‹ Histoire de l'art pendant la RenaissanceChapitre 77 sur 337 · Calvi, Notifie, t. II, p · texte numérisé non relu

Calvi, Notifie, t. II, p

duc de Calabre, fils du roi Ferdinand de Naples : il était digne de se mesurer avec celui qu’une autre Visconti, Valentine, dont le souvenir est resté si populaire dans notre pays, avait apporté quatre-vingts ans auparavant au duc d’Orléans.

On y remarquait tout d’abord un vêtement de «zetanino», avec des doublures composées des étoffes les plus précieuses, et des broderies d’argent, d’or et de perles (ces dernières au nombre de 9966! l’or pesait 70 onces); le tout estimé 56oo ducats, quelque chose comme 200 000 francs. Dans l’écrin, les perles se chiffraient par centaines, comme les rubis; on remarquait, outre les colliers et les broches, un miroir orné de gemmes, du prix de 902 ducats, une

argenterie et des ornements sacrés d’une extrême richesse. I.’énumération des robes, manteaux, mantelets, des broderies, du linge, remplit à elle seule de longues pages; bref, l’ensemble représentait une valeur de 3oooo ducats (un million et demi de francs). Mais, quoique cet inventaire soit inédit', et malgré mon désir de satisfaire la curiosité de mes lectrices, il faut savoir se borner. Il me suffira d’accorder encore une mention à la petite bibliothèque portative jointe au trousseau : les manuscrits qui la composaient étaient choisis avec infiniment de discernement. C’étaient : une Bible (du prix de 100 ducats), deux Livres d'offices, dont l’un écrit en lettres d’or et d’argent (16 ducats), un Bréviaire (36 ducats), un Evangéliaire grec ( 25 ducats), la Vie de la Vierge (4 ducats), saint Augustin, de la Cité de Dieu (100 ducats), la Vie des Saints (40 ducats), la Vie de saint Nicolas de Bari (3 ducats), un Virgile avec les Commentaires de Servius (80 ducats), une Décade de Tite-Live (36 ducats), un Catholicon (80 ducats), un Bréviaire avec l'Office de la Semaine Sainte (5o ducats). Qu’on ne s’étonne pas de trouver dans le nombre des ouvrages latins et même grecs : la jeune Hippolyte était célèbre par son savoir. Elève de Constantin Lascaris, que son père avait accueilli et qui composa pour elle sa Grammaire grecque, le premier ouvrage en cette langue qui sortit des presses (il parut à Milan en 1476), Hippolvte charmait ses loisirs en copiant des manuscrits, par exemple le de Senectute de Cicéron; tels furent ses progrès*

1. Il se trouve aux Archives d’Etat de Milan : Reg. K, n° 1, fol. 96 et suiv. — M. Caffi a publié dans YArchivio storico lombardo de 1876 la liste des créanciers de la duchesse Blanche- Marie; parmi eux les orfèvres et les brodeurs sont en majorité.

2. Tiraboschi, Storia delta Letteratura italiana, éd. de Milan, t. VI, p. 1202, 1270.

La duchesse Blanche-Marie Visconti-Sforza. Fac-similé d'une gravure de 1497.

(Ph. Bergomensis, de Claris Mulieribus.)

Page 1