‹ Histoire de l'art de la verrerie dans l'antiquitéChapitre 11 sur 30 · AURELIUS VICTOR · texte numérisé non relu

AURELIUS VICTOR

2 IpEm.

HISTOIRE DE L'ART DE LA VERRERIE DANS L'ANTIQUITÉ. 57 petit flacon de verre sous le pied duquel se voit une Victoire debout, palme el couronne

en mains (PL. LAV, 4), avec cette inscription : VICTORIAE AVGVSTI.

C'est à Septime Sévère et à Caracalla que nous sommes porté à attribuer cette autre pe— tite ampoule du même genre, offrant, à la même place, une Victoire marchant, accompagnée de ces lettres, V. P. (Victoria Parthica), et entourée de la légende VICTORIA AVGVSTORVM, qui rappelle la médaille d’or de ces deux Augustes au revers de VIC- TORIA PARTHICA.

Le nom et le souvenir des empereurs romains vont s'eflacer pour faire place à ceux d'une femme inconnue, des derniers temps du Bas-Empire.

C'est daus un tombeau, découvert dans la Vendée, qu'était placée, à côté de ses restes, avec d’autres objets à son usage, cette jolie coupe de verre, de couleur vert foncé, avec

ondes et filets de verre jaune, portant son nom en lettres blanches (PL. L'XVE, 4): EVTVCHIA.

Dans l'ouverture de la coupe était entrée cette petite soucoupe du même genre ‘ (PL. LXVI, 8.)

C'est probablement encore à une femme qu'a servi, sur sa table de toilette, cette cuvette toute garnie de stries perpendiculaires. (Pc. LXVIT.)

Parmi les autres pièces de verrerie rares et curieuses, citons :

Ces deux coupes faisant pendants ?, don, sans doute, d'un amoureux à sa maitresse, au fond desquelles se voient incrustés quatre colliers de perles de couleur retenues par un cordonnet de verre blanc mat. (PL. LAV, 8.)

Citons encore ces deux verres à pied (PL. LXV,E) ornés, l'un d'un lacet ondé de verre noir, se détachant à jour sur le col du vase; l’autre (PL. LXV, p), d'ondes superposées, rouge violet et blanches, prises dans le corps même du vase.

Comment passer sous silence ce godet de verre blanc irisé, garni cireulairement d'une série d'arcades supportées par des colonnettes entre lesquelles sont placés alternativement un cratère et une amphore, le tout en relief? (PL. LAV, c.)

N'oublions pas ce joli médaillon, malheureusement fruste, de verre blane à fond bleu tendre, représentant un génie ailé tenant une corne d'abondance. (PL. LXVIHE, ».)

Mais comment ne point parler ici de ces gracieuses figures d’Ariadne et de Bacchus, se

1 Études historiques et archéologiques, Poitou et Vendée, 4863. — Il ne serait point impessible que le nem dût être lu 2

EVTYCHIA.

? Au musée Napoléon I, collection Campana.

détachant sur une plaque de pâte vitreuse incolore, encadrée dans une bande bleu pâle "? Bacchus est représenté couronné de pampre, un canthare d’une main, l’autre appuyée sur l'épaule d'Ariadne. Celle-ci est vue nue jusqu'à mi-corps, tenant un thyrse à la main. (PL. LXVIIT, à). |

Ces sujets ciselés laissent loin derrière eux les essais de nossartistes verriers modernes.

Ceux-ci, au reste, n'ont rien inventé dans l’art de travailler le verre. Pline nous

l'indique :

« Alud (dit-il, en parlant du verre) flatu figuralur, aliud torno teritur, alud argent modo cælatur. » — « L'un est façonné par le souffle, l'un est moulé par le tour, l’un est

ciselé à la façon de l'argent. »

SOUFFLAGE DU VERRE. — Sénèque parle d'un ouvrier de son temps si habile, qu'il pouvait avee son haleine donner au verre les formes les plus variées, que la main la plus exercée eût pu à peine atteindre : « Cuperem Possidonio aliquem vitrarium ostendere qui spiritu vitrum » in habitus plurimos format, qui vix diligenti manu effingeretur ?. »

Cet ouvrier, indépendamment de ces pièces de verre délicates, aurait bien certainement pu souffler de grandes masses de verre pour de fortes pièces d’un usage ordinaire.

C'est par le soufflage qu'étaient faites ces boules de verre dont parle Sénèque, qui servaient à grossir où à embellir les objets :

« Des lettres, dit-il, bien que très-petites et peu lisibles, sont vues plus grandes et plus claires, à travers un globe de verre rempli d'eau. Les fruits qui nagent dans le verre appa-

raissent plus beaux qu'ils ne sont en réalité °. » Condila sic puro numerantur lilia vitro,

dit à son tour Martial.

