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LA SCULPTURE ITALIENNE DU MOYEN AGE ET LA SCULPTURE DE LA PREMIERE

RENAISSANCE. ESSOR DE l’ÉCOLE FLORENTINE. — l.’lDÉAL NOUVEAU.

LA CONCEPTION DES SUJETS. — LE STYLE. — LA TECHNIQUE. — LA SCULP- TURE DU QUINZIÈME SIECLE A-T-ELLE ÉTÉ POLYCHROME?

otre ami messire Georges Vasari se montre tort dur pour la sculpture italienne du moyen âge :* « Elle se ressentait plus, dit-il, de la « cava » (c’est-à-dire des pratiques de la carrière, des pratiques des tailleurs de pierres) que de 1’ « ingegno » (du talent) des artistes. Aux plis défectueux, aux airs maussades, succèdent une invention plus riche en figures et en ornements, un modelé se rapprochant de la nature, des statues ressemblant a des figures vivantes. » Aillent s, en cherchant à définir l’art antérieur, \ asari se sert des expressions pittoresques de « rouille de la vieillesse, grossièreté et manque de proposions •>. Avouons qu’il y a un grain de vérité dans ces sarcasmes : prise en bloc, la

i. T. II, p. 9.5, 99, io5. C’est aussi, au fond, l’opinion de M. Courajod : « Quand on a excepté quelques rares œuvres, très remarquables d’ailleurs, mais exclusivement gothiques, de Balduccio, d’Andrea Pisano, de Nino, d’Orcagna, 011 n’est en présence que d’œuvres informes, dont l’ensemble est d’une désolante platitude et d’une révoltante grossièreté. » (Les véritables Origines de la Renaissance, p. R.)

sculpture italienne du moyen âge s’est montrée inférieure à la sculpture française contemporaine, sinon dans les bas-reliefs, du moins dans les statues proprement dites.

Malgré ces imperfections, dès l’aube de la Renaissance, je parle de cette tentative miraculeuse de Niccolô Pisano, les Toscans s’étaient révélés comme unerace de sculpteurs1. Mais si, aux treizième et quatorzième siècles, Pise et Sienne eurent le monopole des artistes supérieurs — Florence 11’a qu’Orcagna à leur opposer, — il devint évident, au début du quinzième siècle, que les Florentins arracheraient à leurs voisins et rivaux le sceptre dont ceux-ci s’étaient enorgueillis si longtemps.

Des différents arts, la sculpture répondait le mieux, ce semble, au tempérament de la Première Renaissance et en même temps, par contre-coup, trouva les interprètes les plus brillants. Au seizième siècle, d’un bout à l’autre de l’Italie, on 11e découvre plus qu’un seul sculpteur de génie, Michel-Ange; au quinzième, on en compte au moins cinq, Donatello, Ghiberti, Luca délia Robbia, Jacopo délia Quercia, Verrocchio, pour ne point parler des di minores, cette phalange de maîtres habiles qui s’appellent Desiderio de Settignano, Mino de Fiesole, Agostino di Duccio, Niccolô dell’ Area, les Riccio, Civitale, Caradosso, Pollajuolo et tant d’autres.

Le concours seul d’artistes aussi remarquablement doués ne suffit pas à expliquer l’essor de la sculpture italienne; il a encore fallu que les conditions générales, que le milieu, pour employer le terme consacré, fussent exceptionnellement propices : vivant sous l’Empire ou sous la Restauration, Donatello luimême n’eût peut-être été qu’un Canova ou un Thorwaldsen ! L’enthousiasme provoqué en faveur de la sculpture par tous les chefs-d’œuvre de l’antiquité subitement rendus au jour, l’abondance des commandes (quel est le parvenu qui ne rêvât pas d’avoir son mausolée orné de sa statue !), la fraîcheur et la netteté toute plastique des impressions, tels nous paraissent être quelques-uns des facteurs qui ont valu à la sculpture italienne son magnifique épanouissement.

Gardons-nous bien de considérer le sculpteur du quinzième siècle comme le représentant d’un art abstrait, exécutant de loin en loin pour les églises la statue d’un saint, pour les places publiques celle d’un prince ou d’un grand citoyen, pour les mausolées celle d’un noble, d’un poète, d’un banquier ou d’un industriel enrichi, ou encore quelque buste, quelque statuette, quelque bas-relief pour le salon ou le cabinet d’un Mécène. La sculpture, chez ces hommes du Midi dont les idées prennent si facilement un tour plastique, la sculpture est partout

1. Bibl. : Vasari. — D’Agincourt. — Cicognara, Storia délia Scultura dal risorgimento delle Belle Arti in Italia fino al secolo di Napoleone. Venise, i8i3-i8i8, 3 vol. in-fol. — 2e édit. Prato, 1823-1824, 7 vûL in-8° et atlas. — Perkins, Tuscan Sculptors. Londres, 1864. — Le même, ltalian Sculptors. Londres, 1868 (ces deux ouvrages traduits en français par M. Haussoullier : les Sculpteurs italiens. Paris, Renouard, 1869, 2 vol. in-8° et atlas). — Le même, Historical Handbook of ltalian Sculpture. Londres, Remington, i883, un vol. in-8°. Le Cicerone. — B ode, Italieniscbe Bildhauer der Renaissance. Berlin, Speemann, 188p.

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