‹ Histoire de l'art pendant la renaissance (volume 3)Chapitre 185 sur 257 · I. Voyage en Italie, t. II, p. 408-4OQ · texte numérisé non relu

I. Voyage en Italie, t. II, p. 408-4OQ

bonne heure à un petit nombre de types, plus ou moins impersonnels, et d'ordinaire peu en rapport avec l'ethnographie de chaque province. Les peintres au contraire, grâce à la variété des ressources dont ils disposaient, grâce aussi à leur esprit d'initiative, créèrent autant de types qu'ils formèrent d'Écoles (Florentins, Ombriens, R.omains, Vénitiens, Milanais, etc.); par là ils introduisirent dans leurs compositions un élément de vie et d'intérêt que l'on ne saurait priser assez haut. Sans aller jusqu'à admettre que le type hottcntot, par exemple, ou le type lapon pussent se mesurer avec celui des races

méridionales, ils estimaient que,

dans un tableau d'histoire, de blondes Anglaises avec leur carnation superbe, des Allemandes mélancoliques ont le droit de figurer à côté des opulentes Romaines ou des pâles Florentines. L'idéal, en d'autres termes, ne consistait pas à leurs yeux à adopter un type au détriment d'un autre, mais bien à prendre pour point de départ les lignes générales du corps humain, ce canon si admirablement mis en lumière par les anciens, sauf à les modifier et à les rajeunir par ce qu'il y a de plus beau dans les traits des autres races. — Ce caractère

idéaliste, ce partum de haute distmction, disparut malheureusement après la

mort de Raphaël.

Type de Vieri^e, par Ci. Ghirlandait I .Musée du Louvre.)

Quoique la théorie de l'art pour l'art triomphât trop souvent dès cette époque, il se trouva, heureusement pour la peinture italienne, un certain nombre de maîtres empressés à proclamer également les droits de la pensée. L'iconographie en un mot, si négligée pendant la période précédente, fut remaniée, rajeunie et fécondée, surtout par Raphaël; la peinture, qui tendait à s'abandonner, en reçut, sans devenir rigoureusement « littéraire », une force et une saveur nouvelles; de fermes et vigoureuses conceptions philosophiques se substituèrent aux trop faciles, commodes et banales formules des quattrocentistes; conception des scènes, types, costumes, attributs, tout fut soumis à une revision qui a fiit loi depuis lors.

Michel-Ange lui-même, malgré l'indépendance de ses idées, fit un puissant effort pour rendre à l'iconographie sacrée sa dignité et sa grandeur. Le thème

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