II. Italie. L'Age d'Or
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van ni Cavalcanti, Ugolino Verino et une foule d’autres écrivains distingués. C’est devant elle que Diacceto lut son Traite du Beau , Alamanni quelquesunes de ses Selve ; c’est en se promenant sous les ombrages des « Orti Oricellarj » et devant ce peuple de statues, témoins du passé, que Machiavel composa ses immortels Discours sur les Décades de Dite Live et son Art de Guerre, si pleins de l’esprit des anciens Romains.
Quoique les Académies d’alors, comme celles d’aujourd’hui, se rentermassent dans les études contemplatives, les membres de l’Académie platonicienne sortirent une fois, une seule fois, de la réserve que leur imposait jusqu’au nom de leur patron : en 1 5 1 2 ils prirent la plus grande part à la révolution qui rendit le pouvoir aux Médicis.
En i5i6, Léon X, de passage à Florence, voulut honorer de sa présence les réunions de cette Société qui lui rappelait les plus nobles distractions de son jeune âge. Son cousin Jean Ruccellai, le fils de Bernard, composa et fit représenter en son honneur Rosmunda, la seconde en date des tragédies italiennes '.
A partir de 1 5 1 2 les Médicis rentrent en scène : Léon X, Julien, son frère, Pierre et Jules, ses neveux, sans égaler les mémorables fondations de leurs ancêtres, encouragent l’art sous toutes ses formes. Tantôt c’est le concours pour la façade de l’église Saint-Laurent, tantôt la décoration du grand salon de Poggio a Cajano, puis les commandes de tombeaux, ou encore les fêtes du carnaval de 1 5 1 3. Le cardinal Jules de Médicis se consacra plus particulièrement à l’embellissement du palais de la via Larga : il envoya Jean d’Udine de Rome à Florence pour orner un des salons de grotesques et de stucs; il commanda à Rustici une statue de Mercure ainsi qu’une statue de David, à Bandinelli une statue d 'Orphée, etc.
Si nous voulions descendre aux « arti minori », que de merveilles, depuis les orgues de Santa Maria Novella, sculptées par Baccio d’Agnolo, jusqu’aux lanternes en fer forgé du palais Strozzi, depuis les terres cuites des délia Robbia, dont l’atelier prospérait plus que jamais, jusqu’aux antiphonaires du dôme, enluminés par Gherardo, par Monte di Giovanni, Attavante, Boccardino et Fra Eustachio!
La gravure elle-même, longtemps si hésitante dans le choix de ses sujets, voulut se consacrer à l’illustration de la cité ; le grand plan de Florence reproduit dans notre premier volume prit naissance vers cette époque.
On trouvera dans les sections consacrées à l’architecture, à la sculpture, à la peinture et aux arts décoratifs la description des œuvres d’art de toute sorte —
t. Passerini , Curiosità storico-artistiche florentine, ir-' série. Florence, 1866. — Sismondi, t. XIV, p. 261.
FLORENCE
palais, tombeaux, fresques, tableaux de chevalet, etc., etc. — nées sur les bords de l’Arno pendant cette ère d’incomparable fécondité.
Un mot seulement encore ici d’une branche de l’art à laquelle il a été fait de nombreuses allusions dans les chapitres précédents (p. 32, 3q, 35, 37, 41, etc.), et qui jeta un éclat tout particulier à Florence : je veux parler des fêtes, des cérémonies, de la décoration temporaire, il serait plus juste de dire de la décoration éphémère, car quoi de plus navrant que de voir ces merveilles d’imagination et de goût disparaître avec la circonstance qui en a été le prétexte ! Nulle ville n’y brilla autant que Florence, qu’il fût question de banquets, de mascarades, ou d’entrées solennelles ; mais à Florence même une fête éclipsa toutes les autres : l’entrée de Léon X, au mois de novembre 1 5 1 5 .