11 devait en ètre de même de ces globes propres à allumer le feu, au dire de Lactance : « Si vous tenez au soleil un globe de verre plein d’eau, la lumière qui en rejaillit allume du feu, même par le froid le plus intense . »

Pline avait signalé longtemps auparavant cet effet: « Ces boules de verre, écrivait-il,

exposées au soleil, s'échauflent tellement, qu’elles mettent le feu aux vêtements ”. »

{ Au musée des antiquités de Rouen; de l’ancienne collection Durand, n° 204. Cette petite plaque de verre a $ centimètres et demi de hauteur.!

2 Epist. xc.

8 «Lilteræ quemyis minutæ et obscuræ per vitream pilam aquà plenam majores clarioresque cernuntur. Poma formo- » siora quèm sunt, videntur, si innatant vitro. » (Quæsticnes naturæ, lib. I, c. vi.) — « Poma per vitrum aspicientibus mullù » majora sunt.» (IDEM, tbtd., €. v.)

4 « Orbem vitreum plenum aquæ si tenueris in sole, de lumine quod ab aquû refulget ignis accenditur etiam durissimo » frigore. » (Deira Dei, C. x.)

$ «Addila aqua vitreæ pilæ sole adverso in {antüm excandescunt ut vestes exurant.

Puisque nous en sommes sur l’eflet de la lumière sur le verre, mentionnons ces baguettes de verre, ces prismes dont parle Sénèque, décomposant la lumière, ainsi que le pratiquent les physiciens de nos jours ".

Ne nous targuons donc pas, ainsi qu'on l’a fait, de cette invention.

Bacs DE verre. — C'est encore par le soufflage qu'on devait fabriquer ces balles ou petits ballons de verre qui servaient au jeu de la balle de verre (vitrea pila). On lit, sur un marbre découvert à Rome, cette curieuse inscription :

« C’est moi, Ursus Togatus, qui le premier ai joué avec talent au jeu de la balle de verre, aux applaudissements et aux acclamations du peuple, dans les thermes de Trajan, dans les thermes d’Agrippa et de Titus, et souvent dans ceux de Néron, C'est moi. Réunissez-vous, joueurs de la balle ; couvrez de fleurs la statue de votre ami... Versez le noir falerne ; chantez en chœur le vieux professeur de balle qui a vaincu brillamment ses prédécesseurs avec une adresse sans pareille. Mais, il faut que j'en convienne, j'ai été vaincu moi-même, à mon tour, par Verus, trois fois consul, mon patron, non pas une, mais plusieurs fois ?, »

Ce Verus, ce vainqueur du vieux professeur du jeu de la balle et son patron, n'était autre que l’empereur Verus lui-même, Voyez-vous le césar, l'associé de Marc—Aurèle, entrant dans la lice, faisant voltiger dans ses mains la balle de verre, aux applaudissements de Ja foule ébahie ! Était-ce en souvenir que le bon Quintilien écrivait :

« C’est miracle de voir, au jeu de la balle, revenir comme d’elles-mêmes les balles aux mains qui les ont lancées, et voyager à commandement?!»

Le grave Marc-Aurèle, qui gémissait des excentricités de Verus, ne s'était pas attendu, à coup sûr, à le voir lutter avec un joueur de balle, avec un véritable jongleur,

Les femmes ne renonçaient pas à s’essayer au jeu de la balle.

Ce devaient être des balles de verre colorées que chassait dans ses mains, en les suivant d’un œil attentif (PL. LXIX), cette jeune beauté représentée sur une amphore de Nola, plutôt que des balles de laïne, ainsi que le supposait le savant M. de Wite, qui a donné le dessin de cette figure, que nous lui empruntons.

Les femmes se servaient plus fréquemment d’autres balles pleines, soit de cristal, soit de

1 « Virgula solet fieri vitrea siriata vel pluribus angulis in modum clavæ (orosa. Hæc si ex traverso solem accipit, colorem falem qualis in arcà videri solet, reddit. » (Queæstiones naturæ, lib. 1, C. vi.) 2 « Ursus Togatus vitreâ qui primus pil lusi decenter, laudante populo maximis clamoribus, thermis Trajani, thermis » Agrippæ et Titi multüm et Neronis, ego sum. Convenite, pilicrepi; statuamque amici floribus ornate. Profundite nigrum » falernum ; canite voce concordi senem pilicrepum scholasticum, qui vicit omnes antecessores suos sensi decore atque » arte subtilissima. Nunc sum victus ipse, fateor, nec semel, sed sæpius, ter consule Vero patrono. » (GRuTen, Inscriptiones.)

« Miracula illa in scenis pilariorum ut ea quæ emiserint ultrè venire in manus credas et quâ jubentur excurrere. » (Lib. X, c. x11.)

60 lISTOIRE DE L'ART DE LA VERRERIE DANS L'ANTIQUITÉ. verre simulant le cristal. Les dames romaines tenaient ces boules entre leurs mains, non pas pour jouer, mais pour rafraichir et rendre leurs mains plus blanches : Sâooo cryslallaque portat Candidiore manu.

