‹ Histoire de l'art pendant la Renaissance (volume 2)Chapitre 46 sur 262 · LE COSTUME · texte numérisé non relu

LE COSTUME

ne contribuèrent pas peu, on peut l’affirrner sans témérité, à donner au costume italien la liberté et l’ampleur que nous admirons en lui. Nous savons pertinemment que dans certaines cérémonies les costumes antiques étaient de rigueur : en i5i2, les poètes lauréats, pour recevoir la couronne des mains du pape Jules II, durent paraître «in habitu Orphæi ' ». A l’occasion, on drapait le manteau à l’instar d’une toge, avec des pans rejetés par-dessus les épaules (portrait de Raphaël par Marc-Antoine), j’attribue également à l’influence de l’antiquité l’habitude de laisser à découvert certaines parties du corps, entre autres le cou (portrait de Bindo Altoviti par Raphaël).

Les relations de jour en jour plus nombreuses avec les nations voisines, l’occupation d’une partie de l’Italie par les armées de la France et de l’Allemagne, contribuèrent plus encore à cette révolution. Ce contact incessant avec les étrangers ne pouvait qu’affltiblir l’attachement des Italiens pour leur costume traditionnel : il se forma comme une mode internationale. Les modes françaises surtout firent une large trouée; quoiqu’elles conservassent à cette époque quelque chose de massif, le prestige de nos armes et les alliances contractées par tant

de princes italiens avec Charles VIII, Louis XII et François F'' leur assurèrent une faveur unanime. On constate leur action dès 1494; cette même année le roi Alphonse II de Naples revêtit, pour son couronnement, une « vestis ad formant gallicam ». Le chroniqueur Bernardi signale d’autre part, pour cette date capitale dans les annales de l’Italie, « moite foggie di vestimenti^ ». Un peu plus tard, Signorelli et Pinturicchio mêlèrent une foule de costumes français ou germaniques, surtout des uniformes de lansquenets, à leurs fresques du couvent de Monte Oliveto Maggiore et de la librairie du dôme de Sienne. Que César Borgia, en faisant son entrée à Chinon (voy. t. I, p. 3 18), portât une veste à la française, que son beau-frère Alphonse d’Este, en fidèle allié de notre pays, se vêtit, pour aller au-devant de sa fiancée Lucrèce Borgia, de velours rouge « à la mode française», avec une toque noire enrichie

Le Coslume au commencement du xvi” siècle. Portrait de Beazzano, attribué à Raphaël. (Copie conservée au .Musée de .Madrid.)

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