‹ Histoire de l'art pendant la Renaissance (volume 2)Chapitre 31 sur 262 · DIDO · texte numérisé non relu

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Scènes de l’Enéide.

Fragments d’une estampe gravée par Marc-Antoine, d’après Raphaël.

1. Je ne parle pas, bien entendu, des artistes qui, au lieu de mettre en œuvre le sujet même, se bornent à copier quelque monument antique : telle est l’estampe d’Agostino Veneziano représentant, d’après un bas-relief de la villa Albani, Oreste et PyJade conduits devant Iphigénie (Thode, die Antiken in den Stichen Marcanton’s, p. 12).

2. Voy. le travail de M. Venturi dans VArchivio storico dell'Arte; 1889. — Passavant, t. VI, p. 70, 182. — Burckhardt et Bode, Cicerone, p. 207.

et bien aux yeux des Italiens de Thistoire nationale; leur existence, en tant que nation, avait commencé avant la fondation de Rome et s’était prolongée sans interruption jusqu’à la Renaissance' : de même que nous érigeons des statues à Vercingétorix, de même ils en érigèrent aux empereurs qui avaient porté si loin la gloire de l’ancienne Rome ; sans oublier quelques-uns des rois du Latium ou de l’Étrurie, vaillants défenseurs del’autonomie régionale : c’est ainsi que la ville de Montepulciano commanda une grande figure en terre cuite, le Roi Porsenna, à l’habile statuaire Andrea Sansovino.

Les Décades de Tite-Live furent mises en coupe réglée. Les rois, les héros de la République, puis les empereurs défilèrent tour à tour dans des peintures monumentales, dans des estampes, des plaquettes, des majoliques, et jusque sur les chars du carnaval (en i5i3, Andrea del Sarto, Pontormo, et d’autres peintres florentins peignent sur ces chars Saturne et Janus comme représentants de l’Age d’or, Numa Pompilius, Titus Manlius Torquatus, Jules César, Auguste, Trajan). Les traits de patriotisme qui abondent dans l’histoire de la République romaine excitèrent, comme par le passé, la sympathie du public, quoique celui-ci semblât devoir être blasé sur ces scènes si souvent retracées à ses yeux. On vit reparaître Curtius se précipitant dans le gouffre (fresque du Sodoma à Monte Oliveto Maggiore; médaille de Talpa; quatre plaquettes; gravure de Marc-Antoine), — Clélie traversant le Tibre (Passavant, t. VI, p. 1 1 1), — Mucius Scævola (cinq plaquettes; gravure décrite par Passavant, t. V, p. 2i3; médaille vénitienne de i523 : Armand, t. I, p. 124; majolique ; Delange, pl. XL\'III, etc.), — Tarpeia accablée par les Sabins (gravure d’Agostino Veneziano), — l’augure Ancius coupant en deux une pierre (gravure de Béatrizet), — Horatius Codés (gravure de Marc-Antoine; autre gravure décrite par Passavant, t. \d, p. 167), — le Combat des Horaces et des Curiaces (gravure anonyme de l’École de Marc-Antoine d’après Jules Romain : Bartsch, t. Xà', p. 29). Perino del \"aga a peint dans la Chambre de la Signature le Siège de Syracuse et la Mort d’Archimède.

La fin tragique de Lucrèce, cette légende si foncièrement romaine, ne perdit rien de sa popularité : elle inspira à Raphaël deux dessins répandus à l’envi grâce au burin de son fidèle interprète Marc-Antoine, Tarquin et Lucrèce et l’admirable Mort de Lucrèce, et au Sodoma un tableau que ce maître offrit à Léon X, à Domenico Puligo un autre tableau.

La Mort de V irginie, si elle ne reçut pas du Sanzio une consécration nouvelle, continua du moins de figurer avec honneur sur les plaquettes en bronze et sur les gravures sur cuivre.

Léon X, quoique les souvenirs de la République ne dussent guère le séduire, fit peindre par Franciabigio, dans la villa de Poggio a Cajano, un Cicéron porté en triomphe par le peuple romain.

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