C'est ainsi que Cynthie demandait à Properce de lui faire cadeau d'un éventail de plumes de paon et de boules réfrigérantes pour ses mains :

El modo payonis caud& flabella superbæ, Et manibus durà frigus habere pilà !.

Lorsque le verre s'était échauflé, les dames changeaient de boules. Ceci explique comment, dans des fouilles faites à Rome, on en trouva soixante réunies dans une urne d’albâtre. On s'était demandé à quoi avaient pu servir toutes ces boules de verre : c'était la collection de boules réfrigérantes d’une beauté romaine.

Indépendamment du jeu de la balle, le verre était utilisé pour d’autres jeux plus calmes et plus sédentaires.

On en faisait des dés à jouer, des billes, et principalement des pièces pour le jeu des échecs, pour le jeu des voleurs et autres du même genre. Lucain dit :

Callidiore modo tabulæ varielur aperltæ Calculus et vitreo peraguntur milite bella.

Écoutons Ovide conseillant à un amant de laisser prendre ses pions par ceux de verre de sa maitresse, au jeu des voleurs :

Sive latrocinii sub imagine calculus ibit, Fac pereat vétreo miles ab hoste tuo.

Les deux camps, à ces divers jeux, étaient de couleurs différentes, comme sur nos échiquiers :

Discolor et reclo grassetur limite miles.

Pétrone, au festin de Trimalcion, nous montre un jeune esclave apportant, à la sortie de table, pour le jeu, un damier de bois de térébinthe avec des dés de cristal: « Sequebatur » puer cum tabula terebinthina et crystallinis tesseris *. »

De nos jours on simule des fruits en cire, en marbre. On en faisait autant à Rome : on en voyait sur les tables, non-seulement de marbre et de cire, mais encore de bois, d'ivoire, de terre cuite*. On était allé plus loin, on en avait fait de verre.

1 Lib. Il, eleg. xxiv.

2 Satyricon, C. XXYIL.

3 «In mensa sæpe ceream cœnam, sæpe ligneam, sæpe eburneam, aliquando fictilem, nonnunquam marmoream,

etiam vel lapideam exhibuit.» (Lamerive, Héliogabale.) ll n’est pas jusqu'aux figures de cire pour lesquelles les anciens ne nous aient devancés. Le poëte Stace se charge de nous

l’apprendre :

Mille ibi tunc species ærisque eborisque velusti Atque locuturas mentito corpore ceras.

HISTOIRE DE L'ART DE LA VERRERIE DANS L'ANTIQUITÉ. 61 Héliogabale, voulant rire aux dépens de ses parasites, les fit asseoir un jour à une table qui était chargée de mets et de fruits les plus recherchés, de la plus belle apparence. Il se trouva que les convives n'avaient devant eux que des objets de verre, d’une imitation parfaite, il est vrai, mais qui les laissèrent mourants de faim: « Exhibuit parisilis cænas el de vitreis.. lamen fame macerarentur. » Pour achever la plaisanterie, Héliogabale invita les convives, au sortir de fable, à se laver les mains (manus, quasi comedissent, lavarent) .

[MITATION DES PIERRES PRÉCIEUSES. — Une imitation non moins difficile peut-être, à laquelle se livraient les fabricants de verreries, était celle des pierres précieuses :

« Adulterantur gemmaæ vitro simillimæ », nous dit Pline. Il ajoute qu'on ne pouvait s’en apercevoir, tant limitation était parfaite, qu'en les soumettant à l'épreuve de la pierre à aiguiser, la résistance du verre étant inférieure à celle de la pierre précieuse (mollior enim materia el fragilis).

Ces gemmeæ factitiæ à vitro, ainsi que Pline le dit ailleurs, étaient très-répandues. Les gens du commun en portaient à leurs bagues (vitreæ gemmeæ ex vulqi annulis).

Le verre d’une belle couleur verte, qu'on devait obtenir, comme on le fait dans nos ateliers, par l'addition de oxyde de chrome, était surtout prisé pour l'imitation de l'émeraude, pierre très-recherchée dans l'antiquité, ainsi qu’elle l’est de nos jours: « Smaragdum » ad quem rem viridem pretiosum vitrum. »

On imitait également, au moyen des acides métalliques, l'hyacinthe, le saphir et autres pierres de couleur: « Hyacinthos, sapphirosque imitatum est aliisque coloribus. »

I n'y a pas, ajoute Pline, de matière qui se marie mieux à la couleur que le verre : « Nec est alia materia picturæ accommodatior. »

Des inscriptions antiques nous ont conservé le nom de deux fabricants de ces imitations de pierres précieuses :

M. LOLLIVS ALEXANDER GEMMARIVS, C. FVFIO ZMARAGDO MARGARITARIO ?,

IL fallait que limitation fût poussée bien loin, pour qu'un marchand de pierreries se hasardât à offrir et püt faire accepter pour vraies, à une impératrice, des pierres fausses en verre. Aussi Pline disait-il: « Veras a falsis discernendi magna difficultas. » Cependant la fraude finit par se découvrir. L'empereur Gallien (car c’est de sa femme qu'il est question), voulant tirer vengeance du marchand, donna l’ordre de le saisir comme pour le livrer au lion. Puis il fit sortir de la fosse aux lions un chapon ; et comme les assistants témoignaient leur

3 Lawrninr, Vie d'Héliogabale, ? Reesius, pages 646, 647.

62 HISTOIRE DE L'ART DE LA VERRERIE DANS L'ANTIQUITÉ. étonnement d'une chose si ridicule, l'empereur fit crier par le eurion : «Il a attrapé, il est

attrapé à son tour ! » Puis il fit relâcher le marchand.

