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Les Sculpteurs italiens, t. I, p

bronze destinée à renfermer le corps de saint Zanobi. « Sur le devant, dit-il, j’ai représenté comment le saint ressuscita un enfant que la mère avait laissé sous sa protection jusqu’à son retour d’un pèlerinage, et comment, pendant son absence l’enfant étant mort, elle, revenant, le demanda à saint Zanobi, qui le rendit à la vie. J’ai aussi représenté la mort d’un homme qui fut écrasé sous les roues d’un chariot et, de plus, la résurrection d’un des deux serviteurs que saint Ambroise avait envoyés à saint Zanobi, serviteur qui mourut en traversant les Alpes. A son compagnon éploré le saint dit : « Tu rêves, va, et tu le trouveras vivant; » et comme il alla, il le trouva en effet ainsi que le saint avait dit. De l’autre côté de la châsse j’ai sculpté six petits anges qui tiennent une guirlande de feuillages de lierre, au milieu de laquelle se trouve l’inscription en l’honneur du saint en caractères antiques. »

Les bas-reliefs de la châsse de saint Zanobi sont au nombre des plus belles créations de Ghiberti : autant il a mis de suavité dans les anges tenant la guirlande (gravés page 83) — ils sont dignes d’être signés par un Grec, — autant il a mis d’animation dans les scènes légendaires qui ornent la face principale et les côtés. Malgré l’abus de la perspective linéaire, le bas-relief représentant la Résurrection d'un enfant s’impose à notre admiration, et par la beauté de l’ordonnance — l’artiste y a groupé harmonieusement peut-être cinquante personnages, — et par l’extrême suavité du modelé et par l’éloquence des gestes, tant chez la mère éplorée, avec ses bras étendus, que chez le saint avec ses bras levés vers le ciel. On éprouve comme une sensation musicale devant le rythme des mouvements,' cette alternance irréprochable du « mezzo » et du « basso rilievo, » et ces transitions ménagées avec un art consommé. La scène du chariot qui écrase un paysan nous offre, à côté de la note élégiaque, un récit concis, vif, spirituel. Il est seulement regrettable que les figures drapées y soient si longues; l’artiste s’est évidemment trompé d’échelle. On voit, par ces quelques traits, que les bas-reliefs, si peu connus, de la châsse de saint Zanobi méritent de prendre place à côté des meilleures pages de la seconde porte du Baptistère.

La châsse de saint Jacinthe, commandée par les Médicis en 1428 (aujourd’hui au Musée national de Florence), n’offre d’intéressant que les anges qui en ornent la face.

Comme orfèvre, Ghiberti se signala en ciselant pour le pape Eugène IV une tiare merveilleuse et en enchâssant pour Jean de Médicis, frère du grand Cosme, une cornaline antique. Laissons-lui ici encore la parole :

« Quand le pape Eugène vint résider à Florence ( 1 484), il me fit faire une mitre d’or dont le métal pesait quinze livres et les pierres cinq livres et demie. Ces pierres, rubis, saphirs, émeraudes et perles, dont six étaient grosses comme des noisettes, furent estimées par les orfèvres de la ville 38 000 florins. La mitre

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