‹ Histoire de l'art pendant la RenaissanceChapitre 317 sur 337 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

la perfection n’importe où ils se trouvaient, chez les anciens aussi bien que chez les Allemands ou les Orientaux; ils ouvraient leur esprit, leur imagination, leur cœur et leur âme à toute impression vibrante pouvant se traduire par les arts du dessin, unissaient le culte ardent de la nature à un respect presque superstitieux pour la tradition classique et, combinant ces éléments si divers, ils en tirèrent un style moins pur et moins puissant que celui de l’âge suivant, mais à coup sûr plus pittoresque, plus nourri, plus savoureux et plus vivant.

A supposer que nous pussions consulter un de ces astrologues si prisés au quinzième siècle, il nous répondrait assurément que le meilleur de sa gloire, l’Italie de la Première Renaissance le doit à la conjonction favorable des astres; les Primitifs ont paru à l’heure propice, à l’heure où la richesse publique, le sentiment de la valeur personnelle, la culture générale et le culte des belles choses, atteignant simultanément à leur apogée, à l’heure où le saint enthousiasme pour l’antiquité, cette forme supérieure de la civilisation, s’alliant à la jeunesse dans les impressions, ils n’avaient qu’à interpréter les sentiments de leurs contemporains pour charmer à toujours l’humanité.

Le seizième siècle, l’âge d’or de la Renaissance, aura plus de maturité, plus d’ampleur, plus d’éloquence : il ne connaîtra pas au même point la sincérité et la candeur. Aussi, comparé à l’ère des Primitifs, le siècle de Léonard, de Raphaël, de Michel-Ange produira-t-il toujours l’effet de Messidor opposé à Germinal, d’un brillant été placé en regard du plus radieux printemps.

Jeune Seigneur et jeune Dame.

D’après une estampe de Baccio Baldini.

Fac-similé d’une gravure du Songe de Polyphüe.

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