Cette cérémonie imposante entre toutes fut digne de ce fils de Laurent le Magnifique et digne de Florence : c’est tout dire. Jamais, ni dans l’antiquité, à laquelle la Renaissance en ceci n’eut rien, absolument rien à envier, jamais les temps modernes , t accueili par un concours aussi extraordinaire d’artistes célèbres : des architectes tels que
Antonio da San Gallo le vieux, Aristotele da San Gallo et Jacopo Sansovino, des sculpteurs tels que Baccio da M011telupo, Baccio Bandinelli, des peintres tels que Andrea del Sarto, Pontormo, Granacci, le Rosso, Andrea Feltrini, Perino del Vaga, des décorateurs tels que Giuliano del Tasso. L’architecture, la sculpture, la peinture rivalisèrent d’efforts, et s’il y eut entre elles de l’émulation, il n’y eut pas de vaincus1.
On admirait tout d’abord les deux baldaquins, l’un de damas blanc avec des fleurs d’or, destiné au Saint-Sacrement, l’autre, de drap d’or, pour le Pape. Le ciel de ce second baldaquin était orné de grotesques peintes par Andrea Feltrini, tandis que les armoiries du Pape et de l’Eglise se développaient sur les rideaux. Cent jeunes gens à pied, richement vêtus et tenant des baguettes dorées, cent autres à cheval, figuraient dans l’escorte, qui fut ce que l’on peut penser, quoique les misérables questions d’étiquette, si fréquentes dès lors en Italie, faillirent plusieurs fois compromettre l’harmonie.
I. Moreni, de lngressu suiinni Pont. Leonis X Florentiain, descriptio PariJis de Gi assis. Florence, 1793. — Vasari, pas sim.
non plus dans souverain ne fi
De distance en distance, on avait élevé douze arcs de triomphe, sur lesquels on avait prodigué toutes les inventions du génie florentin, des statues et des peintures colossales, telles que cette figure de sept brasses de haut dessinée par Perino del Vaga. Les chœurs installés sur ces monuments (« Cantilenæ diversæ », dit le maître de cérémonies pontifical, Paris de Grassis) causèrent un plaisir infini au Pape, qui était grand amateur de musique. Entre les arcs, se dressaient des édifices imités de ceux de Rome antique, l’obélisque vulgairement appelé « Meta di Romolo », une colonne triomphale, analogue à celle du Champ de Mars, un temple octogonal, construit sous la direction d’ Antonio da San Gallo le vieux, une statue équestre dorée analogue à celle de Marc-Aurèle. Puis partout, sur les places et dans les rues, des statues improvisées, telles que cet Hercule colossal modelé par Baccio Bandinelli pour la Loge des Lanzi. A la cathédrale, par une attention délicate, [acopo Sansovino, Andrea Feltrini et Andrea del Sarto avaient mis en œuvre le projet de décoration autrefois imaginé pour la façade par Laurent le Magnifique, le père de Léon X, et cette façade, en bois, reçut pour ornements des figures en grisaille et des grotesques.
Que reste-t-il de tant de merveilles? La description de Vasari et peut-être deux ou trois esquisses. Seules les époques privilégiées peuvent se permettre de semer ainsi au vent leurs trésors, persuadées qu’elles sont qu’elles les remplaceront sans peine. Le moment n’était pas éloigné où la moindre entrée princière allait donner naissance, en Italie aussi bien qu’en France et dans les Pays-Bas, à de somptueuses monographies. Mais on aurait cherché en vain alors des Andrea del Sarto, des Jacopo Sansovino, des Pontormo, pour élever les arcs de triomphe ou pour décorer les baldaquins.
L’activité fébrile des Florentins relégua dans l’ombre les efforts des autres villes de la Toscane, à l’exception de Sienne, qui tint brillamment tête à sa rivale séculaire. Et cependant, parmi les vingt ou trente villes de cinquième ou de sixième ordre qui s’échelonnent en Toscane, il n’en est pas une qui, en appelant quelque artiste de marque, ne se soit créé un titre à la reconnaissance de la postérité.
