‹ Histoire de l'art pendant la renaissance (volume 3)Chapitre 123 sur 257 · I . Edifices de Rome tuoderne · texte numérisé non relu

I . Edifices de Rome tuoderne

BRAMANTE

ensemble régulier et homogène. Sans renoncer à }• ajouter des constructions nouvelles importantes, par exemple les salles qui avoisinent les Chambres construites par Nicolas V et décorées par Raphaël, Jules II se proposa pour but principal de relier les unes aux autres les différentes parties, notamment le palais construit par Nicolas V, le palais construit par Innocent VIII, à côté de l'entrée de Saint-Pierre, et enfin le Belvédère, également construit par Innocent Mil. Il résolut de donner à l'espace entre le Belvédère et le Vatican la forme d'un théâtre rectangulaire et d'encadrer ainsi la petite

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F Tour de Nicolas V

G — Cour projetée duBelvédére H Ma dTnnocent Vm et dependso

I Escalier a limaçoa

K Nicchione et Belvédère, L^.j3rdiiis et BoSijTiets.

Plan général des travaux du Vatican et de Saint-Pierre. (D'après le Vatican de MJI. Letarouilly et Simil, ouvrage publié par la librairie Morel.;

vallée située entre l'ancien palais pontifical et le nouveau palais construit par Innocent Mil pour servir de résidence aux papes. Deux galeries ou loges bordant les côtés de cette vallée devaient relier les points extrêmes, des escaliers à rampes multiples conduire de la vallée jusqu'à la plate-forme du Belvédère.

Ayant fait choix de Bramante, celui-ci construisit d'abord la galerie de droite, imitant dans les proportions de ses ordres celles du théâtre de Marcellus. Les arcades des étages inférieurs ont leurs pieds-droits ornés de pilastres doriques. L'étage au-dessus avait des fenêtres encadrées de pilastres ioniques. Le troisième étage formait une loge continue de plus de 400 pas de longueur, et conduisait des premières Stances du palais pontifical à celles du Belvédère. Le vallon encadré par ces deux ailes et dressé en esplanade devait recevoir les eaux du Belvédère, qui auraient alimenté une très belle fontaine.

Bramante poussa les travaux du Belvédère avec une activité vertigineuse, et cependant il n'allait pas assez vite au gré du pape, qui aurait voulu voir les édifices sortir de terre comme par enchantement. Le jour, les ouvriers tiraient en présence de l'architecte en chef le sable et la terre dont ils se servaient la nuit pour les fondations. Ce zèle mal entendu fut cause que la construction éprouva des tassements et des lézardes, et que quatre-vingts brasses s'écroulèrent du temps de Clément VII. Le pape Paul III, qui les fit relever, fut en outre obligé de renforcer certaines parties et de leur donner par de nouveaux

massifs la solidité nécessaire.

Bramante, surpris par la mort, ne put achever que la première galerie; la seconde, dont il avait jeté les fondations, fut terminée par le pape Pie IV. Rome, affirme Vasari, n'avait pas vu depuis l'antiquité une aussi admirable conception.

Dans son état actuel, le Belvédère comprend la cour haute avec l'abside gigantesque appelée « il nicchione » (aujourd'hui le jardin de la pomme de pin, « il giardino délia Pigna ») et la cour basse ou cour du Carrousel. Cet ensemble grandiose a malheureusement été coupé en deux par la bibliothèque de Sixte V et le « Braccio Nuovo », et en outre défiguré par toutes sortes de restaurations ou de prétendus embellissements.

Le Vatican doit à Bramante une autre construction, non moins intéressante que la cour du Belvédère : je veux parler du corps de bâtiment appelé les Loges, qui s'élève sur la cour de Saint-Damase, et qui, complété dans la suite par deux bâtiments similaires, forme comme la façade du palais pontifical du côté de la place de Saint-Pierre. Les Loges, autrefois ouvertes, aujourd'hui protégées par un vitrage, se composent d'un rez-de-chaussée à arcades et à piliers un peu massifs, d'un premier étage dont les arcades sont séparées par des pilastres doriques, d'un deuxième étage à pilastres ioniques et enfin d'un troisième étage à colonnes corinthiennes. Cette construction, commencée par Bramante sous le pontificat de Jules II (peut-être déjà en i5o3 ou en i5o4), continuée par Raphaël sous celui de Léon X et ornée par lui ainsi que par ses élèves d'une immortelle série de fresques, est aussi claire et légère qu'élégante : la lumière y pénètre à flors, et la maçon-

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