Bcrtolotti, Spese di Giiistiiia nei secoU AT e AT/, p
2. R. Erculci, Intaglio e Tarsia in Icgno, p. 176. Rome, i8B5. — A. Darccl, Revue des Arts décoratifs, t. IX, 1888, p. 65 et suiv.
INTRODUCTION
en l’honneur duquel Salvi, mon beau-père, a fait exécuter cette décoration véritablement royale; je le vénère en souvenir de lui et par amour pour mon époux; je le défendrai au prix de mon sang et de ma vie. »
Les plateaux d’accouchées (« deschi da parto »), dont les peintures étaient parfois signées de noms célèbres', les coupes, tasses et écuelles d’accouchées, décorées par les plus habiles cérami.stes autant d’applications de l’art aux péripéties de l’existence.
Enfin, lorsque l’heure fttale avait sonné, lorsque les parents disaient un dernier adieu à celui que la mort venait de leur enlever, c’était encore la peinture qui faisait les principaux frais des funérailles. Avant le siège de i53o, raconte Vasari, on avait l’habitude à Florence, pour les funérailles des citoyens de distinction, de porter devant le catafiilque une rangée de petits drapeaux attachés à un tableau que portait un serviteur; ces drapeaux devenaient la propriété de l’église, qui les conservait en souvenir du défunt et de sa famille. Les fils de Rucellai, désireux d’innover, remplacèrent les drapeaux par une bannière carrée, au-dessous de laquelle flottaient quelques petits drapeaux, et sur cette bannière ils firent peindre par Giuliano Bugiardini quatre saints, que les amateurs louèrent grandement. Dans une autre occasion, lors des funérailles de Bartolommeo Ginori, Pontormo peignit d’un coup vingt-quatre de ces drapeaux; il représenta sur un fond blanc la Madone et l’Enfant; au-dessous, les armoiries du défunt; puis deux saints Barthélemy de deux brasses de haut.
Les bières funèbres, à leur tour, sollicitèrent plus d’une fois le ciseau ou le pinceau d’artistes de valeur. Timoteo Ahti et Peruzzi en peignirent pour la confrérie de Sainte-Catherine de Sienne, à Rome; Giovanni di Pietro, surnommé Castelnuovo, en sculpta, en i5ii, pour une confrérie de Sienne.
Cet entraînement général, cette sollicitude et cette passion de tous les instants pour le beau, joints à l’apparition d’une série d’hommes extraordinaires, voilà ce qui a si rapidement porté l’art italien à son apogée h
I Dans la Chronique de l'Art du 26 octobre 1889, j’ai consacré une notice spéciale à ces ouvrages, tour à tour de forme rectangulaire, octogonale ou ovale. Voyez en outre, dans le même volume (numéro du 3o novembre), une note complémentaire de M. de Seidlitz.
2. Piccolpasso (J'Arte del Vasajd) décrit en détail un de ces services, dont un beau spécimen se trouve au Musée Correr à Venise. Cf. Molinier, Venise, p. 171 et suiv.
3. Croirait-on qu’un esprit distingué, un élève de Michelet et d’Edgar Q.uinet, Alfred Dumesnil, ait exprimé le regret que le génie d’un Michel-Ange et d’un Raphaël ait comme « brûlé, dévoré, en un petit nombre d’années, le développement de la vie d’un peuple et les trésors sur lesquels l’art italien aurait pu vivre pendant de longues générations ». Plaisante illusion ! En matière d’art, il n’v a que les hommes supérieurs qui comptent, ceux qui ont le jet, la flamme, l’étincelle divine; le reste c’est le « servum pecus », la troupe servile des imitateurs. L’alternative était celle que le destin avait posée à Achille : Ou une vie courte et
En résumé, le principe même de la Renaissance et, on peut l’ajouter, le principe de toute civilisation, l’alliance des leçons du passé avec les progrès nouveaux, ne devait plus périr, comme il avait péri au moyen âge. On a pu en abuser par moments, mais il avait en lui une vertu immanente qui lui permit de se renouveler périodiquement. Ce qu’il renfermait de meilleur, les humanités', est resté depuis lors la base même de l’éducation; d’autre part, l’étude des modèles antiques a inspiré tous les monuments d’architecture, au temps de Louis XIV, de Louis XV, de Louis XM, aussi bien que sous la Révolution et sous le Premier Empire; elle a inspiré toutes les productions de la statuaire et de la peinture d’histoire, sauf peut-être en Hollande et en Espagne.
La Renaissance, en tant que mouvement littéraire et artistique, eut donc assez de vitalité pour survivre au x\f siècle : les âges postérieurs n’en constituent que des modalités, et il serait difficile d’exagérer la part qu’elle tient dans l’éducation de l’époque présente.
glorieuse, ou une existence longue et sans éclat. — Quel ami de l’art oserait préférer une longue série de médiocrités aux radieux génies de l'Age d’ür !
I. Ce terme si séduisant, si touchant, « istudi d’umanitàw, se rencontre déjà sous la plume de Vespasiano dei Bisticci, le brave libraire et biographe florentin du xv' siècle. {Le Vite, édit. Bartoli, p. 5i i . )
Le Triomphe de Neptune.
D'après un dessin de Léonard de Vinci. (Bibliothèque de Windsor.)