DU CAPITAINE LA BARRE DUPARCQ
deux catégories on devra le placer, et tout d'abord s’il y a dans sa doctrine cette unité qui caractérise la première.
Nous réduirons à une question principale, dont la solution doit d’ailleurs faciliter celles des questions secondaires, l’analyse circonscrite que nous avons entreprise.
Rechercher si dans l’ensemble de ses ouvrages, tant dogmatiques qu’historiques , on peut découvrir une doctrine complète sur toutes les branches de la science militaire.
Mais avant de résoudre cette question , il importe de définir ce qu’on entend par doctrine en pareille matière, et d’indiquer quelles sont les principales différences qui existent sur la science ou sur l’art entre les diverses écoles qui se sont formées. «
On peut considérer sous un double aspect tout ce qui regarde la science et l’art de la guerre : 1“ ce qui est relatif à la composition de la machino et aux moyens matériels qui lui sont nécessaires pour produire les divers effets en vue desquels elle a été constituée ; 2“ ce qui concerne l’arrangement ou là combinaison des divers éléments, la manière de les employer, et surtout le rôle du général en chef qui en est le moteur principal. Dans la première partie, on comprend le choix des hommes, leur division en fractions constitutives, le mode d’administration destiné a pourvoir à leur entretien, les dispositions pénales ou rémunératrices et la hiérarchie. Dans la deuxième, le rôle des diverses armes, leur organisation particulière, la tactique élémentaire, la tactique générale, la fortification et la stratégie. Voyons maintenant en quoi diffèrent les diverses écoles sur la manière de constituer une armée et île la faire mouvoir. L’organisation des armées et leur division en fractions constitutives ont pour base la méthode française du xvn* siècle, perfectionnée dans les deux siècles suivants, généralement
DES TRAVAUX
adoptée en Europe, et d’après laquelle les peuples orientaux cherchent aussi à organiser leurs milices; les armes, la tactique élémentaire, les ordres de bataille ne diffèrent pas beaucoup non plus de ce qui était en usage dans le xvii* siècle ; les changements survenus depuis sont plutôt des perfectionnements que des choses radicalement différentes. C’est , à notre avis, dans les opérations militaires qu’existe la différence caractéristique entre la deuxième moitié du xvn* siècle et le commencement du xvm\ A cette dernière époque on apprécie bien mieux les avantages de la mobilité ; on fait une guerre de mouvement plutôt que de position, et il est à remarquer qu’il s’agit déjà de grandes masses , car cette méthode, employée dans les petites armées du xvu* siècle, avait cessé de l’être avec leur accroissement numérique. Une des conséquences de cette mobilité fut que les batailles se multiplièrent et que le nombre des sièges diminua. En effet, Napoléon a livré plus de batailles que Gustave-Adolphe, Turenne, le prince Eugène et Frédéric ; ces dernière, réunis, en ont livré trente-cinq , Napoléon seul en compte quaranteneuf; les sièges, au contraire, deviennent de moins en moins fréquents et suivent une progression inverse de la première. En outre du système de Frédéric le Grand, qui ouvre l’ère moderne, et des guerres de la révolution, Jomini considère aussi le système des grandes invasions et celui de lord Wellington. Il nous reste maintenant à déterminer s’il y a de l’unitc dans l’ensemble des œuvres de notre auteur, et à laquelle de ces écoles sa doctrine le rattache.
Comme nous l’avons déjà mentionné , l’auteur a publié des travaux dogmatiques et des travaux historiques. Les Études sur la Prusse ont pour but l’examen d’une organisation militaire des plus complètes , et peut-être aussi des plus compliquées; la critique qu’il en fait lui donne l'occasion d’ex-