‹ Histoire de l'art pendant la renaissance (volume 3)Chapitre 207 sur 257 · I.A VlliRCR AUX KOCIIKRS I'ar Liviim · texte numérisé non relu

I.A VlliRCR AUX KOCIIKRS I'ar Liviim

(Mus ICI.; m; I.ouvuk)

Li:0\ARD L)l-: VINCI.

aussi envieuse que les artistes florentins; il ne tarda pas à quitter sa ville natale pour chercher fortune à Milan, où nous le retrouverons (chapitre \'II).

EluJt pour la mani Je

Musti

; de l'Ecole des Boaux-Arts.)

Dans l'intervalle qui s'écoula entre son départ et son retour (i483-i5oi), l'ancienne génération avait disparu tout entière. Ghirlandajo était mort en 1497, Benozzo Gozzoli en 1498, Alesso Baldovinetti en I49<); Filippino mourut en i5o4; seul Botticelli prolongea son existence jusqu'en i5iu, mais, vieux et infirme, il comptait à peine encore. D'autre part, les représentants de la gêné-

h-2 HISTOIRE DK LART PENDANT LA RENAISSANCE.

ration nouvelle, Mariotto Albertinelli (né en 1474), Michel-Ange et Fra Bartolommco (tous deux nés en 1475), Andréa del Sarto (né en 1480), ne faisaient guère que débuter. Est-il surprenant que les peintres ombriens, le Pérugin d'abord, Raphaël ensuite, aient fait une fortune brillante dans une cité d'ordinaire si jalouse des étrangers ! Le grand retour offensif de Savonarole et du mysticisme ne contribua pas médiocrement à leur succès.

Léonard, a vant quitté son pa3-s natal avant d'être parvenu à la célébrité, put-il néanmoins exercer quelque influence sur ses compatriotes ? Il est certain que s'il a fondé une Ecole et formé des élèves, ce n'est point à Elorence, mais bien à Milan. D'autre part, les analogies de facture et de style que l'on remarque chez certains de ses condisciples, tels que Lorenzo di Credi, pourraient à la rigueur se ramener à l'enseignement commun reçu dans l'atelier de Verrocchio. Mais Verrocchio, peintre, a laissé des preuves trop palpables de son insuffisance pour que nous hésitions à fiire honneur à son immortel élève de ces principes supérieurs de beauté plastique et de coloration. Ces principes, nous les trouvons d'abord chez Lorenzo di Credi, puis dans une certaine mesure chez Ridolfo Ghirlandajo, chez Piero di Cosimo, chez Andréa del Sarto, mais surtout chez Raphaël, qui, pendant sa période florentine, se fit le disciple respectueux et l'imitateur ardent de Léonard. Un des principaux résultats de cette action plus ou moins latente fut l'adoucissement du coloris florentin, si dur et si âpre auparavant. Fra Bartolommeo lui-même ne réussit pas à se soustraire à l'influence du souverain maître de la peinture ; \'asari revient à plusieurs reprises sur les emprunts qu'il lui fit; il le montre étudiant avec ardeur ses ouvrages, s'efforçint d'imiter son coloris, surtout dans les teintes obscures pour lesquelles il employa le noir de fumée des imprimeurs et l'ivoire brûlé. « A proprement parler, déclare M. Paul Mantz, c'est dans Léonard qu'il faut chercher le point de départ du « Frate », le sentiment de son clair-obscur, sa manière d'accuser les ombres et les clairs, et de donner aux formes imitées le saisissant relief de la vie'. »

Nous retrouverons Fra Bartolommeo à la fin du présent chapitre, Raphaël dans le chapitre V et Andréa del Sarto dans notre prochain volume. Quant à Lorenzo di Credi, le moment est venu de fltire plus ample connaissance avec lui.

Lorenzo di Credi (1459- 153;) avait pour père un orfèvre florentin, Andréa d'Oderigo di Credi, et tout nous autorise à croire qu'il apprit et exerça pendant quelque temps la profession paternelle; il étudiait en même temps la peinture, en mettant surtout à contribution les fresques du Carminé et les antiques de la collection des Médicis. Entré dans l'atelier de Verrocchio, il l'assista d'abord comme aide, aux modiques appointements de 12 florins

Page 1