INITATION DES CAMÉES, INTAILLES, CAGHETS. — Indépendamment de ces falsifications, on imitait avec le verre du genre de celui que nous désignons sous le nom de sérass, soit mat, soit translucide el diversement coloré, les camées, les intailles (gravures en creux), les cachets et autres bijoux de matières dures et de pierres précieuses. Quelques-unes de ces pièces de verrerie, parvenues jusqu'à nous, sont d’une exécution et d'une beauté de dessin des plus remarquables.

Parmi celles qui présentent un intérêt historique, citons ce cachet ovale, de 0,038 de hauteur sur 0,030 de diamètre, de verre obsidien de teinte noirâtre, offrant gravée en intaille la tête laurée d'Auguste vue de profil, accompagnée du nom rétrograde du graveur Dioscoride, YOAITONNIOIA ?; répétition du cachet de pierre fine dont Auguste se servit dans les derniers temps de sa vie. « Auguste, raconte Suétone, se servit au début, pour cachet sur les actes diplomatiques, les dépèches, les lettres, de la figure du Sphinx ; peu après, de

l'image d'Alexandre le Grand, et, en dernier lieu, de la sienne gravée par Dioscoride*. »

urraTioN Du CRISTAL DE ROCHE. — Il est une autre imitation où le verre joue un rôle, et dans laquelle les anciens ont encore été nos maîtres. Nous voulons parler du cristal.

Rappelons qu'au temps d'Auguste, il existait à Rome, Strabon nous l'a dif, tout ce qui était nécessaire pour la coloration du verre, et même pour l'imitation du cristal de roche *; si bien que le même auteur nous apprend qu'on pouvait se procurer un gobelet et une tasse do verre blanc simulant le cristal pour un semis (50 centimes de notre monnaie) : « Si quidem » catinum et poculum semissi emere liceat *. »

Les ouvriers romains avaient poussé limitation si loin, qu’on regardait comme un vrai prodige que le cristal de roche, dont la valeur était énorme f, n’eût pas diminué de prix; qu'il

eût mème continué à augmenter ‘.

1 «Gallienus, quum quidam gemmas vitreas pro veris vendidisset ejus uxori, atque, illa reprodita, vendicari vellet, » surripi quasi ad leonem venditorem jussit, deinde e cavea caponem emitti. Mirantibusque cunctis rem tam ridiculam, » per curionem dici jussit : « ]mposturam fecit, et passus est.» Deinde negotiatorem dimisit. » (FRFBELLIUS PoLui0, Vie de Gallien.)

? Au cabinet des antiques de la Bibliothèque impériale de Paris.

$ «ln diplomatibus, libellisque, et epistolis signandis initio sphinge usus est, mox imagine maximi Alexandri, novissime » suâ, Dioscoridis sculplà. » (/n Augustum, ©. XLIx..)

Pline, qui parle de ce cachet à l'image d’Auguste, met Dioscoride au rang des graveur les plus célèbres. (Liv. XXXVII.)

4 On sait que le cristal de roche est un composé de silicate double de potasse et d'oxyde de plomb.

5 Srragon, lib. XVI, c. nr.

6 Un bassin de cris{al de roche, au dire de Pline le naturaliste, fut payé, de son temps, 150 000 sesterces, qui représentent environ 30 000 francs de notre monnaie : « HS CLM trullam non ante mullos annos mercatam a matrefamilias » nec divite. »

7 «Mirè ad similitudinem accessere vitrea, sed prodigii modo ut suum pretium auxerint crystalli, non diminuerint. » (PLINE.) s :

En fait d'imitation du cristal de roche, citons, attendu la beauté et la perfection de la matière, une petite statuette d'empereur ou de guerrier, d’un éclat, d'une pureté admirables, dont le torse seul, malheureusement, est parvenu jusqu'à nous *.

Mais c’est surtout pour les objets d’un usage habituel, pour le service de la table avant tout, que les artistes verriers eurent à développer leur talent.

Leurs imitations de cristal de roche eurent un tel succès, qu'elles remplacèrent sur les tables les coupes à boire d'argent et d'or, elles les en expulsèrent : « Usus modo ad potandum » argenti metalla et auri pepulit ?. »

Aussi l’amphitryon craignait-il moins de voir ces verres aux mains des convives, et ceux ci les maniaient-ils avec plus de sécurité que le véritable cristal. Ce qui fait dire à Martial :

Quid, quod securo potal conviva magistro Et casum tremulæ non limuere manus.

