‹ Histoire de l'art de la guerreChapitre 64 sur 127 · FRANCS W · texte numérisé non relu

FRANCS W

Les. Francs n’avaient fl’autre arme défensive qu’un bouclier long, étroit, fait de bois ou d’osier, couvert de cuir; cela dura jusqu’au temps de Charles Martel, malgré leur imitation partielle des usages romains après leur installation en Gaule. . ' ,

Ils combattaient presque exclusivement à pied, et on les .voit encore à la bataille du Çasilin (553) n’opposer à l’armée de Narsès ni cavaliers, ni archers, ni frondeurs.

Le fantassin franc, aux cheveux relevés en forme d’aigrette et aux moustaches pendantes, portait des vêtements en toile, serrés nu corps par un ceinturon qui soutenait uuc épée; il avait encore une courte pique nommée hang et une hache dite francisque, son afrne favorite (3). Dans la lutte, il lançait contre le bouclier de son adversaire son hang, qui

(1) fi 1 11 IïOS , Pf cadence de l'empire romain, eh np . 3G.

(2) Te* lecteur cpnsulU'ra avec fruit, sur les. Franc», la Star in mililare di Francia Je M. le professeur J. -B. Crollalanza , tonie 1"; ïf édition , i85(i, Fiuio, livre 1", chnp. 3, principalement p. \ 47 el suivantes. J’ai rendu compte de cet ouvrage important dans le Speitateur militaire. (Octobre 1 857 .)

(3) Suivant le P. Daniel. (Histoire de la milice fronçais», tome I*r, p, 7), les Francs employaient l'arc, mais à la ( liasse seulement.

s’y maintenait par le crochet de son fer et le faisait baisser par son poids, puis cherchait à frapper à toute volée du tranchant de sa francisque son cnneipi découvert. Cette manœuvre était assez bonne, mais elle exigeait un combat corps à corps ou à une faible distance, à la distance où le hang pouvait se lancer. .

L’infanterie franque combattait, comme celle des Germains, tantôt qn phalange, tantôt en coin (colonne), et couvrait la tôle et les flancs de sa formation d'une haie de boucliers contigus, pour atténuer l'effet des traits auxquels malheureusement elle n’avait à opposer de loin ni projectiles ni armures; elle attaquait avec une grande vitesse et en jetant des cris terribles.

mites. ‘ * 221

Les Francs étaient habitués et merveilleusement exercés h faire la guerre; cela tenait sans doute à leur passion de prendre les armes de bonne heure, vers 13 ou 14 ans. Mais, peu civilisés, dénués d’industrie, ils ne sô montraient pas plus savants dans la polio'rcélique que dans les raffinements de la tactique ; « ils y suppléaient, a dit Signas (1), pqr ce courage national, à la fois fureur impétueuse et constance opiniâtre, dont l'honneur formait la base. » Vaincre ou mourir constituait leur maxime, et il était fort rare d’en voir de prisonniers (2). Chez eux , la loi salique le confirme, il y avait délit pour accuser de l’abandon du bouclier o.u appeler lièvre (fuyard). , ..

L’empereur Léon (3) nous les. montre peu obéissants, inattentifs à se garder,, dans leurs campements dispersés, par des postes et des réserves, faciles et prompts à se décourager; il recommande contre eux. les attaques fréquentes, les embuscades, les longues négociations.

Au vu* siècle, les Francs étaient encore commandés à la guerre par les mêmes officiers qui les jugeaient en temps de paix ; je cite ce fait pour prouver combien chez eux le commandement militaire resta longtemps le commandement unique et permanent.

Ce peuple , à son arrivée dans la Gaule, avait pour enseignes de petites bandes d’élofl'e taillées en pointe ou arrondies par l’un des -côtés.

(1 } Considérations sur l'esprit militaire des Tram?» et des Francis, 1780,

(ï) La BlettK&IE , Histoire de l'empereur Julien, in-lî, 1*746, p. 116

(3) Institution xvtli.

HISTOIRE DE l’âRT DE LA GUERRE.

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