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LES ARCHITECTES LOMBARDS

travail qui tut terminé longtemps après sa mort par Charles Fontana.

Ce fut à Milan, pendant qu’il était au service du duc François, toujours

plein de bienveillance pour lui, qu’il composa le Traité T Architecture que nous avons analysé dans un des chapitres précédents (page 363).

Après la mort de François Storza, Filarete semble être retourné à Florence, puis à Rome , théâtre de ses premiers exploits.

Georges Vasari le fait mourir dans la Ville éternelle à l’âge de soixante-neuf ans.

Filarete ne jouissait pas d’une autorité assez haute pour foire prévaloir à lui seul, dans ce milieu milanais si réfractaire, les principes de l’art nouveau. L’arrivée de Michelozzo, le plus habile des disciples de Brunellesco, vint puissamment en aide aux réformateurs.

On a vu (page 1 79) que ce maître fut chargé par Cosme de Médicis de remanier et d’embellir le palais dont le duc François lui avait foit don en iq56.

Ce fut encore Michelozzo qui se fit en Lombardie le propagateur des églises circulaires et à coupoles, destinées à prendre un si brillant essor dans ces régions. La chapelle de Saint-Pierre Martyr ou des Portinari, à S. Eustorgio (commencée d’après une inscription en 1462, terminée en 1468), devint le prototype de la chapelle du Colleone à Bergame (1470-1477), de P « Incoronata » de Lodi (1488), ainsi que des innombrables édifices similaires construits par Bramante ou sous son influence. On sait que cette chapelle procédait elle-même de deux des chefs-d’œuvre de Brunellesco, la sacristie de Saint-Laurent et la chapelle des Pazzi : « L’ossature de l’édifice est formée de quatre grands arcs à claveaux de marbre alternativement blanc et noir, partant des angles du carré, combinés avec quatre oculus placés obliquement sur leurs

pièces au dix-septième siècle par Ricchini , qui , cédant à des préoccupations archéologiques

La chapelle des Portinari.

' (Vue extérieure.)

Projet de palais, d’après un dessin de Filarete. (Bibliothèque nationale de Florence.)

HISTOIRE DE L’ART pendant la renaissance.

reins en guise de pendentifs. Deux des côtés sont percés d’un arc », dit M. Darcel, à qui nous empruntons cette description, « l’un qui sert d’entrée, l’autre qui donne accès dans une petite abside. Leurs pieds-droits sont des pilastres corinthiens, et leurs archivoltes sont décorées de grotesques blancs en relief sur fond vert. Leur imposte, qui forme frise, tout autour de la chapelle, est ornée de têtes de chérubins rouges en relief sur le même fond vert éteint. Chaque pendentif est décoré d’un ange peint qui soutient devant lui un écu en relief sur lequel est figurée une porte fermée accostée de deux lions : armoiries excellentes pour un banquier. Au-dessus des anges est l’oculus appareillé, blanc et noir qui encadre la figure peinte de l’un des docteurs de l’Eglise. Les deux écomçons au-dessus des oculus sont décorés de grandes volutes blanches sur fond violet. Au-dessus de la corniche circulaire, au niveau du tambour, posent des anges en relief et peints, portant des cordons où sont suspendus de gros bouquets de fleurs peintes seulement, en avant d’une arcature simulée, percée de place en place d’ajours cintrés. La coupole, voûtée sur nervures, est creusée dans chaque secteur d’un arc percé d’un oculus blanc et noir, l’un à jour alternant avec un aveugle dans lequel est peint un buste'. »

Une sèche énumération de toutes ces merveilles, palais, châteaux, villas, créées à Milan même, dans les environs, dans les villes voisines, à Pavie, à Vigevano, à Crémone, à Bergame, à Lodi, n’offrirait aucun intérêt, et d’autre part ce n’est pas dans un ouvrage comme le nôtre que l’on peut aborder la description de monuments qui dépassent peut-être la centaine. Réduit à fiiire le choix le plus rigoureux, je veux du moins accompagner de quelques lignes de commentaire la gravure représentant un des plus charmants édifices de Brescia, la Prison ou Mont-de-Piété. Deux grands pilastres cannelés encadrent la façade dans toute sa hauteur. Au rez-de-chaussée, deux arcades portant sur une colonne ionique. Plus haut, une frise formant balustrade, avec un balcon au centre, un balcon à la moresque, et de chaque côté six targes. Sur cette balustrade posent huit colonnettes supportant des arcs; au-dessus règne une nouvelle frise surmontée d’une corniche d’une grande richesse. On ignore en quelle année et par qui fut bâti ce petit chef-d’œuvre, qui, à côté de la finesse vénitienne, respire toute la distinction des Florentins.

Cette esquisse de l’architecture italienne du quinzième siècle devant s’arrêter à l’apparition de Bramante, une foule de monuments lombards nous échappent, quoique par leur date ils semblent rentrer encore dans le cadre de

remania également le portique de droite dans la grande cour — portique commencé par Bramante, — afin de le mettre en harmonie avec le nouveau plan adopté pour cette cour. Ricchini fit replacer à cette occasion dans les appuis du premier étage les belles terres cuites exécutées sous la direction de Bramante. (Notice communiquée par M. le baron de Geymüller.)

i. A. Darcel, Excursion à Malte; Rouen, 1882, p. 352, 353. — Cf. Paravicini, T Architecture lombarde.

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