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CHAPITRE III

l’ÉCOLE ROMAINE ET l’École NAPOLITAINE. — GIAN C1USTOFORO ROMANO ET

niccolô dell’ arca. — l’école vénitienne. — les lombardi et leo-

PARDI. — l’ÉCOLE DE PADOUE. — l’ÉCOLE MILANAISE.

’Ombrie, qui à tant d’autres égards formait la transition naturelle entre Sienne et Rome, continua, dans le domaine de la sculpture, à se renfermer dans une abstention soit voulue, soit involontaire.

A Rome, malgré l’apparition de novateurs tels que Verrocchio et Pollajuolo, les sculpteurs restèrent longtemps attachés aux traditions des Éclectiques, et en particulier de Mino de Fiesole', dont l’influence alternait avec celle du classique Paolo Romano. La noblesse et la pureté, telles furent les qualités distinctives des innombrables tombeaux élevés pendant cette époque. C’est dans la sculpture funéraire, en effet, que l’École romaine ou plutôt l’agglomération des maîtres fixés à Rome se distingua principalement. — Aussi Andrea Sansovino (p. 49-3) trouva-t-il le terrain merveilleusement préparé lorsqu’il tenta la fortune dans la Ville éternelle et qu’il y créa les tombeaux des cardinaux

I. Sur les travaux exécutés à Rome par Mino, voy. la très complète monographie récemment publiée parle comte Gnoli dans YArchivio storico dell’ Arte, 1889-1890.

A. Sfor?a et G. Basso, le groupe de la Sainte Anne. En un mot, les éléments indigènes, malgré le talent d’un Gian Cristoforo Romano, ne parvinrent pas à se Etire jour; les éléments étrangers d’autre part ne se fondirent pas en un effort commun, en un tout homogène, comme à Venise par exemple. Puis, tout à coup, presque sans transition, de ce style trop placide l’Ecole romaine passa aux exagérations de Michel-Ange et de son entourage. Que de chefsd’œuvre d’ailleurs exécutés par le maître à Rome pendant cette période, dont la Pietà (1498) d’une part, le malencontreux Christ de la Minerve de l’autre, marquent les limites!

Ici comme dans l’architecture, nous avons également à compter avec les essais de Raphaël : à diverses reprises, il prit en main l’ébauchoir. Son Jonas est une œuvre distinguée, mais un peu molle, et d’un modelé un peu sommaire. Sur Y Enfant au Dauphin, nous manquons d’informations absolument concluantes1. Raphaël composa en outre un projet de monument funéraire destiné à la marquise Isabelle d’Este2 3.

Une apparition tout à fait sympathique est celle du sculpteur romain Gian Cristoforo, dont la personnalité commence seulement à se dégager de la pénombre.

Gian Cristoforo Romano ", l’interlocuteur de Baldassare Castiglione dans le Courtisan, le sculpteur attitré d’Isabelle d’Este, grand connaisseur d’antiquités et grand amateur de musique, avait pour père le sculpteur Isaia de Pise (t. I, p. Êpq); il était par conséquent Toscan d’origine. Né à Rome, probablement vers iq65, il reçut les leçons de son père et de Paolo Romano. On ignore quels furent ses débuts : en 1491, on le trouve à Milan, au service de Ludovic le More, à qui la marquise Isabelle d’Este le redemande ; peu de temps auparavant il avait exécuté le portrait en marbre de la jeune Beatrix d’Este, probablement identique au buste conservé au Louvre.

Vers la même époque, Gian Cristoforo travaillait pour Marchesino Stanga (M. Venturi lui attribue, sinon l’exécution, du moins l’invention des ornements de la porte du palais Stanga de Crémone, aujourd’hui au Louvre) et pour la Chartreuse de Pavie. Il commença pour ce sanctuaire le mausolée de Jean Galéas Visconti, travail pour lequel il devait recevoir 8100 livres et qui^ l’occupa de 1491 à 1497. Ce mausolée, qui porte l’inscription « Joannes Cristophorus Romanus faciebat », n’est toutefois pas son œuvre exclusive : l’artiste romain eut pour collaborateur Benedetto Briosco (en i56q, le sculpteur Galeazzo Alessi de Pérouse acheva diverses parties du monument; les deux figures assises près de la statue du duc n’ont même pris naissance que plus tard).

1. Raphaël, sa vie, son œuvre et son temps, 2“ édit., p. 5p6.

2. De Geymüller, Raffaello Sanpo studiato corne architetto, p. 86-96.

3. Bibl. : Valton, Gian Cristoforo Romano, mèdailleur italien. Paris, 1 885. — De Fabriczy : le Courrier de l'Art, 1886, p. nS-ity. — A. Venturi : Archivio slorico delV Arle, 1888.

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