‹ Histoire de l'art pendant la Renaissance (volume 2)Chapitre 91 sur 262 · I. Didot, Aide Manuce, p. ijp-i.îc · texte numérisé non relu

I. Didot, Aide Manuce, p. ijp-i.îc

VENISE. 2Sg

églises, ses palais, ses sculptures, ses peintures, tout forme comme un défi porté à la rigueur et à la sécheresse des Florentins.

Après avoir été si longtemps réduits à invoquer le concours des artistes de la

L’Escalier des Géants, au Palais des Doyes à Venise.

terre ferme, les Vénitiens purent enfin prendre roffensive aux approches du siècle nouveau. Jean Bellin, le véritable fondateur de la gloire artistique de sa patrie, travailla pour le marquis de Mantoue et le duc de Ferrare ; Jacopo di Barbarj devint le peintre attitré de Marguerite d’Autriche, gouvernante des E. .Müntz. — II. Italie. LAge d Or. 37

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Pays-Bas; Sebastiano del Piombo fit à Rome la brillante fortune que l’on sait. Signalons, puisque nous parlons des États pontificaux, la colonie de peintres, de médailleurs, de graveurs en pierres dures, d’orfèvres, originaires des Lagunes et fixés à Rome, pour ne point parler de leurs quasi -compatriotes nés sur la terre ferme : Lorenzo Lotto, qui eut l’honneur d’être invité par Jules II à peindre au Vatican, Jean d’Udine, le collaborateur de Raphaël, le médailleur Camelio, etc.

Dans cet intervalle, le gouvernement vénitien, toujours si jaloux d’ajouter encore à la magnificence de la cité, multiplia les constructions, les embellissements, les fêtes. Si une série de doges (Niccolo Tron, 1471-1473; Niccolô Marcello, 1473-1474; Pietro Mocenigo, 1474-1477; Andrea Vendramini, 1477-1478; Marco Barbarigo, 1485-1486) ne firent que passer sur le trône ducal, trois du moins de ces dignitaires (Giovanni Mocenigo, 1478-1485, Agostino Barbarigo, 1486-1501, et Leonardo Loredano, i5oi-i52i') eurent le loisir d’imprimer à l’art une direction nouvelle et d’opposer aux monuments du luxe oriental, tels qu’ils s’incarnaient dans la basilique de Saint-Marc, les libres créations de la Renaissance.

L’achèvement du Palais ducal, avec des morceaux tels que l’Escalier des Géants, la continuation de la série de fresques de la grande salle du Conseil, l’érection de la statue équestre du Colleone (1479-1496), la construction des « Procuratie vecchie » (1496-1517), la reconstruction du pont du Rialto (i5i4), voilà quelques-unes des entreprises les plus saillantes auxquelles ces trois doges attachèrent leur nom.

Dans le domaine de l’architecture religieuse, nous avons à enregistrer la construction de la « Scuola di San Marco » (1490), de la « Scuola délia Misericordia » (i5o8), l’achèvement de San Zaccaria (i5i5), puis toute une série de travaux entrepris dans la basilique de Saint -Marc, entre autres la construction de la chapelle Zeno (i5o3-i52i).

De même que Rome, Venise abritait une foule de colonies étrangères, qui rivalisèrent plus d’une fois en luxe avec leurs hôtes. Les Allemands et Flamands firent reconstruire en i5o6 par leur compatriote, maître Hieronymus, leur entrepôt, le célèbre « Fondaco dei Tedeschi » (aujourd’hui la Douane). Ils confièrent à Albert Dürer le retable destiné à leur chapelle, le Rosaire (aujourd’hui à Prague), et au Titien les fresques de la fiiçade.

Parmi les Mécènes, une figure éclipse toutes les autres, celle du cardinal Domenico Grimani (né à Venise en 1461, fiiit cardinal en 1493, patriarche d’Aquilée en 1498, mort à Rome en i523)L Ce prélat illustre, dont le père,

1 . La physionomie de Loredano nous est connue par des médailles , par un très beau basrelief du Palais ducal (gravé dans la Renaissance au temps de Charles VIII, p. 3a l), et enfin par un portrait de la National Gallery de Londres, dû au pinceau de Jean Bellin.

2. Bibl. : Notifia d' Opéré di disegno, édit. Morelli ; Bassano, 1800; p. p5, 2i5 et suiv. — Raphaël ; sa vie, son œuvre et son temps, p. 287-288, 604.

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