CROTONE
médecine fut cultivée avec succès. On cite Alcméon , Démocide comme les plus célèbres. Alcméon tenta le premier l’amputation. Démocide, appelé en Perse, sauva de la mort la femme du grand roi ; mais après cette cure merveilleuse, comme le roi voulait le retenir, il abandonna ses richesses pour retourner dans sa patrie.
Crotone occupait une enceinte considérable, près de douze milles de tour. Les murs subsistaient encore en partie au temps de Charles-Quint, qui les fit démolir pour construire des fortifications nouvelles et une citadelle. Il ne reste donc rien de Crotone, du moins sur la surface du sol. Mais, à huit milles au sud de la ville, est un promontoire sur lequel s’élevait jadis le temple de Junon Lacinienne. Ce promontoire, qui s’avance au milieu de la mer comme une plate-forme, était pour Crotone ce que le cap Sunium était pour Athènes. Les navigateurs apercevaient de bien loin le sanctuaire de leur divinité protectrice ; ils l’honoraient d’un culte spécial et y consacraient des offrandes magnifiques. Les historiens citaient une colonne en or massif. Polybe y vit encore un autel consacré par Annibal, monument remarquable où était gravé en grec et en carthaginois le récit de toutes ses campagnes. Naturellement, pour protéger un édifice isolé, dont les richesses devaient tenter les brigands et les pirates, on construisit une clôture fortifiée, avec des logements pour les gardiens et les prêtres. Une partie de cette enceinte et des traces d’habitations subsistent encore. Au siècle dernier, en 1740, deux colon-
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nés du temple lui-même étaient encore debout. Pour cette raison, le cap Lacinien avait reçu le nom de cap des Colonnes, Capo delle Colonne, qui est aussi le nom moderne dti cap Sunium. En 1780, il n’y avait plus qu’une seule colonne avec son chapiteau ; elle est encore debout aujourd’hui.
Les voyageurs s’accordent à dire que cette colonne ressemble aux colonnes de Métaponte et de Pæstum. Saint-Non l’affirme dans son voyage des Deux-Siciles ; Swinburne, Anglais, l’affirme également. M. Debacq, qui a visité ces ruines avec le duc de Luynes, est du même sentiment. Seulement, il croit se rappeler que le chapiteau du temple de Junou Lacinienne a un galbe plus droit, plus ferme que le chapiteau de Métaponte. Par conséquent il serait postérieur, mais de bien peu, autant que j’ai pu en juger par un dessin à la chambre claire que m’a montré M. Debacq. Le dessin de Duprez, dans l’ouvrage de Saint-Non, est plus pittoresque qu’exact. M. Debacq a bien voulu encore me communiquer quelques mesures qu’il a notées. Il n’avait ni échafaudages ni instruments capables d’atteindre le sommet de la colonne. Il lui fallut réunir bout à bout de longs roseaux, et la diminution du fût, ainsi que la saillie du tailloir, ne purent être mesurées.
La colonne a vingt cannelures. L’assise sur laquelle elle repose est large de 1 met. 90 cent. Sa circonférence est de fi met. 60, ce qui donne pour le diamètre inférieur 1 met. 78. La hauteur totale est de 8 mèti 29, dont 7 mèt. 42 pour le fût. La proportion