Voy. le Donatello édité par la maison Rouam, p
4. Ghiberti raconte, dans ses Commentaires, qu’il a fourni un grand nombre de « provedimenti », c’est-à-dire de maquettes, tant en cire qu’en terre glaise : « di cera e di creta ».
Berlin. Le Musée de South Kensington à Londres, surtout, renferme une précieuse série de terres cuites.
Ces préparatifs plus ou moins longs, d’après le caractère de l’artiste ou la complication de l’œuvre, une fois terminés, commençait le rôle soit du metteur au point, soit du fondeur.
La matière la plus appréciée, la matière noble par excellence, c’était le bronze ', comme si les difficultés de l’exécution et cette intervention du feu, qui unit et purifie tout, avaient donné à la statuaire une consécration de plus. Le bronze admettait en outre une plus grande liberté de mouvements que le marbre (dans lequel les parties en saillie ne sont jamais susceptibles de recevoir un développement considérable), et favorisait par là les audaces de génies impétueux tels que Donatello. Ajoutons que les travaux de la fonte devaient offrir un attrait particulier pour tous ces orfèvres-sculpteurs, si fiers de briller dans les « arts du feu ». Les champions par excellence du bronze sont, au quinzième siècle, Ghiberti, Donatello, qui ne s’y mit cependant qu’assez tard, Verrocchio, qui fit faire de grands progrès à la fonte, Pollajuolo. Jacopo délia Quercia et Luca délia Robbia ne s'y essayèrent qu’accidentellement; Desiderio, Mino, Paolo Romano, Civitale, à peine ou pas du tout. Limitée d’abord à Florence et à Sienne, la sculpture en bronze trouva bientôt une phalange d habiles représentants dans les Ecoles de Padoue et de Vérone, nées d’une étincelle du génie de Donatello 1 2.
En principe, les ouvrages d’un caractère monumental, surtout ceux qui sont destinés aux places publiques, doivent tous être exécutés en bronze. Exemples : les statues de Gattamelata, de Nicolas III d'Este , de Borso d' Este, du Pape Paul II, à Pérouse, du Colleone. De même les portes principales des sanctuaires : baptistère de Florence, sacristie de Saint-Laurent et de Sainte- Marie des Fleurs dans la même ville, basilique du Vatican. Faire couler en bronze des tombeaux, comme celui de Cosme et de Pierre de Médicis, dans la sacristie de Saint-Laurent, ceux des papes Sixte IV et Innocent VIII, des châsses, comme celle de saint Zanobi, des autels, comme celui du Santo à Padoue, peut déjà passer pour un raffinement. J’en dirai autant de tous les accessoires du culte coulés en métal au lieu d’être sculptés en marbre : bénitiers, candélabres, tabernacles, etc. Ajoutons que l’association du bronze et du marbre ne froisse à cette époque aucune conviction : le marbre, comme la matière la moins précieuse, encadre d’ordinaire le bronze (tombeau du pape Jean XXIII, cuve baptismale de Sienne, etc.).
1. Bode, Italienische Bildbauer, p. 221. Cf. Drury Fortnum, A descriptive. Catalogue of tbe Bronzes in tlie South Kensington Muséum. Londres, Chapman et Hall, 1876.
2. On a constaté que les sculpteurs qui travaillaient plus spécialement le marbre, les Rossellino. les Desiderio, les Mino, les Civitale, montrèrent moins de réalisme et moins de « terribilità » que ceux qui s’attaquaient de préférence au bronze, comme si la matière qu’ils mettaient en oeuvre comportait moins de liberté et de fougue. (Lübke, Gescbicbte der Plastik, t. II. p. 55.)
La Vierge et l'Enfant Jésus. Sculpture italienne polychrome (Musée du Louvre.)