‹ Histoire de l'art pendant la renaissance (volume 2)Chapitre 46 sur 284 · Italie. L’Age d’Or · texte numérisé non relu

Italie. L’Age d’Or

le Triomphe de Pan, au Musée de Berlin : on ne saurait concevoir une composition plus heurtée, plus incohérente, avec moins de lien entre les figures. De tels tempéraments eussent mieux fait d’en prendre résolument leur parti et, les réminiscences ne pouvant que les gêner, d’être franchement les hommes de leur pays et de leur temps.

La peinture décorative contracta, elle aussi, une nouvelle dette envers l’antiquité. La découverte des Grotesques l’éblouit et la fascina pour un temps. Du moins, plus vaillants et mieux inspirés que les sculpteurs, les peintres s’eflorcèrent-ils de s’assimiler ces motifs qui pouvaient agrandir considérablement le domaine de l’ornementation, mais à condition qu’on y ajoutât une note personnelle et véritablement moderne. Le succès couronna leurs efforts. L’historien des arts en Italie, notre brave ami messire Giorgio Vasari, ne s’est pas trompé en plaçant les Grotesques de Jean d’Udine à côté, voire au-dessus de celles des Thermes de Titus. Il rend le même témoignage à Andrea Feltrini, l’élève de Morto da Feltro : « Ses grotesques, déclare-t-il, sont plus grandes, plus riches, plus pleines que les grotesques antiques; cet artiste les relia d’après des règles plus justes, et y ajouta des figures telles qu’on ne les voit ni à Rome ni ailleurs. »

Composition allégorique de Léonard de Vinci. (Bibliothèque de Windsor.)

Frise en terre cuite modelée par Caradosso. (Église San Saliro à Milan.)

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