Le procédé se perpétua. [I était encore en pratique trois siècles plus tard.

Parmi les objets que renfermait un tombeau de la fin du mf siècle, que no us découvrimes aux abords de Rouen, sur la rive gauche de la Seine, se trouvait un petit vase (PL. LXX, 4) simulant parfaitement le cristal de roche, ainsi que le démontra l'analyse que voulut bien en faire à ma prière un habile chimiste de Rouen, M, Girardin. Il y reconnut les principes constitutifs du cristal de roche ; à l'oxyde de plomb se trouvaient mêlées quelques parcelles d’étain.

Une autre localité de la Normandie, riche en verreries antiques, Neuville auprès de Dieppe, va nous montrer trois lasses et un carafon de composition cristalline.

Une de ces tasses (PL. LXX, c) est à bourrelet inférieur servant de pied; une autre (Pc. LXX, ») est sans pied, mais elle se trouve ornée, vers sa base, d’une rangée circulaire d’entailles arrondies.

La troisième tasse (PL. LXXE, €) présente les mêmes entailles, mais entremêlées de crêtes de verre en saillie.

Le petit carafon (Pz. LXXI, p), fort simple et sans addition d'aucun ornement, n’a de remarquable que sa matière.

Il n'en est point de même de ce petit verre à boire, également de cristal, découvert dans la haute Normandie (PL. LXXE, r), lequel est orné de filets ondés, motif qui ne manque pas d'élégance.

On est généralement trop porté à croire que les procédés de l’art antique se sont rapidement perdus; nous avons ici la preuve du contraire. L’imitation du cristal de roche s'était perpétuée, on le voit, au delà des premiers temps de l'empire et jusque dans les provinces les plus reculées et réputées presque barbares.

! Au cabinet des antiques de la Bibliothèque impériale 2 PLINE

Abandonné à lui-même, l’art de la verrerie se fût promptement altéré; mais pratiqué par des corporations, où la manipulation de la matière et les traditions de métier et d'art s’enseignaient de l’un à l’autre, il put résister à la décadence générale. Même au point de vue de la forme et du dessin, il ne serait point impossible de justifier par quelques spécimens que l’art ne s'était point éteint.

C'est ce que nous a révélé une sépulture appartenant au règne de Maximin, vers le milieu du nr siècle, découverte sous nos yeux dans un faubourg de Rouen.

Dans ce tombeau, à côté d'une médaille de Maximin, était un grand carafon à anse, de verre blanc pur, dont le dessin ci-joint (Pz. LXXID), aux deux tiers de sa grandeur naturelle, permettra d'apprécier, mieux que ne pourrait le faire une description écrite ou orale, la forme et l'élégance ‘. Nous doutons qu'on ait fait mieux, aux plus beaux temps de l’art, en fait de vases du même genre.

Un autre carafon, presque identique, à la grandeur près, a été exhumé, sur un autre point de la Normandie, à Neuville, à la porte de Dieppe ; il a dû sortir de la même main.

Si les procédés de la fabrication du verre avaient subi peu d’altération à cette époque; si la beauté de la forme elle-même se révélait encore, soit souvenir, soit imitation, la ciselure du verre, concentrée de tout temps dans un petit nombre de mains et pratiquée, à l'époque où l’art était florissant, par de véritables ärtistes, n'avait pas participé à la même faveur, surtout dans Ics provinces éloignées du centre de l'empire.

On rêvait encore la ciselure, mais ce n’était plus de l’art, du dessin; elle était descendue bien bas.

Donnons pour preuve ce petit gobelet de verre incolore, trouvé, avec une médaille de Tetricus, dans le tombeau d'une femme de qualité, à en juger par le coffre de plomb dans lequel avaient été renfermés ses restes ?. (Voy. PL. LXXHE, 8.)

L’ornementation de ce gobelet, qui affecte une certaine symétrie, se compose de simples lignes droites et de petites plaques grossièrement entaillées à même les parois du verre. Rien de plus simple, mais rien de moins artistique.

Il cest permis d’en dire autant de ce gros carafon de cristal (PL. LXXIIT, 4) découvert à Bonn, lequel fait partie de la collection du musée des antiquités de Rouen : même absence de figures, de dessins étudiés. La main du ciseleur, impuissante à faire autrement, s’est bornée à entailler à la meule l'épaisseur du cristal, en ronds, en perles, en boules, en cherchant à plaire à l'œil par la symétrie.

C'est avec le même sentiment de recherche, mais avec moins d'art encore, qu'a été entaillé

ce grand gobelet, sans pied, couvert de quatre rangées circulaires en forme d'amandes

1 Ce vase a été déposé au musée des antiquités de Rouen. ? Ce cercueil, que nous avons placé au musée des antiquités de Rouen, a été découvert dans cette ville, rue Saint- Gervais, en 1834.

