‹ Histoire de l'art de la guerreChapitre 83 sur 127 · DU CAPITAINE LA BARRE M'PARCQ · texte numérisé non relu

DU CAPITAINE LA BARRE M'PARCQ

poser ses idées sur In constitution militaire d’un État, et par conséquent sur la composition de cette importante machine que nous appelons une année. Nous avons vraiment admiré avec quelle sagacité l'auteur a su mettre en évidence ce qu’il considère comme la partie défectueuse de cette organisation. Une preuve sans réplique résulte des discussions actuelles des chambrés prussiennes sur le projet du gouvernement tendant à modifier le système en vigueur ; les adversaires de ce système le combattent par des raisons conformes aux réflexions de l’auteur, dont ils constatent le mérite par un témoignage des plus flatteurs.

Dans son introduction aux Principes de la grande guerre de l’archiduc Charles, les Commentaires sur Clausewitz , Le plus Grand Homme de guerre, La Fortification des gens du monde et dans les Eléments d’art militaire , on trouve toute la partie dogmatique ; l’auteur y indique comment la guerre doit être conduite depuis les plus petites opérations jusqu’aux plus savantes combinaisons; il explique le rôle de chaque élément et de quelle manière on doit employer la machine dans tous les cas qui peuvent se présenter (1). Dans les Portraits militaires , les Biographies de Montluc et de Maurice de Saxe, et dans les Maximes de Frédéric le. Grand , il explique le rôle du moteur, c’est-à-dire du général en chef, et certes il ne pouvait pas adopter une meilleure méthode que celle qu’il a suivie en traitant cette intéressante question au point de vue scientifique, dramatique et philosophique, puisque la manière d’opérer des hommes de guerre les plus célèbres fournit d’excellents indices de l’état de la science dans toutes ses parties; les ouvrages que nous

(1) Tour In fortification, l’attaque et la défense des places, il suit l’école française dont Vauhan est le chef, et quoique par la traduction de Zastrow il fasse connaître l'école allemande, il n’en adopte pas les opinions.

DES TRAVAUX

venons d’énumérer renferment une véritable histoire de cette science tirée des mémorables actions des grands capitaines; la partie dramatique est dans l’individualité qui opère sur un vaste théâtre, et d’où dépendent de très-grands intérêts. Quoi de plus intéressant, en effet, que de voir un homme éminent lutter contre les difficultés que lui opposent la force des choses ou ses ennemis ! Où donc cet intérêt est-il plus grand que dans la guerre? Là , aux prises avec les événements, sans cesse tenues en éveil par des dangers toujours renaissants , l’intelligence et la volonté se développent au suprême degré.

Si dans son cabinet le général est ûn savant, en campagne c’est un artiste ; ses actions revêtent ce caractère poétique qu’ont tous les arts, et qui est quelque chose d’indéterminé, touchant à l’infini ; car si l'imagination est arrêtée dans son vol par les limites précises qui circonscrivent la science, la culture des arts lui donne au contraire la plus séduisante latitude. Cette série de travaux ne peut être que l’effet d’une pensée génératrice qui , par tous les moyens et en s’appuyant des meilleures autorités , cherche à convaincre de la grandeur et de l’utilité de la science qu’il professe. Il nous est donc permis de conclure de cette courte notice :

1° Que l’auteur, par ses nombreux écrits , rentre dans la catégorie de ceux dont tous les ouvrages ont un but nettement déterminé , et sont comme des traités particuliers des diverses branches d’une même science ;

2° Que ce qui précède suffit pour démontrer qu’il a atteint son but, qui est à la fois d’instruire et d’intéresser ses lecteurs, et de leur donner une haute idée des sciences militaires. Reste à déterminer l’école à laquelle il appartient; obligé de renfermer notre appréciation dans le cadre étroit d’un journal, nous pouvons affirmer plutôt que prouver

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