AGOSTINO DI DUCCIO
La personnalité, si originale, d Agostino di Duccio, est une des conquêtes de l’érudition moderne. \'asari avait parlé vaguement d’un certain Agostino délia Kobbia auteur des sculptures de l’oratoire Saint-Bernardin à Pérouse. C’est a M. Charles \riarte* et a M. Bode que nous devons d’avoir vu sortir des ténèbres, d’un côté la biographie de ce maître, de l’autre son œuvre, qui offre le plus vit intérêt.
Sans entrer dans le détail de cette découverte, dont l’honneur se partage entre le savant parisien et le savant berlinois, je me bornerai à dire qu’Agostino d’Antonio di Duccio naquit à Florence en 141S et qu’il mourut à Pérouse vers 1498. 11 n’appartenait en aucune façon à la famille des délia Kobbia. Comme tant de ses compatriotes, il alla de bonne heure chercher fortune au loin, profitant du privilège qui s’attachait alors à tout ce qui venait de Florence. A peine âgé de vingt-quatre ans, il sculptait sur la façade du dôme de Modène quatre petits bas-reliefs, avec des scènes de \' Histoire de saint Géminien (signées « Augustin us de Florentia. F. 1442 »).
En 1446, accusé de vol dans
sa ville natale, il prit la fuite et se fixa pour quelques années, jusque vers 1 454, à Rimini, où il trouva plusieurs de ses compatriotes, entre autres Léon- Baptiste Alberti, qui dirigeait les travaux de l’église Saint-François. Attaché presque aussitôt à la décoration de l’église, peut-être avec une sorte de direction, il y appliqua, comme son maître Donatello, le système de la collaboration sur la plus vaste échelle. Il en fut la première victime, car ses auxiliaires dénaturèrent plus d’une fois ses compositions.
La planète Diane, lias-relief d’Agoslino di Duccio. (Temple des Alalatesla à Rimini.)