Weiss, Kostüm-Kunde, p
3. Heiss, les Mèdailleurs de la Renaissance ; Niccolo, pl. VII, n° 4; pl. VIII, n° 1.
LE COSTUME
tache seule. En ce qui concerne la chevelure, on continua de la porter longue : c’est ce que les Italiens appellent la « zazzera ».
La longue robe de laine, de satin ou de brocart — lévite, simarre, dogaline, comme on voudra l’appeler — continue à former le costume de cérémonie par excellence; elle pouvait à la rigueur tenir lieu de tout autre vêtement, puisqu’elle recouvrait le corps, du cou aux pieds. On la garnit de manches plus ou moins larges, plus ou moins échancrées, de fourrures plus ou moins riches. L’apparition à Bologne, au milieu de la cour de Léon X, de François Ier en jaquette courte, « brevibus vestibus vestitus », fut un vrai coup de théâtre.
La robe, vêtement solennel, gênant au possible, disparaît par contre dans la vie civile. On la remplace par des tuniques ou par des jaquettes d’une longueur variable, avec des manches plus ou moins bouffantes et des crevés, ce qui les distingue de l’ancienne veste, essentiellement collante. Cette jaquette, d’ordinaire échancrée à la hauteur du cou, laisse à découvert une chemise finement plissée.
La ceinture reçoit les plus riches ornements et jusqu’à des nielles Par-dessus la jaquette on jette soit un mantelet, soit un manteau ample et souple, drapé avec cette négligence apparente qui est le comble de l’art. Les cols de lourrure, rort rares pendant l’ère précédente, gagnent en faveur (portrait du Joueur de violon de Raphaël).
Les artistes du commencement du xvT siècle ayant surtout laissé des portraits à mi-corps, on éprouve quelque difficulté à déterminer rigoureusement la coupe des hauts-de-chausses, culottes et jambières. A 11e consulter que Signorelli, dans ses fresques de Monte Oliveto et d’Orvieto, on aurait abusé à ce moment des chausses mi-parties, avec une braguette et des aiguillettes nouées autour du genou. D’après Filippino Lippi, au contraire (Adora lion des Mages, au Musée des Offices), la mode aurait été aux pantalons bouffants, renouvelés de ceux que portent sur les arcs de triomphe les prisonniers barbares. La vérité est à chercher entre ces deux exagérations.