Schmarsow : VArt, 1881, t. II, p. coq
2. Bibl. : Aux ouvrages cités dans le précédent volume (p. iSp) il faut ajouter le Lnca Signorelli de M. Vischer (p. 26-28) et le MeJo^xp da Forli de M. Schmarsow, ainsi qu’un article de ce dernier savant dans la revue VArt, 1881, t. II, p. 201 et suiv.
tccte vénitien Marino di Marco di Jadera, pris ensuite en mains en 1469 par le pape Paul II, ce vaste travail se poursuivit jusque sous Sixte-Quint, c’est-càdire pendant près de cent cinquante ans. Les architectes les plus éminents, Bramante et Giuliano da San Gallo, des sculpteurs tels que Giuliano et Benedetto da Majano, ainsi qu’Andrea Sansovino , des peintres tels que Meloz;to da Forli et Signorelli, y consacrèrent le meilleur de leurs forces.
Le sanctuaire de Lorette comprend, comme on sait, plusieurs groupes d’œuvres d’art : la sacristie de gauche, ornée d’une fontaine par B. da Majano, de fresques par Signorelli et de marqueteries par Giuliano da Majano; la sacristie de droite, décorée de fresques par Melo?;zo da Forli; la « Santa Casa «, décorée d’après les projets de Bramante et ornée de sculptures par Andrea Sansovino, assisté du Tribolo; la chapelle du Trésor, dont la coupole octogonale fut achevée par Giuliano da San Gallo en 1000.
A l’église fait pendant le Palais apostolique ou Maison des chanoines, commencé en i50(S-i5o9 sur les dessins de Bramante.
Dans son d'Italie, Montaigne nous a tracé un tableau assez piquant
de cette ville, qui n’avait de raison d’être que son pèlerinage célèbre entre tous : « C’est un petit village clos de murailles, et fortifié pour l’incursion des Turcs, assis sur un plan un peu relevé, regardant une très belle pleine, et de bien près la mer Adriatique ou golfe de Venise; si qu’ils disent que, quand il fait beau, ils descouvrent au delà du golphe les montaignes de l’Esclavonie; c’est enfin une très belle assiete. Il n’y a quasi autres habitans que ceus du service de cette dévotion, corne hostes plusieurs, et si les logis y sont assés mal propres, et plusieurs marchans : sçavoir est, vandurs de cire, d’images, de patenostres, agnus Dei, de salvators, et teles danrées, de quoi ils ont un grand nombre de beles boutiques et richement fournies'. »
A Jesi, nous avons déjà signalé l’Hôtel de ville, bâti sur les plans de Francesco di Giorgio Martini : il nous reste à mentionner la construction du portique et de la loge du même édifice par Andrea Sansovino en i5i9.
Il est des villes bâties dans un site merveilleux, riches, belles, imposantes, et qui cependant, pour n’avoir pas concentré leur attention sur un certain idéal, pour n’avoir pas adopté un certain parti pris, nous laissent indifférents. Tel est le cas d’Ancône : Montaigne nous la montre « fort peuplée, et notamment de Grecs, Turcs et Esclavons, fort marchande, bien bastie, costoiée de deus grandes butes, qui se jetent dans la mer, en l’une desquelles est un grand fort — En l’autre, ajoute-t-il, qui est fort voisin, il y a une église entre ces deus butes : et sur les pandans d’icelles, tant d’une part que d’autre, est plantée cette ville : mais le principal est assis au fons du vallon et le long
I. Edition dn Voyage publiée par .M. d’Ancona; Città di Castello, i88(), p. .846-347.