Graus, der Kirchenschmuck, 1888, p
Portrait de Giuliano da Majano.
(D’après la gravure publiée par Vasari )
était, en ce temps, l’emblème du deuil) et lui lit élever un tombeau de marbre.
Contrairement à l’opinion de Vasari, Giuliano ne s’occupa qu’exceptionnellement de sculpture.
Benedetto da Majano1, le trère puîné de Giuliano, naquit, comme lui, à Florence, en 1442; il se fit remarquer de bonne heure par son habileté extraordinaire dans la marqueterie, procédé qui exigeait avant tout une extrême minutie. Sa réputation lui valut, si l’on en croit Vasari, l’honneur d’être appelé en Hongrie à la cour du roi Mathias Corvin. Benedetto ne tarda toutefois pas à sacrifier la marqueterie à la sculpture (nous le retrouverons quand nous étudierons l’histoire de cet art) et à l’architecture, qu’il enrichit de deux chefs-d’œuvre, le palais Strozzi à Florence, le portique de Sainte-Marie des Grâces à Arezzo.
Le palais Strozzi est un dernier reflet de la gloriole florentine, un dernier témoignage de l’ardeur et de la libéralité avec laquelle les bâtisseurs du temps s’occupaient de perpétuer leur souvenir. Filippo Strozzi voulait élever un édifice qui le rendit célèbre lui et tous les siens en Italie et à l’étranger : « Che a se e a tutti i suoi in Italia e fuori desse nome. » Il commença par recourir à toutes sortes de subterfuges pour désarmer l’envie de ses concitoyens, faisant semblant entre autres d’avoir été entraîné par les architectes bien au delà du programme qu’il s’était tracé au début. Benedetto da Majano, quoique son tempérament le portât plutôt aux œuvres gracieuses qu’aux œuvres fortes, remplit à souhait les intentions de son ami. Après avoir exécuté le modèle de bois obligatoire, après avoir fait tirer l’horoscope et placé les monnaies commémoratives dans les fondations (1489), il mena les travaux avec tant de célérité, que Strozzi, au moment de mourir, en 1491, pût croire qu’un délai de cinq ans suffirait pour l’achèvement total de la construction. Son testament nous révèle des précautions infinies : cinquante ouvriers au moins devaient travailler sans interruption au palais. Dans le cas où celui-ci ne serait pas fini en 1496, Strozzi priait son ami Laurent le Magnifique, et à son défaut les consuls de la Corporation des Marchands, de prendre en mains la direction des travaux, et les autorisait, en échange
1. Bibl. : Article de M. Bode dans YAllgemeines Künstler Lexikon de Meyer.
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La villa de Poggio Reale.
(D’après la gravure de Serlio.;