Voici d’abord les vaillants villages de tailleurs de pierres situés au nord de la métropole (voy. t. I, p. 194) : ils s’enrichissent à peine de quelque retable ou tabernacle, mais en revanche combien de recrues n’envoient-ils pas à l’Ecole florentine! Fiesole donne le jour à Francesco di Simone Ferrucci; à Michèle Maini, l’auteur de la statue de Saint Sebastien, dans l’église de la Minerve, à Rome; à Andrea Ferrucci, le plus célèbre de tous; puis à Maso Boscoli, à Silvio Cosini, à Gicilia, élèves d’Andrea. De San Martino a Mensola sortent les juste, qui firent fortune dans notre pays; de Settignano, Simone Mosca; de Majano, les deux frères Giuliano et Benedetto.
Plus au Nord, Prato, si intimement liée à l’histoire de la Première Renais-
PRATO ET P1STOJA.
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sance, se repose sur ses lauriers. Rappelons seulement la construction de la belle église de la « Madonna delle Carceri », commencée en 1485 d’après les plans de Giuliano da San Gallo (t. I, p. 71).
Pistoja, par contre, longtemps languissante, reprend un certain essor. Si ses concitoyens, le sculpteur-ornemaniste Benedetto da Rovezzano, si les peintres Gerino et Fra Paolino, à qui l’on attribue d’ordinaire le beau groupe de la
Miniature exécutée par Altavante pour le roi Mathias Comn.
(Bibliothèque royale de Bruxelles.)
Visilaiion, dans l’église San Giovanni Fuorcivitas (en 1488, le nombre des peintres fixés à Pistoja s’élevait à onze), sont loin de briller au premier rang, un autre artiste originaire de Pistoja, l’architecte Ventura Vitoni, met en pratique dans sa patrie, avec beaucoup de talent, les principes de son maître Bramante, notamment dans la belle église octogonale de l’Umiltà, dont le portique et le chœur datent de iqq5, la partie centrale de i5og. Comme ouvrages d’art commandés à des Florentins, nous avons à enregistrer les fameux bas-reliefs en terre cuite émaillée de l’hôpital « del Geppo », par des artistes de l’école des délia Robbia, diverses peintures de Lorenzo di Gredi, a chapelle baptismale en marbre de San Jacopo par Andrea Ferrucci.
Quant à Lucques, malgré son hostilité permanente contre Florence, elle subit entièrement son ascendant dans le domaine de l’art. Le seul artiste indigène qui y fit quelque figure fut le sculpteur Matteo Civitale, au talent aussi pur que glacial. Pour ce qui est des artistes étrangers, cette République en miniature fit appel à Baccio da Montelupo, qui y construisit entre autres l’église S. Paolino, à Filippino Lippi, à Fra Bartolommeo, au Francia, etc.
Plus loin, du côté de la mer, Pise retomba dans son inertie, comme si le long effort tenté pour les fresques de Benozzo Gozzoli l’avait épuisée. Elle avait d’ailleurs mieux à faire que de commander des statues ou des tableaux : il s’agissait pour elle de défendre sa liberté, subitement reconquise, et la longue lutte de l’infortunée cité contre Florence prouva quels trésors de vitalité elle renfermait encore. Nous n’avons à y signaler, pour la période qui nous occupe, qu’une Assomption de la Vierge par Botticelli, laissée inachevée, des peintures de Sogliani, puis de Perino del Vaga et enfin du Sodoma.
Volterra, si cruellement éprouvée par le siège et le sac de 1472, dut se borner à commander quelques peintures à Signorelli et à Balthazar Peruzzi, et des lonts baptismaux à Andrea Sansovino (ifioe).
La partie méridionale de la Toscane déploya infiniment plus d’ardeur. Les admirateurs de la Renaissance devront taire de longues stations à Arezzo, à Cortone, à Montepulciano.
Pendant la période comprise entre l’apparition de Laurent le Magnifique et la mort de Léon X, Arezzo fournit au contingent de l’Ecole toscane un certain nombre de recrues intéressantes : les peintres Domenico Pecori, Giovanni Antonio Lappoli, le sculpteur Zacchia ou Zaccheria dit de Volterra. Elle occupa en outre quelques artistes étrangers de mérite, dom Bartolommeo délia Gatta, Luca Signorelli, qui y travailla à partir de 1472, Niccolô Soggi, Francesco l’Indaco, et surtout notre compatriote, l’éminent peintre-verrier Guillaume de Marcillat, qui y fixa sa résidence en 1 5 1 9.
