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LES FENÊTRES

Pour être modérée , tempérée, et disciplinée, l’intervention de la statuaire n’en était pas saciifiée : jamais encore, sauf peut-être dans les niches de l’oratoire d’Or San Michèle à Florence, les statues n’avaient joué rôle pareil sur la façade des églises ou des palais ; les unes se détachaient sur les frontons des portes ou sur la balustrade de la

teaux, leur frise et leur console, leurs pignons en forme de volutes, leurs meneaux en forme de candélabres, composent un ensemble d’une richesse éblouissante.

Bramante, l’harmoniste par excellence, essaya de tirer un élément de vie et de rythme du contraste entre les dimensions des fenêtres : sur le palais de la Chancellerie, il opposa aux fenêtres cintrées du rez-de-chaussée les fenêtres également cintrées, mais quatre ou cinq fois plus petites, de l’attique. Ces rappels, peut-être un peu subtils, furent poussés jusqu’à la caricature sur la façade de la « Madonna délia Quercia», àViterbe.

toiture; les autres, placées Fenétre du Palais Bartolini a Florence’ rar Bacdo *.\gno\a. dans des niches , relevaient et animaient le corps même de l’édifice. Notons à ce sujet que les niches de la Première Renaissance (qui se confondent parfois avec les tabernacles, comme sur l’oratoire de Saint-Bernardin à Pérouse) avaient d’ordinaire peu de profondeur (« cappella dcl Campo » à Sienne, etc.); le \\T' siècle, fidèle à son parti pris de mouvement et de couleur, se plut au contraire à les creuser et à les accentuer. Une exception propre à la Haute Italie, ce fut l’exposition de statues sur des consoles placées en avant des niches, comme à la Chartreuse de Pavie.

L’emploi de statues correspondait à cette recherche générale du relief qui distingue les architectes du xvL siècle de ceux du xv‘‘ ; par une conséquence inévitable, le rôle des bas-reliefs se trouva réduit en proportion inverse. Sauf

dans la Haute Italie, on ne leur accorda plus qu’une place absolument secondaire sur les façades des églises et des palais.

Il était réservé à Jacopo Sansovino de rétablir dans ses droits la sculpture ornementale : il le fit sans nuire aux droits de l’architecture. Partout, dans les écoinçons de ses arcades et sur ses frises, prirent place des Victoires, des trophées et une foule de motifs similaires.

L’Italie de la Renaissance ne connaissait pas, heureusement pour elle et heureusement pour nous, les règlements vexatoires de nos édiles parisiens modernes : défense de donner plus de om,5o de saillie aux balcons, pour ne point parler de l’obligation de gratter les façades tous les cinq ans, etc.'. Aussi trouvons-nous une série de balcons du plus haut intérêt : à la Chancellerie, dans les palais de Ferrare, de Bologne, de Venise.

Ici encore Bramante se montra novateur hardi. Aux simples juxtapositions de travées à entrecolonnements égaux, telles que les avaient appliquées ses prédécesseurs, il opposa ce que M. de Geymüller appelle les travées rythmiques ou les travées bramantesques, c’est-à-dire des travées alternativement étroites et larges, tantôt suivant le rapport de t à 2, tantôt suivant le rapport géométrique, appelé la moyenne et extrême raison; sur la façade du palais de la Chancellerie il ajouta ainsi l’animation à l’harmonie.

Ce même palais nous montre le plus ancien emploi de ressauts destinés à rompre la monotonie des lignes. Sur la façade latérale de droite, les pavillons d’angle forment des avant-corps de trois mètres de saillie.

Le plus important des facteurs légués par l’antiquité, la colonne et le pilastre, eut de la peine à s’introduire sur les façades, surtout en Toscane. Quelle progression d’ailleurs! Les palais à la Brunellesco (palais des Médicis, des Pazzi, des Pitti) 11’admcttaient aucune division; puis nous voyons paraître les pilastres sur le palais Ruccellaï, puis les colonnes engagées sur la façade du temple de Rimini, puis les colonnes accouplées et enfin les colonnes isolées. Mais même à la fin du xve et au commencement du x\T siècle certains architectes toscans s’opiniâtraient à proscrire ces éléments de leurs façades : les pilastres et les colonnes font complètement défaut sur la façade de l’église

1. Yoy. le Bulletin de la Société des Amis des Monuments parisiens, 1886 et années suivantes, et notamment, t. II, p. 20.5, l’article de M. Paul Sédille.

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