‹ Histoire de l'art pendant la renaissance (volume 2)Chapitre 80 sur 284 · I. Histoire des Républiques italiennes, t. XIII, p. 92-Q · texte numérisé non relu

I. Histoire des Républiques italiennes, t. XIII, p. 92-Q

allégorique assise sur un trône et entourée de plusieurs femmes et enfants. Antonio Barile enfin sculpta les sièges destinés au palais, tandis que Gia-

La Vierge et l'Enfant Jésus. Terre cuite polychrome de l’École des délia Robbia. (Couvent de Monte Oliveto Maggiore.)

como Cozzarelli torgeait les célèbres porte-torches qui ornent la taçade.

Pandolfo Pétrucci fit en outre bâtir par Cozzarelli l’église et le couvent de Santa Maria (détruit en 1 520), agrandir l’église de San Spirito et celle de 1 Osservanza, où il choisit sa sépulture.

Depuis qu’Aeneas Sylvius Piccolomini avait été élevé au trône pontifical, sous le nom de Pie II, ses parents, dont l’un ceignit également la tiare, sous le nom de Pie III, n’avaient cessé de se consacrer à l’embellissement de Sienne, qu’ils considéraient comme une seconde patrie et qu’ils dotèrent d’une série de palais superbes (voy. t. I, p. 78). Ce qui prouve bien à quel point son neveu, le cardinal Francesco Piccolomini (le futur Pie III), affectionnait Sienne, c’est qu’il y fit transporter une des plus rares merveilles de la sculpture antique, l’honneur de son palais de Rome, le fameux groupe des Trois Grâces. Au dôme siennois, une série d’embellissements témoignent de son zèle éclairé. En iq85 il y fit décorer un autel par Andrea Bregno au prix de 2000 ducats d’or; en 149P il fit commencer la « libreria » destinée à recevoir les écrits de son oncle Pie II, avec sa riche façade sculptée par le Marrina, ses portes de bronze fondues par Antonio Ormanni (1497), ses boiseries sculptées et incrustées par Antonio Barde (1496); en i5oi il signa le contrat avec Michel-Ange pour l’exécution des statuettes d’apôtres; en 1002, enfin, le contrat avec Pinturicchio pour les fresques de la « libreria »

Les Spannocchi, famille de riches banquiers, en invitant le Sodoma à se fixer à Sienne, ont de leur côté Dit pousser un nouveau rejeton sur le vieux tronc de l’Ecole siennoise.

Quant à Agostino Chigi, il fut malheureux pour la gloire de Sienne que ce Mécène insigne quittât de bonne heure sa ville natale : c’est à Rome qu’il nous fiiut chercher les manifestations de sa magnificence et de son goût.

Pour compléter cette esquisse du mouvement des arts à Sienne à la fin du xve et au début du xvic siècle, rappelons encore les représentations dramatiques de 1’ « Accademia dei Rozzi » , cette Société d’artisans qui remit à la mode les scènes rustiques et qui eut l’honneur d’être plusieurs fois appelée à Rome par le pape Léon X pour jouer devant lui, à l’époque du Carnaval, au palais du Vatican.

Entre tous les couvents de la Toscane — et ils sont nombreux — qui sont devenus des foyers d’art, la palme revient à la maison mère de l’ordre des Olivétains, Monte Qliveto Maggiore ’, fondée au début du xiv° siècle par le bienheureux Bernardo Tolomei, dans une âpre solitude à quelques lieues de Sienne. Il n’est pas de pèlerinage plus digne d’attirer les fervents de l’art. Dès l’entrée du couvent s’offre â nous une superbe terre cuite polychrome

1. Milanesi, Document i per la Storia delf Arte setiese, t. II, p. 37. q58; t. III, p. 9. i3, 19 et suiv., 77. — Crowe et Cavalcaselle, Histoire de la Peinture en Italie, édit, allem., t. IV, p. 292.

2. Bibl. : Perini, Lettera sopra V Archicenobio di Monte Oliveto Maggiore. Florence, 1788. — Dont Grégoire M. Thomas, l'Abbaye de M ont - 01 ivet- Majeur . Florence; Lemonnier, 1881. — Le Tour du Monde, mai et juin 1882. — Les photographies de M. Lombardi de Sienne.

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