LES MARC HES ET LA ROMAGNE
s’honore surtout du séjour de son illustre concitoyen Melozzo (f 1494); 9ui n’hésita pas à abandonner la cour pontificale, au moment de l’avènement d’innocent VIII, pour suivre dans sa ville natale son protecteur le comte Riario. Un autre enfant de Forli, Marco Palmezzano, peignit, dans l’église de SS. Biagio et Girolamo, la chapelle Saint-Bernardin ou chapelle Feo. On rencontre en outre à Forli les peintres Niccolô Rondinelli de Ravenne, qui exécuta pour la cathédrale un Saint Sébastien assez guindé, sans souffle, avec un arc de triomphe au fond, Marco Valerio Morolini (i5o3), Gianbattista de Rositi (i5oo), Leone Cobelli (f i5oo)
Imola, patrie du peintre médiocre Innocenzo da Francucci (né vers 1494); ne
Statue funéraire de Guidarello Guidarelli. (Musée de Ravenne.)
se recommande à notre attention que par le palais Sforza, avec sa façade à bossages, dans le style florentin, et son beau cortile en briques, puis par la Madonna del Piratello, située à quelque distance de la ville, avec son tabernacle de marbre, digne — c’est le Cicerone qui le proclame — de Donato Bramante.
Quant à Faenza, Pesaro, Rimini, elles ne se font plus guère connaître que par leurs majoliques : c’est peu, mais c’est quelque chose encore.
A l’extrémité septentrionale de la Romagne, Ravenne1 2, quoique comptant parmi ses concitoyens quelques artistes distingués, le peintre Niccolo Rondinelli, le graveur Marco Dente, un des plus habiles élèves de Marc-Antoine (n’oublions pas non plus l’archéologue Marco Fabio Calvo, l’ami et le collaborateur de Raphaël), ne vécut que d’emprunts. Le tombeau de Dante a pour auteur le Vénitien Pietro Lombardi (1482); de même que les fresques dont s’enrichirent à ce moment plusieurs églises étaient dues à des peintres étrangers, Lorenzo Costa, Lorenzo Lotto, Ercole de Ferrare. Pour ce qui est du
1. Bibl. : Alvisi, Cesare Borgia, p. Sçq-SgS. — Schmarsow, Meloxjp da Forli.