San Gimignano ne croyait pas avoir assez lait en conquérant l’admirable cycle de tresques de Benozzo Gozzoli, F Histoire de Saint Augustin ; elle fit appel au talent de Benedetto da Majano pour orner la cathédrale et l’église Saut’ Agostino de diverses sculptures ornementales, et au talent de Domenico Ghirlandajo pour peindre, entre autres, Y Histoire de Sauta Fina (1474 et années suivantes). Piero del Pollajuolo (1483), Pinturicchio et Fra Paolino de Pistoja vinrent à leur tour y exécuter quelques peintures Cette vaillante petite cité, qui maintint si ferme le drapeau de l’art, s’honore en outre d’avoir donné le jour aux peintres Bastiano Mainardi, un des collaborateurs de D. Ghirlandajo, et Vincenzo Tamagni, un des élèves de Raphaël.
1. Article de M. Baldoria dans YArchivio slorico clcll’ Arte, 1890, p. 35-68.
L’Hôpital « del Ceppo » a Pistoja.
Dans les mêmes parages, pour avoir quelque peu tardé, les moines de Vallombreuse n’en tombèrent pas moins sur des maîtres distingués : ils obtinrent du Pérugin Y Assomption et deux portraits superbes (Académie de Florence), et de Benedetto da Rovezzano le tombeau de saint Gualbert (i5o6).
Mais que dire des moines de Camaldoli qui attendirent, pour invoquer le secours d’un artiste, l’avènement de messire Giorgio Vasari! Les nombreuses
La Mort de sainte Monique, par Benozzo Gozzoli.
(Eglise Saint-Augustin à San Gimignano.)
peintures de sa main qui ornent aujourd’hui encore le sanctuaire du Casentin témoignent à la fois de la vénération de l’artiste pour les Camaldules et de la médiocrité de son talent.
Trop souvent, il nous faut nous borner à des énumérations de noms, mais il est des noms qui en disent long, et qui valent à eux seuls un éloge. C’est ainsi que, pour l’antique Cortone, il suffit de rappeler qu’elle donna le jour à Luca Signorelli, le peintre du Jugement dernier, et à Domenico Boccador, l’architecte de l’Hôtel de Ville de Paris, qu’elle chargea Francesco di Giorgio Martini de construire la célèbre église de la « Madonna del Calcinajo », et Guillaume de Marcillat, le prince des peintres-verriers de la Renaissance italienne, d’orner de vitraux plusieurs de ses églises ou palais.
MONTEPULCÏANO.
— MONTE SANSAYINO. 225
Au lieu de se disperser comme tant d’autres villes, Montepulciano concentra ses efforts sur la construction de la belle église de la Madonna di San Biagio, le chef-d’œuvre d’Antonio da San Gallo le vieux : elle eut la satisfaction d’élever dans un délai limité un monument complet et homogène, résultat difficile à obtenir même dans l’Italie de la Renaissance. San Gallo y créa en outre le palais Cervini-Argiolotto, le palais Bellarmini, le palais Nobili-Tarugi-Ilari. Un autre palais, celui du cardinal del Monte, tut commencé par Antonio da San Gallo et terminé par Baldassare Peruzzi.
Signalons encore quelques peintures commandées à Lorenzo di Credi, à Francesco Indaco, etc.
Monte Sansavino, patrie du célèbre sculpteur et architecte Andrea Contucci, surnommé Sansovino, s’enrichit d’un certain nombre de palais, élevés, croit-on, sur les dessins d’Antonio da San Gallo le vieux, de diverses peintures dues à Niccolô Soçrgi de Flo-
Ou
rence, à Ridolfo Ghirlandajo, également de Florence , à Battista Franco de Venise, à Bartolommeo délia Gatta d’Arezzo, ainsi que des sculptures qu’y laissa Andrea Sansovino.
