‹ Histoire de l'art pendant la renaissance (volume 2)Chapitre 30 sur 284 · II. Italie. L’Age d'Or · texte numérisé non relu

II. Italie. L’Age d'Or

R. Müntz.

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ateliers ou boutiques d’artistes, renfermaient des milliers de marbres, de bronzes, de pierres gravées, d’ « anticaglie » de toute sorte, depuis la fameuse collection du cardinal Grimani, qui alla plus tard enrichir Venise, sa ville natale, jusqu’à celles d’amateurs obscurs, entraînés aux plus lourds sacrifices par l’enthousiasme universel.

Pour nous faire une idée de la prodigieuse accumulation de statues et de bas-reliefs antiques dans les musées, les palais, les maisons de Rome, pendant le premier quart du xvi° siècle, il suffit de parcourir YOpusculum de Mirabilibus urbis Romœ d’Albertini ( 1 5 1 o) , les Epigrammata an tiqua Urbis de Mazzocchi ( 1 5e i ), les Antiquaria d’Andrea Fulvio ( 1 5 1 3) et les Antiquitates Urbis du même auteur (ifiep). Et que sera-ce quelque vingt ou trente années plus tard, lorsque Aldrovandi publiera son catalogue Delle Statue antiche per tutta Rcnna in diversi luoghi si veggono ( 1 556) !

Ne quittons pas la Ville éternelle sans signaler les services que rendirent à l’art les investigations ou les fouilles entreprises dans les édifices antiques, tels que les Thermes de Titus : elles révélèrent aux artistes de la Renaissance cette branche si intéressante de l’ornementation à laquelle ils donnèrent le nom de Grotesques.

En dehors de Rome et de Florence, on trouvait des choix plus ou moins riches de statues et de bas-reliefs, plutôt que des Musées dignes de ce nom. A Ferrare, les princes d’Este avaient formé uqe série très nombreuse de médailles ou de pierres gravées; mais de marbres, peu ou point. A Mantoue, la marquise Isabelle, malgré ses efforts persévérants, ne parvint à réunir que quelques morceaux d’élite. Venise n’entra en possession d’une collection véritable qu’en 1 523, grâce a la munificence du cardinal Grimani, qui fit don a la République des belles antiques conquises a Rome. A Milan, Ludovic le More possédait quelques statues isolées, mais non un ensemble comparable à ceux des Papes ou des Médicis. Il tenta l’impossible pour conquérir les dépouilles de ces derniers, mais sa tentative échoua.

Bon nombre d’artistes se firent collectionneurs : l’orfèvre Antonio da San Marino possédait une statue de Venus , Mantegna une Faust ine, ses beauxfrères, les Bellin, un buste de Platon et un torse de Vénus, qu’ils attribuaient, est-il nécessaire de l’ajouter, a Praxitèle. Faute de mieux, on se contentait, comme Antonio da San Gallo, d’une pierre gravée pouvant servir de cachet h

Certains archéologues s’occupaient aussi dès lors de former des séries iconographiques. En 1 5 1 7, Andrea Fulvio publiait a Rome, sous le titre de lüustrium Imagines, un recueil de gravures reproduisant d’après les médailles les portraits

I. Lettere pittoriche, édit. Ticozzi, t. VIII, p. cç-33. — Catalogue de la collection cT Autographes de M. B. Fillon, séries IX et X, n° C099.

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