‹ Histoire de l'art pendant la renaissance (volume 3)Chapitre 194 sur 257 · La Peinture ilalimne, t. I, p · texte numérisé non relu

La Peinture ilalimne, t. I, p

2. J'ai reproduit leurs descriptions dans VArMvio storico dilV Arte de if

598 IHSTOIRE DK LART F^ENDANT LA RENAISSANCE.

Saint Jean, Sainte Catherine d'Alexandrie, à gauche Saint Pierre, Saint André, le Pape Innocent VIII agenouillé; au fond, des saintes. Trois des lunettes étaient percées d'une fenêtre circulaire; sur la quatrième Mantegna avait peint le Sacrifice d'Abraham. Les figures de la Foi, de l'Espérance, de la Charité, de la Discrétion', de la Prudence, de la Justice, de la Tempérance, du Courage, puis, sur les voûtes, les Quatre Évangélisles, des arabesques, des tètes de chérubins c-t les armoiries d'Innocent VIII complétaient la décoration de l'oratoire.

Mais revenons à Mantoue. A la savante, prude et sévère Barbe de Brandebourg avait succédé la séduisante et incomparable marquise Isabelle d'Esté. Mantegna eut l'honneur de travailler pour cette souveraine gracieuse et sympathique entre toutes; elle fut pour lui une amie bien plus qu'une protectrice. C'est pour elle qu'il exécuta les deux curieux tableaux du Louvre, le Parnasse et Minerve cljassant les vices : tous deux étaient destinés à orner, en compagnie des tableaux du Pérugin et de Costa, le « studio » (le cabinet de travail) de la princesse (p. 281).

Le lecteur connaît déjà par notre fac-similé d'une des gravures de Mantegna (p. i35) le motif principal de la première de ces compositions : les neuf Muses dansant autour d'Apollon : la liberté, la grâce et le rythme des mouvements y sont inimitables; je ne crains pas d'affirmer que même au wif siècle, au temps du Poussin, on n'aurait pas su combiner plus harmonieusement les lignes, donner à l'ordonnance plus de tenue et de noblesse. Le second tableau. Minerve ou la Sagesse victorieuse des vices, est une page plutôt curieuse que belle. Mantegna s'\- est essayé dans des personnifications trop subtiles et trop originales.

Le Triomphe de Jules César, peint pour la scène du théâtre de Mantoue (gravures t. I, p. 24.3, t. II, p. 40, 41, ?-), forme, axecV École d'Athènes, la plus profonde et la plus éblouissante restitution de l'antiquité. Ce que Raphaël a t'ait pour la glorification de la philosophie antique, Mantegna l'a fait pour la glorification de ses gloires militaires et de ses magnificences extérieures. Dans ce cortège qui se déroule en neut compartiments gigantesques, il a réuni et les informations les plus exactes sur l'armement des Romains, et les ornements les plus pittoresques et, j'ai hâte de l'ajouter, les motifs les plus vivants, les plus hautes leçons de style'.

1 . La figure de la Discrétion. Mantegna, nous raconte-t-on, la peignit parce qu'il était peu satisfait de la parcimonie du pape. Celui-ci lui ayant demandé la signification de cette allégorie, l'artiste répondit que c'était la Discrétion. « Eh bien, répliqua Innocent YIII. si tu veux qu'elle soit en bonne compagnie, joins-y la Patience. »

2. Ainsi que vient de le démontrer M. Portheim, Mantegna a suivi dans ses cartons l'ordre même indiqué par Appien et a représenté successivement : I les trompettes et les tableaux de

' batailles; II les statues des dieux et les modèles de villes; III les chars avec les armures; IV les vases et les bœufs; V les éléphants et les candélabres; VI les tables; VII les prisonniers; VIII les musiciens et les bouffons; IX le triomphateur.

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