HISTOIRE DE L'ART DE LA VERRERIE DANS L'ANTIQUITÉ. 65 (PL. LXXIV, 4), dont l'artiste verrier se sentait probablement fier, et qui ne soupçonnait pas que l’art füt descendu bien bas dans ses mains.

Peut-être avait-il eu sous les yeux ce gobelet (PL. LXXIV, 8) à rangs de larmes entrecroisées, se dessinant en relief ‘, annonçant plutôt la décadence du goût que celui de l’art même de la verrerie ; que notre ouvrier, impuissant à les reproduire, aura cherché à imiter en traçant en creux ce qu'il voyait en relief.

Plus tard, à la suite des invasions des Barbares, l'art de la verrerie, dans nos contrées occidentales, éprouva un nouveau temps d'arrêt, qui se trahit par l’impureté de la matière. C'est alors, à de faibles exceptions près, qu'au verre d’une teinte blanche et nette succéda le verre à teinte louche et verdâtre, en même temps que les formes s'altérèrent.

On serait tenté de supposer que sous les Mérovingiens, alors qu’un gouvernement plus stable avait succédé à l'anarchie, l’art de la verrerie s'était réveillé, si l'on devait en juger par quelques vases découverts dans des sépultures de l'époque mérovingienne, au hameau de Londinières, dans la Haute-Normandie. (Voy. PL. LXXV, 1, 2, 3.)

Ces trois petits vases ne le cèdent en rien, pour la pureté du verre et pour l'élégance de la forme générale, aux verreries antiques des beaux temps de l'Empire. Aussi n’y aurait-il pas trop de témérité à soupçonner qu'échappés aux injures du temps et à la main des Barbares, ils auront été recueillis par quelque Franc épris de leur fragile beauté, et qui leur aura donné un refuge, à côté de ses cendres, dans son tombeau.

Ce qui nous porterait à le croire, c’est la rencontre faite, dans la mème partie de la Normandie, à peu de distance du cimetière mérovingien, d'un vase de verre, d'une autre forme, il est vrai, mais nous montrant les mêmes filets en rouge violet qui serpentent sur le col de la petite bouteille ou flacon (n° 2) de la sépulture mérovingienne : limitation est palpable (PL. LXXVI). Or, ce vase appartient à une, sépulture romaine du Haut-Empire, ainsi que tend à en justifier la médaille d'Hadrien, de moyen bronze, qui était placée sur le goulot du vase lorsqu'il a été découvert.

Les artistes mérovingiens, tout en cherchant à s'inspirer de l’art antique, déjà bien dégénéré, imprimèrent à leurs œuvres en tout genre, armes, meubles, outils, ustensiles, vaisselle, bijoux, un cachet particulier, qui se trahit par des formes plus ou moins tourmentées, et principalement par un luxe d'ornementation plus ou moins bizarre.

Les artistes verriers, plus gènés par la difficulté du travail de la matière et par sa fragilité, s'en montrèrent forcément plus sobres, sans s’en affranchir complétement.

Témoin, en ce qui touche la forme, ce vase à boire simulant une cloche renversée (PL. LXXVIT, 4); témoin, pour l’ornementation, cette coupe surchargée de filets horizontaux

1 De la collection Pourtalès,

et d'ondes, ou lacets, informes (PL. LXXVIT, 8); témoin encore ce gobelet allongé en forme de siphon, avec filets haut et bas (Pr. LXXVIE, c) *.

Mentionnons enfin cette espèce de perle à stries, de pâte de verre (PL. LXXVIT, »).

Mais laissons là les Mérovingiens, revenons aux temps antiques : ils ne nous ont pas dit

leur dernier mot.

Verrorenes. — Nous avons passé en revue les pièces de verrerie du service de table et d'office dans toutes leurs ramifications; nous avons énuméré les objets remarquables par leurs dimensions ou par leur travail. Il est une autre série qu'il n’est pas possible d'oublier, bien que de minimes proportions, et trop peu remarquée peut-être ou trop peu étudiée jusqu’à ce jour. Nous voulons parler des menus objets de verroterie.

Au premier rang de cette nombreuse série, il convient de placer ces perles de verre perforées, de couleurs et de nuances diverses, de verre translucide ou mat, de grosseurs variant depuis le grain de lentille jusqu’à la plus forte noix, qui ont servi à faire des colliers. | |

Leur usage remonte aux temps les plus reculés et s’est perpétué dans tout le cours de l'antiquité. On les retrouve chez les peuples de l’Asie, chez les Égyptiens, chez les Grecs, chez les Étrusques, chez les Romains. De toutes les nations soumises au sceptre des Césars, les Gaulois sont peut-être ceux qui firent le plus usage des colliers de verroterie. Les Gallo— Romains de nss contrées occidentales en étaient épris; ils en transmirent le goût aux Mérovingiens.

