‹ Histoire de l'art pendant la renaissance (volume 2)Chapitre 118 sur 284 · Italie. L'Age U’Or · texte numérisé non relu

Italie. L'Age U’Or

époque classique, dont les idées, que dis-je! dont les moindres fantaisies ont fait loi jusqu'à nos jours; il s’agit d’artistes qui ont été des fondateurs et des ancêtres dans toute la force du terme.

J’étudierai d’abord, comme de raison, les éléments généraux qui entrent dans la composition des différents édifices, quelle que soit la destination de ceux-ci : appareils, portes et fenêtres, colonnes, pilastres, entablements, ornements de toute sorte.

En ce qui concerne les matériaux de construction et I’appareil, nous n’avons que peu de changements à signaler. La pierre de taille et le marbre continuent à dominer en Toscane, à Rome, à Naples, à Venise, tandis que la brique l’emporte à Sienne, à Imola, à Forli, à Bologne, à Carpi, à Ferrare et dans le Milanais.

L’Appareil rustique, mis à la mode par les architectes florentins (t. I, p. 38 1-382), tend à perdre du terrain. Si Benedetto da Majano en fit le facteur principal et unique de la décoration du palais Strozzi1 (il gradua les effets des bossages en diminuant leur saillie à chaque étage; le palais, ajoute Vasari, paraît, non un assemblage de pierres, mais comme taillé dans un seul bloc) et si Michèle San Micheli le prodigua dans ses palais de Vérone, la plupart de leurs confrères ne l’employèrent plus qu’accidentellement, comme un élément décoratif; un des premiers, Raphaël s’en servit pour faire ressortir, au palais Pandolfini, les chaînes des angles.

Le mélange de la pierre et de la brique 2 (celle-ci laissée apparente) reprit peu à peu faveur, grâce surtout aux leçons de l’antiquité. On avait en effet remarqué que la brique, étant plus poreuse que la pierre, attirait davantage la chaux et se liait plus fortement à elle, de manière à former une masse d’une résistance à toute épreuve. Le premier, ce semble, Luciano da Laurana imagina de relever la brique par des pilastres de pierre : les contrastes merveilleux qu’il obtint décidèrent Bramante à l’imiter dans ses constructions de Milan et de Rome; B. Peruzzi, à son tour, tira de cette alternance les effets les plus heureux : le palais de Carpi nous en fournit la preuve.

La construction proprement dite, grâce à l’emploi de voûtes en maçonnerie, en béton, coulées dans des formes en bois (imitées de celles des anciens Romains), put réaliser des progrès considérables, surtout au point de vue de la célérité. Vasari attribue l’invention de ces voûtes une fois à Bramante, une autre à Giuliano da San Gallo. Mais Cesariano Cesariani, l’élève de Bramante,

1 . Quelques chiffres à ce sujet : Le nombre des assises du palais Strozzi, depuis le banc de pierre qui règne a la base du rez-de-chaussée jusqu’au cordon qui se développe au-dessous de l’entablement, s’élève à 47, dont 17 pour le rez-de-chaussée, 16 pour le premier étage, 14 poulie second. La partie gauche du rez-de-chaussée se compose de 11 blocs immenses, qui semblent avoir été mis en œuvre par une race de géants.

2. Bibl. : T. I, p. 483. — Essai sur les constructions en briques en Italie, par Runge. Berlin, s. d. — Z iegelbamuerke des Mittclalters und der Renaissance in Italien, par Strack. Berlin, 1889.

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