‹ Histoire de l'art pendant la RenaissanceChapitre 62 sur 337 · MODÈNE · texte numérisé non relu

MODÈNE

MO

vanni Mille, Rinaldo Grue, tous deux de Tournai (1464), Rubinetto (1469); Giovanni Costa; Gerardo. André Beaufort ou Andréas Gallicus dote Ferrare de sa première imprimerie. Quant aux chanteurs français, ils foisonnent dans la chapelle ducale1.

Au quinzième siècle, comme depuis, Modène, la ville aux rues régulières, à l’aspect morose, a fait peu parler d’elle. Elle s’adressa, il est vrai, à Donatello, pour lui commander la statue en bronze doré de Borso d’Este (1451); mais l’affaire n’eut pas de suite. A défaut d’un ouvrage de Donatello, Modène pouvait du moins montrer, sur la façade du Dôme, quatre bas-reliefs, avec l’Histoire de saint Géminien, de la main d’un habile imitateur de Donatello, Agostino di Duccio (1442). Vers la fin du siècle, le sculpteur Guido Mazzoni, sur lequel nous reviendrons, porta au loin le nom de Modanino, sous lequel on le désignait d’habitude.

On cite, pour la première moitié du quinzième siècle, l’habileté des sculpteurs en bois et des incrustateurs (« intarsiatori ») de Modène : les da Baisio (Giovanni, Tommaso et surtout Arduino), à côté desquels brillaient les Canozzi da Lendinara. Ces maîtres eurent l’honneur d’être recherchés au dehors, même à Florence. Ainsi, dans ce grand concours, chaque cité apportait sa pierre à l’édifice commun.

Ce sont des boiseries également, celles du Dôme, exécutées par Cristoforo Lendinara, qui forment la principale contribution de Parme2 à l’œuvre de la première Renaissance. Citons, à côté d’elles, le pavage en faïence du couvent de San Paolo.

A Mirandole, les Pic, comtes de Concordia, ne devinrent célèbres que par la prodigieuse érudition de Jean, surnommé le « Phénix des Esprits » (-j- 1494). L’un d’eux avait cependant confié à Cosimo Tura, probablement entre les années 1465 et 1467, la décoration de sa bibliothèque. Le célèbre peintre ferrarais y peignit la Poésie, les Neuf Muses dansant et offrant des couronnes à des chanteurs, auxquels Pitho, déesse de la Persuasion, versait un clair liquide; puis Orphée en buste, avec une tiare parsemée de signes dorés; Hésiode, Virgile, les Sibylles, etc.3.

Les Pic de Carpi laissèrent également passer la première Renaissance sans faire parler d’eux : nous les retrouverons au siècle suivant.

Le seigneur de Correggio, le comte Nicolas (iqfio-iSoB), guerrier et poète (il a composé un drame pastoral intitulé Aurore et Céphale, un roman en vers intitulé Psyché'), petit-fils du marquis Nicolas III d’Este et gendre du Colleone,

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