LE BRONZE
emporté: « Expressit me Bertholdus, conflavit Hadrianus », lit-on sur le socle'.
La beauté des bronzes de cette époque défie toute analyse, et ces bronzes, c'est peut-être dans nos collections parisiennes, chez MM. Gustave Drej-fus, Edouard André, Foule, Spitzer, qu'ils sont le plus brillamment représentés.
Parfois on associait le bronze au carrare : Michel-Ange, quoiqu'il n'appréciât que le marbre, dut consentir à faire alterner des bas -reliefs de métal avec les statues de marbre du mausolée de Jules II; il est vrai qu'il se dispensa d'exécuter cette partie du contrat. De même, dans le mausolée de Chigi, à Sainte -Marie du Peuple, Raphaël et Lorenzetto placèrent un bas- relief en bronze dans le voisinage des statues de Jouas et à'Élie.
Quelle coloration re cherchait - on dans le bronze? Quelle patine se plaisait-on à lui donner?
Ce sont là problèmes qu'il faut réserver à l'examen des savants spéciaux. J'ajouterai que la dorure (appliquée, un demi-siècle auparavant, aux portes du Baptistère de Florence et plus récemment aux ambons de Donatello) s'étendait aux ouvrages de dimension moyenne (statuette de Cheval de la collection de Mme Edouard André, etc.) aussi bien qu'aux statues colossales telles que le CoUcoiie et le Sfoi^a. Le mausolée d'Iniioù-iif VIII était également doré en partie. — Il serait à souhaiter que l'on en revint à cette pratique pour les bronzes exposés en plein air et soumis à tant de chances d'altération.
La CISELURE, si intimement liée aux vicissitudes de la fonte, sacrifie tour
I . BiBL. : De Champeaux, Diclionnaire des Fondeurs, Ciseleurs, Modeleurs en bronze et Doreurs, t. I. Paris, 1886. — Drurj' - Fortnum , A descriptive Catalogue of the Bronzes in the South Kcnsington Muséum. Londres, i8.-'i. — Molinier, les Bnvi~es de la Renaissaucc. Paris, 1886.
LUvri^i eu biuiue. > CulLwUu.i Spilzer.)
4ô(i lus'roiRt-: DE i.AR'i' pl;nl)axt la rknaissame.
à tour aux traditions de Ghiberti et à celles de Donatello, s'attachant tantôt à un extrême fini, tantôt à une touche spirituelle, mais quelque peu brutale et heurtée.
La SCULPTURE EN BOis', Celle de toutes les branches qui réclamait le plus impérieusement le secours de la polychromie, continua de compter de nombreux adeptes. Elle s'enrichit en 148? de deux Enfants sculptés par Bertoldo, l'élève de Donatello. Benedetto da Majano, Antonio da San Gallo le vieux, Andréa Ferrucci, Rustici, sculptèrent des Crucifix : c'était la forme sous laquelle la sculpture en bois se produisait de préférence. Baccio da Montelupo fobriqua — c'est le mot propre — une quantité énorme de ces images de dévotion; Nanni Unghero, Raffitele da Montelupo, Agostino Busti, Jacopo Sansovino lui-même, ne dédaignaient pas d'v mettre parfois la main.
Un bas-relief fort curieux, en bois de noyer, la Prcsciilation an temple, légué par le baron Davillier au Musée du Louvre, rivalise pour la suavité de ses figures, représentées à mi-corps, avec les tableaux des Bellini.
Parmi les ressources dont l'Age d'Or enrichit le domaine de la sculpture, le STUC tient incontestablement le premier rang. Assurément, les Primitifs avaient partois utilisé des matières similaires, le plâtre durci, le papier mâché, etc. (« gesso duro », « carta pesca >), pour reproduire â l'aide d'un procédé économique quelque bas-relief célèbre". Beaucoup de ces stucs ne sont en effet que des surmoulés d'originaux en marbre, en terre cuite, en bronze, surmoulés retouchés parfois par les auteurs des sculptures originales (t. L p- -"^'T» ?ifO- Mais jamais les Primitifs n'avaient songé à employer le stuc en grand pour la décoration architecturale. Le palais d'Urbin fut, je pense, un des premiers monuments où l'on en fit un usage étendu. Il y parut au temps du duc Guidobaldo : on s'en servit pour les frises, pour les voûtes, pour les cheminées. — Ce que l'on a pu prendre pour du stuc parmi les décorations plus anciennes est à peu près uniquement du plâtre'.
Un peu plus tard, au dire de Vasari, Torrigiano, assisté d'autres maîtres, exécuta pour le pape Alexandre \'I de nombreux ornements en stuc pour la « Torre Borsiia » au Vatican. Mais le véritable rénovateur des stucs tut
1. BiBL. : Finocchictti, Jclla Seuil ma c dt-tta Taisia in tcgiio. Florence, 1873. — R. Frculei, Iiitaglio e Tarsia in tcgno. Rome, i885.
2. En 1475, le peintre Marco di P;iolo de Florence, habitant Pise, s'engage à livrer deux « quadri gessi Virginis Maria; ». (Il Btioiiarroti, 1887, p. 219.) — La collection Davillier renferme trois coffrets en bois recouverts d'applications de pâte blanche (pâte ou stuc) sur tond d'or. Ces petits meubles, de travail italien, datent du xv° siècle : ils sont ornés de scènes telles qu'un Empereur romain sur un trône entouré de guerriers, des Triomplies, Horatius Codés, le Supplice de Régulus, le Jugement de Paris, la Chaste Suzanne, la Mort de Pyrame et de Tliisbé. (Courajod et Mohnier, Donation du baron Charles Davillier; Paris, i885, p. Ô1-62.)