‹ Histoire de l'art pendant la renaissance (volume 2)Chapitre 265 sur 284 · LE MOBILIER · texte numérisé non relu

LE MOBILIER

Avec la sculpture en bois nous touchons à l’art du Mobilier.

Les meubles quittent de plus en plus les profils du moyen âge, tantôt trop rigoureusement architecturaux, tantôt trop fantaisistes, pour revêtir des formes à la fois aisées, amples et distinguées. Aux sièges fixes, richement sculptés ou incrustés, dans le genre des stalles, ou du trône de Julien de Médicis (attribué à Baccio d’Agnolo)1, font pendant les fauteuils recouverts de velours, comme celui de Sixte IV dans la fresque de Melozzo da Forli, de Jules II ou de Léon X dans les portraits de Raphaël. Pendant toute cette période, la polychromie était inséparable du mobilier. Tantôt on décorait les lits, les bahuts, les coffres et les tables de véritables tableaux à l’huile, tantôt on les enrichissait de précieuses sculptures et marqueterie en bois, dont le contrat conclu en 1488 avec l’ébéniste Niccolô Paoletti peut donner une idée (II Buonarroti, 1887, p. qo3).

La marqueterie continua pendant cette nouvelle étape à captiver la faveur des amateurs en même temps qu’à s’enorgueillir de la participation d’artistes véritablement éminents; les uns architectes célèbres, tels que les Majano, les San Gallo, Baccio Pontelli, Baccio d’Agnolo; les autres, dessinateurs du goût le plus pur, qui surent s’assurer l’immortalité dans cette technique si minutieuse : les Barile de Sienne (p. 226), Fra Giovanni de Vérone

Epreuve tirée sur un manche de couteau niellé.

Couteau niellé du xvi“ siècle.

(Collection Spilzer.)

La coutellerie se transforme de son côté en une branche de l’art. On ne se contente pas de donner aux couteaux les formes les plus élégantes et les plus pures : on incruste les manches de pierres de couleur, par exemple de lapis-lazuli, d’émaux et surtout de nielles (Duchêne décrit une quinzaine d’épreuves tirées sur des manches niellés et représentant tantôt des arabesques, tantôt une tête de Méduse, tantôt des instruments de musique, ou encore le Triomphe de Jules César , le Triomphe de Neptune , Y Histoire d’Holopherne, etc.). Plus souvent encore, on grava ou incrusta sur les manches les armoiries des possesseurs. Quant aux lames, elles se couvrirent, comme les armures, de riches damasquinures (voy. les gravures de la page 32).

le mystérieux Ercole, dans lequel on a cru d’abord reconnaître Hercule de Pesaro, mais qui. d’après une découverte récente de M. Yriarte, est identique à Ercole dei Fideli de Ferrare.

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