IL est assez rare de rencontrer ces colliers de perles de verre encore en place et parfaite ment intacts, le temps en ayant corrodé les attaches et les fils; mais les perles gisent au milieu des os du cadavre, et l'observateur attentif peut les restituer. Ce sont trois de ces colliers, appelés par les anciens linea magaritarum, dont nous donnons le dessin, à titre de spécimens.

L'un d'eux (Pc. LXXVIIT) se compose de dix-sept grosses perles, dont six sont de beau verre blane, deux de verre bleu, le reste de pâte de verre à nuances et dessins divers.

Le second collier (PL. LXXIX, 4), qui a été découvert dans une sépulture de l’époque gallo-romaine, ne compte pas moins de trente-neuf petites perles, blanches, vertes, bleues, jaunes, rangées avec beaucoup de goût et de symétrie; au centre du collier, se détache, en forme de pendeloque, un gland de chène, objet vénéré des Gaulois.

Le troisième collier (PL. LXXIX, s) se compose de quarante-six perles, dont la presque totalité, quarante, sont excessivement petites. Un coup d'œil jeté sur le dessin permettra d'en apprécier la disposition, la forme, les couleurs, et en même temps l’effet général.

1 Ces trois vases, 4, 8, c, ont été découverts en Normandie, dans le cimetière mérovingien d’Envermeu, exploré par M. l'abbé Cochet.

Ce dernier collier, d’après ses proportions, a dû servir à une femme ou à une jeune fille ‘.

Signalons, comme rentrant dans la catégorie des colliers et autres objets de toilette :

Ces deux petites boules de verre (PL. LXXX, », »), couvertes, l’une d’un réseau de filets bleus, l’autre d’un réseau de filets verts.

Cette paire de bracelets vert foncé (PL. LXXX, r, £), tout unis, qui offrent de curieux leur fente transversale ; ce qui tend à faire supposer que ces grands anneaux de verre possédaient un certain degré d’élasticité, afin de faciliter le passage de la main. Nous n’avons pas osé nous en assurer en les maniant, dans la crainte de les briser? : le temps d’ailleurs et les milieux dans lesquels ils se sont trouvés durant tant de siècles auraient pu leur enlever cette propriété.

Mentionnons encore ce petit anneau de verre bleu (PL. LXXX, c), qui n’a pu être porté que par un doigt d'enfant.

Cette boule creuse, de verre bleu de roi, à filet blanc enroulé (PL. LXXX, 4), découverte en Normandie.

Ces baguettes creuses, en torsade (PL. LXXX, 6, n, 1), se terminant en boucle enroulée sur elle-même : la première, bien que privée de sa boucle, atteignant 33 centimètres de longueur; la seconde, privée de son embouchure, mesurant 13 centimètres; la troisième enfin, 16.

On rencontre assez fréquemment dans les sépullures antiques de ces petites baguettes de verre, Sans qu'on ait pu jusqu'ici s'expliquer d'une façon satisfaisante leur usage et leur présence dans les tombeaux : On en a trouvé, non-seulement en Normandie, mais encore en Alsace, en Vendée, en Provence, en Angleterre, et toujours mêlées à la cendre des morts. Quelques savants Yeulent reconnaitre dans ces petites torsades de verre la baguette qui était donnée au gladiateur lors de sa mise en congé triennal, en signe de libération.

Is oublient que cette baguette de libération était de bois : rude donari, disait la formule consacrée. Aussi les gladiateurs libérés étaient-ils appelés rudiaru.

Cette opinion n’est donc pas admissible.

Doit-on accepter celle qui assimile ces menues baguettes de verre à celles de même matière, il est vrai, que décrivait Sénèque (voy. ci-dessus, page 59), virgula vitrea, à bandes et à plusieurs angles, striata vel pluribus angulis, dont on se servait pour décomposer la lumière du soleil, et y faire apparaître les couleurs de l’are-en-ciel ?

Comment obtenir cet effet d’une baguette de verre creuse, enroulée d’un bout à l’autre en torsade, et n’offrant aucune des conditions que nous venons d’énumérer?

Nous sommes réduits, à défaut de documents précis, à interroger les tombeaux dans

1 Ces perles de pâte de verre se retrouvent fréquemment, dans les sépultures mérovingiennes, disposées sous forme de bracelets, aux bras des squelettes de femmes.

2 Ces bracelets sont conservés au musée des antiquités de Rouen.

ës HISTOIRE DE L'ART DE LA VERRERIE DANS L'ANTIQUITÉ. lesquels on à rencontré de ces baguettes; à voir si la place qu'elles y occupent, si les objets auxquels elles S'y trouvent réunies, ue pourront pas nous donner quelque lumière.

Une de ces baguettes, dont nous avons donné le dessin (PL. LANX, 6), se trouvait placée, dans une sépulture découverte en Normandie, au milieu de petits vases de terre et de verre destinés à contenir des liquides (PL. LAXN, 5), parmi lesquels figurait une miniature de flacon accompagné de petites billes de verre qui avaient dù servir de jouets d'enfant.

