Schmarsow, MeJo^o da Forli, p
d’une médaille ou d’une plaquette, et qu’il fit usage de guêtres françaises de velours noir (des gamaches) et de bottines de couleur incarnat, une telle prédilection s’expliquait sans peine par les relations de ces princes avec Louis XII. Mais pour qu’un artiste étranger tel qu’Albert Diirer fit à Venise, en i5o6, l’acquisition d’un manteau français, accompagné d’un veston « welche », il fallait que nos modes eussent pénétré jusque dans la bourgeoisie. Les femmes 11e tardèrent pas, dans cet engouement, à rivaliser avec les hommes. Ne sait-on pas qu’elles ne font rien à demi! En i5o8, lors de son mariage avec un Colonna, une nièce du pape Jules II portait une robe « alla francese » en satin blanc, toute déchiquetée, avec du brocart dessous'.
Il ne faudrait pas toutefois s’exagérer l’étendue des infiltrations étran-
gères : nous avons le plaisir temps l’Italie sut se tenir Il n’entre pas dans mes vues les modifications apportées à le siècle de Léon X. C’est nons-nous à quelques traits par-
de constater que pendant longlibre du joug espagnol1 2 3, de décrire une à une toutes la toilette et à la parure par affaire à un archéologue. Borticulièrement caractéristiques.
Le Costume au commencement du xvi" siècle.
Dessin pour nielle attribué à G. Francia. (Musée de Lille.)
La coiffure se métamorphose la première. Les couvre-chefs bizarres et souvent disgracieux du siècle précédent font place à des toques aux bords plus ou moins relevés, plus ou moins échancrés, ornés de médailles ou de plaquettes en bronze, à des barettes, à des chapeaux de feutre. Les chaperons ont vécu; le turban ne paraît plus que de loin en loin, et encore s’est-il considérablement modifié (portrait de B. Castiglione, par Raphaël; de l’Arétin, par Marc-Antoine; gravés ci-dessus, p. 49 et 61). Le passage d’une mode à l’autre est palpable sur les médailles d’Hercule d’Este : dans celles du xve siècle, ce prince porte encore constamment un bonnet conique; dans celles du commencement du xvf siècle (i5o5), un bonnet carré, un mortier ou une barette". Signalons aussi, dans le costume militaire, la disparition des casques extravagants que Léonard avait encore donnés aux combattants de la Bataille d’Anghiari.
Le port de la barbe, encore si rare au xv° siècle (voy. t. I, p. 320-32 1), se généralise de jour en jour, surtout grâce à l’initiative prise par Jules II, qui laissa pousser la sienne lors de son voyage à Bologne, en septembre i5io. Bientôt elle devint comme obligatoire pour les papes (Clément VII, Paul III, Sixte-Quint, etc.), pour les cardinaux, pour les doges, pour tous les personnages de marque. Il était, par contre, sans exemple que l’on portât la mous-
1. Gregorovius, Lucrèce Borgia, trad. française, t. II. p. 2.5. — Thausing, Lettres d'Albert Diirer, p. 17. — Ademollo, Alessandro VI, Gi/ilio II e Leone X net Carnevale di Roma, p. 3l.