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LA TERRE CUITE. - LE BRONZE

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L’art de la fonte et celui de la ciselure destinée à corriger les imperfections de la fonte furent portés à une véritable virtuosité. Ghibcrti et Verrocchio excellaient dans ce procédé *, que Donatello, avec ses allures primesautières, négligeait davantage. Ces bronzes florentins à la cire perdue font les délices des amateurs modernes, qu’ils se présentent soit sous la forme de statuettes, soit sous celle de plaquettes ou de médailles; la matière, tirant tantôt sur le brun, tantôt sur le vert foncé, tantôt sur le jaune, est d’une homogénéité parfaite, unie, grasse et onctueuse. Même quand il s’agit d’ouvrages destinés à être reproduits à un grand nombre d’exemplaires, tels que les plaquettes et les médailles, des retouches au ciseau ou au burin donnent à chacun d’eux toute la valeur d’un original.

Dans la sculpture en marbre de Carrare, en pierre bleutée, en pierre d’Istrie ou encore en porphyre (matière remise en honneur par Donatello), on recherche d’ordinaire, surtout à Florence, le plus grand fini. Les visages sont polis et repolis à l’excès; c’est au point que les sculptures de Mino de Fiesole, par exemple, en deviennent froides et fastidieuses.

La terre cuite n’était pas seulement un acheminement vers l’œuvre définitive en marbre ou en bronze ; elle n’était pas seulement un moyen, mais encore un but : une infinité de quattrocentistes — les « plasticatori », — la cultivèrent pour elle-même. Il n’est guère de musée qui ne renferme des statues ou des statuettes de Madones, de Christs, de saints, des groupes, des bustes, d’un ton plus ou moins brun, exécutés à l’aide de cette matière, la plus économique de toutes *. A tout instant des statues ou des bas-reliefs en terre cuite étaient appelés à occuper une place d’honneur, comme ce Couronnement de la Cierge de Lorenzo di Bicci, modelé en 1420 pour le tympan de la porte de l’hôpital de Santa Maria Nuova à Florence.

Notre photochromie reproduit une superbe Madone en terre cuite peinte et dorée, autrefois placée dans la chapelle d’une villa appartenant à la marquise Vettori, à San Lorenzo a Tignano, dans le Val d’Eisa, et aujourd’hui exposée au Musée du Louvre \

Ces terres cuites, polychromes ou non, supportaient mal les intempéries : les efforts de Luca délia Robbia eurent pour résultat de les couvrir d’un émail et par là de les rendre inaltérables.

La sculpture en bois comptait des représentants spéciaux, tels que ce Fia Antonio de Viterbe qui sculpta, sous le pape Eugène IV, les portes de la

1. Voici, d’après Vasari, comment Ghiberti procéda pour les portes du Baptistère: Il fit exécuter tout d’abord un grand châssis de bois, de la mesure nécessaire, et l’orna de tètes et de frises. Étant achevé, et le modèle complètement sec, il en fit la fonte en bronze. Après le cadre, il modela les bas-reliefs en cire, les coula en bronze, et, à mesure qu’ils sortaient de la fournaise, après une dernière révision, il les mit en place.

2. Voy. le travail que M. Bode a consacré aux sculpteurs florentins en terre cuite dans ses Italieniscbe Bildbauer, p. 58-68. — Il est à peine nécessaire de rappeler que le fameux buste de Benivieni, au Louvre, est un très habile pastiche moderne.

8. Courajod, Acquisitions dit Musée de lu Sculpture moderne au Louvre. Paris, Rapilly, 1881.

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basilique du Vatican'. Pour la partie ornementale, on employait fréquemment des maîtres français et allemands. Mais il n’est guère de statuaire célèbre qui ne s’y soit' essayé : Brunellesco, Donatello et Verrocchio sculptèrent des crucifix. Ces statues ou bas-reliefs en bois étaient presque invariablement peints.

Moins bien partagée que la sculpture en bois, la sculpture en ivoire eut infiniment de peine à prendre racine; on compterait bien dix ivoires français du quinzième siècle contre un ivoire italien'1 2 3.

La sculpture en stuc ou en carton pierre (« carta pesca ») jouait dans l’art du quattrocento un rôle considérable, que le savant conservateur du Musée du Louvre, M. Louis Courajod, a eu le mérite de remettre en lumière A Beaucoup de compositions du temps ne nous sont plus connues que par des stucs coloriés : à cette catégorie appartiennent diverses Madones acquises dans les dernières années par le Louvre ou par le Musée de Berlin.

La sculpture en cire, qui devait prendre un brillant essor au siècle suivant, tut cultivée avec succès par la famille florentine des Benintendi, surnommée « Fallimagini » ou « Cerajuolo », en raison de sa profession. Mais l’artiste qui remit véritablement en honneur cette branche de la sculpture fut Verrocchio : associé à Orsino Benintendi, il exécuta, après la conspiration des Pazzi, à titre d’ex-veto, plusieurs effigies en cire de Laurent le Magnifique, miraculeusement échappé aux coups des assassins.

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