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LES CONSTRUCTIONS MILITAIRES

ondoyantes du Monte Mario, garni autrefois de magnifiques pins, formaient, dit Gruncr, à qui j’emprunte cette description, un fond imposant à cet édifice, dont de brillants détails relevaient l’éclat. Du haut de la terrasse sur laquelle on monte par de commodes escaliers, et du haut du superbe portique dont le temple de la Paix inspira la forme hardie aux artistes modernes, Rome et sa campagne offrent le panorama le plus saisissant Dans la partie achevée, la

Un château fort en Italie vers le commencement du xvi* siecle. (Fac-similé d’un dessin de Francesco di Giorgio Martini.)

cour forme un large hémicycle d’où l’on découvre, comme du fond d’un théâtre antique, le Vatican et Saint-Pierre, et d’où l’on entre dans un magnifique portique. Devant ce portique se trouvent les jardins, et dans le mur sudest une fontaine, travail exquis de Jean d’Udine. Vasari, qui en parle avec des transports d’admiration, rapporte « que ce fut une imitation d’un temple de Neptune qui venait alors d’être découvert parmi les ruines du « Palazzo Maggiore », et que le cardinal fut tellement satisfait de cette production du

talent de Jean, qu’il le gratifia d’un canonicat Les statues qui ornaient le

portique, celles qui occupaient les niches sur les terrasses, les vases qui reposaient sur les balustrades autour du réservoir, ont tous disparu depuis longtemps. Les beaux arbres qui autrefois décoraient les jardins et formaient de délicieuses et vastes promenades n’existent plus; et aujourd’hui il ne reste

que des fragments de deux figures colossales, dernier témoignage de la perfection des travaux artistiques de tout genre qui concouraient à l’embellissement de ce splendide séjour'. »

Malgré le luxe et l’élégance de ces villas, la troisième période de la Renaissance parvint à faire un pas de plus : rappelons la villa de Monte Impériale près de Pesaro, construite par Girolamo Genga pour le duc F. M. délia Rovere, la villa de Caprarole, un des chefs-d’œuvre de Vignole, la villa d’Este à Tivoli, la villa du pape Jules III, la villa des Médicis à Rome, etc.

L’art de la guerre subit, comme toutes les autres formes de l’activité humaine, le joug de l’esthétique. L’architecture militaire s’enorguellit du concours des artistes les plus illustres : Francesco di Giorgio Martini, Bramante, Léonard de Vinci, les San Gallo, Michèle San Micheli, et tant d’autres. Citadelles, bastions et arsenaux ressemblaient à des palais bien plus qu’aux informes bâtisses de nos ingénieurs modernes. On aurait dit une convention internationale destinée à foire triompher partout la cause du beau et à donner le pas à l’art sur la science, à l’agréable sur l’utile.

I. Gruner, Décorations de palais et d'églises en Italie ; Paris, 18.54, P- 5. — Grâce à l'obligeance de M. Hœpli, nous pouvons placer sous les yeux de nos lecteurs des réductions de deux des vues de la Villa Madame publiées par M. de Geymüller dans son Rajfaello Sanÿo studiato corne architetto. (Milan, Hœpli, 1884.)

Chapiteau du Palais Vieux à Florence, par Benedetto da Majano.

Frise en terre cuite modelée par Caradosso. (Sacristie de San Satiro à Milan, construite par Bramante.)

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