‹ Histoire de l'art pendant la Renaissance (volume 2)Chapitre 41 sur 262 · LK PORTRAIT DANS LES (’OMPOSITIONS RELIGIEUSES · texte numérisé non relu

LK PORTRAIT DANS LES (’OMPOSITIONS RELIGIEUSES

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premier qui rentra dans l’ornière : dans ses fresques du cloître de 1’ « Annunziata » il subordonna constamment la recherche du style à celle de traits empruntés à la vie contemporaine. Rien ne jure davantage avec la gravité, la dignité et, ayons le courage de prononcer ce mot, avec le sérieux que Raphaël et Michel-Ange avaient donnés à leurs grandes compositions d’histoire.

L’honneur d’avoir dégagé l’art religieux de la masse de détails oiseux qui l’encombraient revient en partie à ce pauvre d’esprit qui s’appelait le Pérugin. Ses Madones, ses Saintes Familles, sa Remise des clefs à saint Pierre, sa Crucifixion de Santa Maria Maddalena dei Pazzi, son Mariage de la Vierge, au musée de Caen, sont purs de traits réalistes. Dans sa Lamentation autour du corps du Christ, à la galerie Pitti, il a évité tout ce qui aurait pu rappeler la force musculaire, pour ne laisser percer que les impressions morales. Combien ne l’emporte- 1- il pas en cela sur son compatriote Pinturicchio ! combien aussi sur Filippino Lippi, dont il eut mission de terminer la Descente de croix, d’un réalisme si choquant !

Du Pérugin, cette tendance passa dans l’esprit de Raphaël, qui ne lui fut infidèle (et cette exception confirme éloquemment la règle qui vient d’être posée) que précisément ■ pendant sa période florentine, la période à laquelle appartiennent ses Madones, tour

a tour si gracieuses ou si Élymas IVappé d’apoplexie. (Voy. p. 102.)

(lu d)(lT“ P3.r Hciplmcl. l*rèi^niciit. (.Muscg de South Ivciising'ton.)

donneret , la Vierge dans la

prairie, la Belle Jardinière. Il fallut l’établissement du Sanzio a Rome et 1 influence des modèles antiques pour lui faire abandonner de nouveau cette \oie et pour l’amener à traiter la peinture d’histoire avec la gravite qu elle reclame. Désormais les traits réalistes ne paraîtront plus chez lui que de loin en loin. Il se souvint de son passage par l’École florentine lorsqu il dessina la Descente

Le Boiteux gfuéri par ies Apôtres, (p. 162.) Par Raphaei. Fragment.

(.Musée de South Kensinp'ton.)

de croix (gravée par Marc-Antoine). Ici aussi les quatre acteurs principaux, montés sur des échelles, s’absorbent dans des détails matériels, dans une

La Descente de Croi.x au .\v" siècle.

l'Iaque de bi'onze de l’Lcole de Donatello. (.Musée national de Florence.)

opération que 1 artiste s’est plu à compliquer plus que ne le comportait le goût. La dernière peut-être de ces rechutes, c’est le motif si malencontreux de 1 lurcndic du Bourra ■ une mère tendant à son mari son enfant au maillot

LA PERSPKC'mE ET E AXATOMIE.

Avec la recherche de la noblesse disparaît torcément le goût de la laideur :

La Descente de Croix au xvi' ^dc.

Fac-similé de l’estampe ftravée par Marc-Antoine d’après Raphaël,

comparez, dans l’ouvrage des docteurs Charcot et Paul Richer', la liste des

I. Les Difformes et les Malades dans l'Art. Paris, Lecrosnier et Babé, i88q.

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