Une mention, une simple mention, suffira pour les différentes autres cités de la Toscane : Pescia tut le berceau du fameux graveur en pierres dures Pier Maria et d’un amateur fort éclairé, Baldassare Turini, qui acquit pour sa ville natale la Vierge au baldaquin de son ami Raphaël (aujourd’hui au palais Pitti) ; Montelupo celui des sculpteurs Baccio et Raffaello. Quant à Borgo San Sepolcro, cette ville avait épuisé sa vitalité avec Piero délia Francesca ; elle éleva encore quelques palais, le tombeau de l’abbé Simone Grati (ÿ i5o8), presque littéralement copié sur le tombeau de Leonardo Bruni, et donna le jour à l’architecte Alberto, qui prit part au concours pour la façade de San Petronio, à Bologne; mais on n’y trouve plus de note caractéristique.
E. Müntz. — II. Italie. L'Age d'Or. :o
Église de la Madonna del Calcinajo, près de Cortone, Par F. di Giorgio Martini.
A la fin du xvc et au début du xvf siècle, Sienne, comme engourdie pendant un temps, sort enfin de sa torpeur et s’associe franchement au mouvement nouveau, tout en se gardant des excès qui signalèrent la Renaissance florentine. Sans renoncer à ce fond de mysticisme qui la distingua de tout temps, et sans cacher sa prédilection pour l’École ombrienne, elle se pénétra avec plus de finesse peut-être et dans tous les cas avec moins de sécheresse que les Florentins de l’esprit même de la Renaissance. Un tour plus libre, une grâce plus naturelle, une distinction plus haute, telles sont quelques-unes des qualités par lesquelles elle l’emporta sur sa rivale. Notons aussi la réputation de beauté dont jouissaient les Siennoises d’alors : en 149b, le roi Charles VIII, passant par Sienne, manifesta le désir de s’assurer par ses propres yeux si cette réputation était fondée. Cinquante dames des plus riches et des plus honnêtes, parées de leurs plus brillants atours, tinrent à honneur de se présenter devant le nouveau Paris et d’exécuter des danses qui transportèrent d’admiration le jeune monarque '.
Les noms d’architectes tels que Francesco di Giorgio Martini et Baldassare Peruzzi, de peintres tels que Giacomo Pacchiarotti (né en 1474), Girolamo del Pacchia (né en 1477), Beccafumi (né en i486), de décorateurs tels que les Barile et le Marrina (né en 1476), proclament la vitalité de cet antique foyer de l’art.
Mettant de côté l’amour-propre régional, les Siennois n’hésitaient d’ailleurs pas à appeler de près et de loin ceux qui leur paraissaient dignes de contribuer à l’embellissement de leur cité : Signorelli, qui y fit d’assez nombreuses apparitions (1498, 1006, 1609), le Pérugin et Pinturicchio, l’habile miniaturiste florentin Litti ou Lillifredi Corbizi, qui y travailla de 1494 à 1 5 1 5, le sculpteur Andrea Bregno, puis Michel- Ange, et enfin un peintre lombard qui, inféodé à sa nouvelle patrie, répandit en tous lieux sa gloire, Giovanni Antonio Bazzi, surnommé le Sodoma.
Le patronage de l’art pendant cette période se partage entre les autorités civiles, les corporations religieuses et un petit nombre de familles patriciennes, parmi lesquelles les Pétrucci, les Piccolomini, les Spannocchi, les Chigi, ont acquis des titres éclatants à notre gratitude.
Quoique l’embellissement de Sienne se poursuivit sur une échelle infiniment moins vaste que l’embellissement de Florence, on y constate plusieurs courants véritablement dignes de sympathie. C’est tout d’abord l’esprit de suite et de vénération ininterrompue avec lequel clercs et laïques se dévouèrent à la décoration de la cathédrale; leurs efiorts furent couronnés de succès : le dôme siennois est dix fois plus riche, plus complet, plus vivant que Sainte-Marie des Fleurs; quatre siècles durant les fidèles travaillèrent, non seulement avec libéralité, mais encore avec amour à le doter des œuvres d’art les plus rares,