tuniques de lin bordées de pourpre et d’une blancheur éclatante (4), employaient comme armes offensives :
— la lance armée de différentes ferrures et servant pour frapper de près comme pour jeter de loin ; — l’épée, bonne d’estoc et de taille, en raison de son double tranchant et de la force de sa lame, épée adoptée par les Romains, ainsi que nous l’avons déjà dit (chap. III, § 7) ; — le poignard long
;1) Humus, Guerre d'Afrique, 72.
(2) Salluste , Jugurlha, 54.
(3) Consultez llitloria o:ganica de la> armai de infanleria y raballeria, par le lieutenant général comte df. Clonard , ir-4°, Madrid. 1851, tome I", • p. 120 et 132.
(4) Us avaient de semblables tuniques h la bataille de Cannes (Tite-Live, xxii, 46); dom Thuillier, dans sa traduction de Polybe (lll, 24), les représente à tort dans cette action comme vêtus o de chemises de lin couleur de pourpre, o
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de tranclianl et pointu; — ces armes ayant été autant qnc possible plongées dans le Bilbilis (1) et le Chalibe (2) dont les eaux possédaient pour la trempe des qualités merveilleuses (3).
Ce peuple portait comme armes défensives : — la mitre, espèce de casque avec un masque fixé sous le menton et un cimier orné de plumes rouges ou d’une crinière de cheval; — un vêtement en lin, piqué et à l’épreuve ; — une CHiras.se en cuir; — un bouclier fait de nerfs et garni de peaux, nommé cètre, de dimensions assez petites et ressemblant beaucoup à la pelte des peltastes grecs (4).
Il existait dans les troupes espagnoles d’excellents frondeurs : c’étaient les habitants des îles Baléares, qui combattaient entièrement nus et quelquefois couverts de peaux de mouton, ayant à la main un petit bouclier cl un javelot carbonisé à la pointe. Ces frondeurs jouissaient d’une grande renommée, et pour leur valeur et pour leur adresse; cette dei'nière se développait dès l’enfance, et tout le monde connaît ce trait de mœurs en vertu duquel la mère attachait à un arbre la nourriture de son fils, qui devait la mériter en l’abattant d’un coup de fronde. Avec des frondes de longueur différente, suivant les distances, les frondeurs des Baléares lançaient des pierres du poids d’une livre ,• ou des balles de plomb, et nul casque, nulle armure ne pouvait résister à l’impulsion qu’un bras vigoureux communiquait à ce ..x projectile.
(4) Le Xalon, affluent de l’Kbre.
(2) Le Clieyles qui pusse aux environs do Taruzona.
(3) PLCTAUqUR, dans son petit Traité de mo raie sur la démangeaison de parler , avance quo « les Celtibéricns nflinoient l’ncier en l'enfouissant dans la terre, et l'épuraient ainsi de ses parties grossières et terrestres, s
(4) OmscifABDT, Mémoires critiquée et historiques, tome Ier, p. 63.