Faut-il, par induction, rattacher les baguettes similaires au service de table, de toilette, ou bien aux jouets d'enfants, comme on semble le voir iei? Attendons que de nouvelles découvertes viennent corrober ces indications et leur donner un sens plus préeis et plus significatif encore.

Puisque nous venons de parler de jouets d'enfants, nous pouvons y comprendre, sans aucun doute du moins et sans hésitation :

Ces petits oiseaux de verre creux, sans pattes, diversement colorés (Pr. LANXI, 11), du musée Napoléon LI.

Ce cratère en miniature (PL. LANXI, 9), d'un centimètre de hauteur, à bandes rouges sur fond bleu.

Cette fiole bleue à filets blanes enroulés (PL. LXXAXI, 6), qui accuse 2? centimètres et demi de longueur.

Ce carafon (PL. LANXI, 5), de 4 centimètres de hant, sur un centimètre et demi de diamètre.

Cette espèce d'amphore (PL. LXNXI, 4) armée de deux anses.

Des enfants ont dû, ont pu seuls manier ces mignardes verroteries.

Réserve faite de ce menu godet à base pointue (Pr. LANXI, 10), la panse ornée de perles bleues et rouges, nous nous absticndrons de placer au rang de ces jouets : ces deux petites cuillers de verre blane (PL. LXNXI, 7, S), l'une, là plus grande (S), toute unie; l’autre à manche droit en {orsade, qui pourrait (de quoi ne s'avise-t-on pas!) faire prendre, à son tour. cette petite cuiller pour une baguette de gladiateur, ou pour la baguette du physicien, mais qui, trouvée encore en place, dans un flacon à baume, où elle aura été laissée lors de la cérémonie des funérailles, ne pourrait tout au plus prétendre qu'au nom de baguette du parfumeur.

Pouvons-nous nous permettre (nous en sommes tenté) de ranger dans la mème catégorie de menues verroteries cette petite main priapique, de verre eristallin (PL. LXXXIT, 4), découverte à Evreux, n'importe à qui, femme ou enfant, on veuille l'attribuer?

Mentionnons encore :

Cette miniature d'amphore à quatre pieds, circonstance rare, avec ses anses, de verre bleu, supportée sur son plateau. (PL. LXXXIF, ».)

Ces amulettes, ces tessères scéniques, de verre, avec le nom de la pièce en représen— tation :

FERVS SCYTA, HERCVLES FVRENS!,

Ces petits poissons symboliques (pour passer du paganisme à la religion chrétienne), images du Sauveur et portant son nom, COCAIC. (PL. LXXAI, 6.)

Dans cette nomenclature de menus objets sortis des ateliers de verrerie, n'oublions pas de classer :

Ce petit entonnoir (infundibulum) de verre blane. (PL. LANNIE, c.)

Ce rhyton (PL. LXXXIT, 5), à pointe recourbée tellement menue et eflilée, qu'il n'a pu passer, sans se voir briser, que par la main et les lèvres délicates d’une femme.

Cette lagène de verre couleur jaune d’or (PL, LXXAIE, &), sur laquelle ont été promenées des veines blanches.

Ce broc en miniature (PL. LXXXIT, r), de verre commun à protoxyde de fer, du genre de notre verre à bouteilles, mesurant à peine 6 centimètres de hauteur, broc uniquement remarquable par sa petitesse et par la grossièreté du travail.

Serait-ce un jouet d'enfant demandé au maitre verrier? Tout porte à le croire,

Mentionnons :

Ce godet formé de deux têtes accouplées d'homme et de femme. (PL. LXXXIIE, 4.)

Cet autre flacon du même genre, de verre violet, à cannelures perpendiculaires. (PL. LXXXIIT, c.)

Signalons enfin, pour clore cette longue liste, attendu sa singularité, cette double tige de petites boules pleines, de verre blanc, soudées quatre par quatre l’une au-dessus de Pautre (PL. LXXXIE, p, »), et dont l'assemblage se termine, à la partie inférieure, par une pointe ; ce qui indiquerait que ces deux petits bâtons globulés ont été plantés et fixés sur un support, dont il n'est pas possible de déterminer le caractère et la nature.

Ces inscriptions en grandes lettres ciselées en creux sur ces huit petites boules, et qui

sembleut relatives, sur un des montants, à un mari et à une femme : LVCILLAE CONIVGI; sur l’autre, à un personnage attaché au service militaire : VIVAS MARTI DOMINE,

ces inscriptions, disons-nous, jettent peu de lumière sur ces singulières pièces de verrerie ?.

1 Tomasino, De tesseribus hospitalitalis, p. 149 : Hercules furens, tragédie de Sénèque.

2 Le marchand d’antiquités, M. Signol, frère du peintre, chez qui je les ai vues ct dessinées, croit qu'elles ont été découvertes sur les bords du Rhin,

IL est curieux de retrouver cette dernière allocution sur une fibule dont le comte de Caylus a donné le dessin ?. On y lit, d'un côté :

VTERE FELK ; du côté opposé :

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