LES COLONNES ET LES PILASTRES
San Francesco al Monte, et sur les façades des palais Strozzi, Gondi, Antinori à Florence, Avignonesi à Montepuldano, etc.
Arrêtons-nous ici pour examiner l’attitude des architectes du second âge de la Renaissance vis-à-vis des ordres antiques. La règle est naturelle-
ment la superposition, dans les édifices à plusieurs étages, des trois ordres, le dorique, le style robuste, à la base, l’ionique
au-dessus et le corinthien au sommet, d’après le type du Colisée de Rome, qui pesa d’un si grand poids sur les vicissitudes de l’architecture italienne (citons, à titre d’exception, la cour du Palais ducal de Venise). Mais le dorique tend visiblement à l’emporter dans les prédilections de la nouvelle génération; le dorique, je veux dire celui de ces ordres qui, par l’absence de tout ornement sur le chapiteau, se prête le mieux aux combinaisons de l’architecture pure. Ce dorique, qui procède des modèles romains, et en aucune façon des modèles grecs, des temples de Pæstum et de Sélinonte, du Parthénon d’Athènes, exerça une singulière attraction sur Bramante; il l’employa dès son séjour à Milan, dans un des cloîtres de la basilique de Saint-Ambroise, puis dans le « tempietto », dans les deux étages inférieurs de la cour
Colonnettes historiées de la Haute Italie.