I. Un de ces anges est gravé ci-dessus, p
Andrea di Lazzaro Cavalcanti, surnommé Buggiano (1412-1462), artiste médiocre, élève, fils adoptif et héritier de Brunellesco, sculpta en 1440 les deux lavabos de la sacristie du dôme, auxquels il donna une disposition assez ingénieuse (le réservoir ordinaire y est remplacé par une outre dont deux génies nus assis font sortir l’eau par le poids de leur corps), et, en 1446, le monument commémoratif de son maître, avec un buste aux traits bien ingrats, au dôme de Florence.
Parmi les nombreuses productions d’un autre Florentin, Bernardo di Piero Ciuffagni ( 1 38 1- 1 467), il suffira, pour caractériser cet artiste, absolument secondaire, d’analyser la statue de Saint Mathieu assis (1409-1416), sur la tribune de Saint Zanobi, au dôme de Florence. Dans cette page froide et sans accent, l’auteur a pu faire preuve d’un certain art pour arranger les draperies (et encore, si la partie inférieure du vêtement se développe harmonieusement, rien ne se justifie moins que le motif des deux pans de manteau qui s’enroulent l’un autour de l’autre à la hauteur de la gorge, sans même former un nœud) : il n’a pas réussi à mettre de la vie ou de l’expression dans les traits, qui restent absolument archaïques et vides. — Nous retrouverons tout à l’heure Ciuffagni parmi les sculpteurs du temple des Malatesta à Rimini.
Giovanni di Bartolo de Florence, surnommé il Rosso (f après 1401), un autre élève de Donatello, avait plus d’ambition, sinon plus de tempérament que Ciuffagni. Nature assez agitée, à ce qu’il semble, il travailla tour à tour dans sa ville natale, à Vérone, où il exécuta l’étrange mausolée de Brenzoni, sur lequel nous reviendrons, à Tolentino, où il inscrivit en 1481 son nom, « Johannes Rubeus », sur le portail de l’église Saint-Nicolas. D’ordinaire ses figures sont vides et déclamatoires : j’hésite beaucoup, pour ma part, à revendiquer en faveur de Donatello une part de collaboration, quelque mince qu’elle soit, dans le groupe littéralement si ennuyeux d 'Abraham et d'Isaac , au Campanile du dôme de Florence. Laissons-le tout entier à l’actif du Ilosso. Dans une autre figure de Prophète, également au Campanile (photographie Brogi, n° 5336), nous retrouvons quelques-uns des motifs de prédilection du maître illustre, assez habilement interprétés par l’élève : la main levée, la grosse ceinture nouée autour des reins, etc.
Nous ferons connaissance, dans le chapitre IV, avec Filarete, et, dans notre second volume, avec d’autres élèves de Donatello, tels que Bertoldo, Vellano, les Riccio.
L’œuvre sculpté de Michelozzo s’enchevêtre tellement dans celui de Donatello, que force nous a été de l’étudier dans le chapitre consacré à ce dernier maître. Le mausolée d’Aragazzi, au dôme de Montepulcîano (1427 à 1429), dont on fait aujourd’hui honneur à Michelozzo seul (gravé page 72), nous révèle un ciseau savant et froid plutôt qu’ému et vibrant, de l’afféterie à la place de fougue, un modelé sec et sommaire.