‹ Histoire de l'art pendant la renaissance (volume 2)Chapitre 191 sur 284 · GIAN CRISTOFORO ROMANO · texte numérisé non relu

GIAN CRISTOFORO ROMANO

Vers 1498, Gian Cristoforo modela la médaille à' Isabelle d'Este , son chefd’œuvre, digne pendant du carton dessiné par Léonard de Vinci (p. 278, 281). Il ne serait pas impossible qu’il eût sculpté pour la marquise la porte de marbre de son « Studiolo » du palais de Mantoue, avec des médaillons imités de l’antique.

Entre i5o2 et i5o5, selon toute probabilité, prit naissance, dans l’église San Vincenzo, à Crémone, le monument de P. -F. Trecchi (-J* i5o2). Les génies nus assis près du mausolée offrent un certain archaïsme, je veux dire de la lourdeur et de la raideur, qui sent passablement le Primitif, en même temps qu’ils révèlent une étude assidue de l’antiquité. Les gestes manquent de liberté, mais n’est -ce pas là une des caractéristiques de l’enfance?

Quant aux arabesques, rinceaux et autres ornements , ils se distinguent par une recherche excessive de la pureté et de la symétrie, par je ne sais quoi de timoré.

En i5o5, Gian Cristoforo se rend de nouveau à Milan. La même année, il fournit à la marquise Isabelle le dessin du mausolée de la bienheureuse Osanna pour l’église San Domenico de Mantoue, monument dans lequel l’architecture tient peut-être une place trop prépondérante. Cette année est en outre marquée par un voyage à Rome, où notre artiste exécute la médaille de Jules II. Gian Cristoforo passa dans sa ville natale l’année i5o6 et une partie de l’année i5o~. En i5cr nous trouvons le maître à Naples, occupé à modeler la médaille d 'Isabelle d'Aragon, une de ses moins heureuses productions. En i5o8 et en i5oq, nouveau séjour à Rome. En 1 5 1 0, il s’établit à Lorette, en qualité de vérificateur des travaux du sanctuaire. Peut-être est-ce de cette ville qu’il fit à la cour d’Urbin l’excursion qui a laissé une trace dans le Courtisan de Castiglione, et qui semble avoir été également marquée par l’exécution de deux médailles : celle de la duchesse Élisabeth et celle de sa parente Emilia Pia de Feltre.

Quoique miné par le mal cruel qui fit à cette époque tant de victimes illustres, Gian Cristoforo Romano conserva jusqu’au bout l’aménité de son

caractère. Il mourut jeune encore, le 3i mai l5i2, à Lorette, et fut enterré dans le sanctuaire dont il dirigeait la restauration. — Il laissait une petite collection de médailles (34 en bronze, 87 en argent), de camées, de pierres gravées, etc., qui fut vendue, conformément à ses intentions, pour faire dire des messes.

En abordant l’histoire de la sculpture dans le royaume de Naples1, nous avons à compter avec des ditticultés analogues à celles qui nous ont arrêté dans l’histoire de l’architecture : à peine commence-t-on à être fixé sur la réalité de certains noms que nous ont conservés les chroniques locales. Le lecteur comprendra que nous hésitions à nous aventurer sur ce terrain brûlant : nous avons d’ailleurs déjà fait connaître (t. I, p. 112; t. II, p. 264) la plupart des artistes qui ont vers cette époque marqué leur trace dans l’Italie méridionale : Francesco da Laurana, Tommaso Malvito de Côme (identique, d’après une conjecture de M. Courajod, au collaborateur de Francesco da Laurana dans l’exécution du retable de la Major à Marseille), puis Benedetto da Majano, Andrea Ferrucci, le Modanino, et le fameux sculpteur en bois Fra Giovanni de Vérone. Le sculpteur romain Gian Cristoforo Romano traversa également Naples en i5o~ (voy. p. 5 17). Mais il semble n’avoir marqué son passage que par l’exécution de la médaille, assez terne, de la duchesse Isabelle d'Aragon, la veuve de Jean Galéas Sforza.

Parmi les sculpteurs originaires du royaume de Naples, nous devons signaler, outre Niccolô dell’ Area, que nous retrouverons tout à l’heure dans le paragraphe consacré à Bologne, outre Giovanni Merliano de Noie (7 1 558) et Girolamo da Santa Croce (f 1 53 7 ) que nous réservons pour notre troisième volume, le Cicilia, l’auteur du tombeau de Luigi Tornabuoni (vers 1 5 1 5), dans l’église San Jacopo in Campo Corbolini, à Florence. On vante la finesse de cet ouvrage. Vers i53o Cicilia travailla dans l’atelier de Baccio da Montelupo1’. Il prit en outre part, avec son compatriote Girolamo Santa Croce, à l’exécution du mausolée du Cardinal Xirnenès.

Un autre sculpteur — absolument inconnu — un certain Gasparo da Napoli, modela vers i5oo un bas-relief en bronze, — un Saint Jérôme, qui se trouve aujourd’hui au Musée de Berlin’'.

Dans les Abruzzes, nous avons à compter avec le sculpteur Silvestro Ari-

1. Bibl. : Les ouvrages de Schultz ( Déni mater der K/inst des Mittelalters in U iiter italien) et de Perlons (les Sculpteurs italiens et Historical Handbook of italian Sculpture') sont malheureusement déjà arriérés. Quant à ceux de M. Bindi (Artisti abruz^esi et Monumenti storici ed artistici degli Abritzzf), ils ne témoignent pas sur tous les points d’une critique assez pénétrante.

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