‹ Histoire de l'art pendant la renaissance (volume 3)Chapitre 23 sur 257 · I. Burckh.u-dl, Cicérone, .S" édit., p. 2g · texte numérisé non relu

I. Burckh.u-dl, Cicérone, .S" édit., p. 2g

LES DIMMTES DE L'OLY.MPE.

Quant au C3xle bacchique, il inspire, outre une foule de bas-reliefs en marbre ou en bronze, de gravures, de majoliques (Silènes, Satyres, Faunes, Cen-

Le Sacrifice à Priape. Fac-similé d'une gravure de Jacopo de' Barbarj.

taures, etc.), le Sacrifice à Priape (gravure de Jacopo de Barbarj; nielle décrit par Passavant), le Triomphe de Pan de Signorelli, les Bacchanales de Jean Bellin, de Piero di Cosimo, du Titien, etc.

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Il est indispensable, ici comme pour tout l'ensemble du domaine mythologique, de faire la part de la fantaisie : satyres, faunes, nymphes, amours, griffons, etc., n'ont d'autre mission que d'amuser l'œil, sans avoir la prétention de parler à l'esprit, d'éveiller une idée, de donner une leçon. Parfois le choix de telle ou telle figure tenait à des coïncidences absolument fortuites : c'est ainsi que l'archevêque de Chypre, pour compléter la décoration de son jardin de Rome, dont une statue de Bacchus assis à côté d'un tigre occupait le centre, chargea Perino del Vaga de couvrir les murs de ce jardin de bacchantes, de satyres, de faunes et d'autres figurants du cortège bacchique. Le brave prélat ne se doutait assurément pas des commentaires QJ ^^ auxquels de telles allégories pouvaient donner

naissance, raisons comme Jui, et repetons : Honni soit qui mal y pense !

Cette antiquité, les artistes de la fin du xv" ou du commencement du x\'r siècle auront d'ailleurs beau vouloir la rendre profane, pendant longtemps ils ne réussiront qu'à la montrer délicieusement fraîche, juvénile, candide. On a vu ci-dessus (p. loi), dans l'estampe de Robetta, cette cérès portant sur ses bras un enfmt qui pleure et ayant à côté d'elle un autre enfant — un petit satyre — qui sautille : est-il rien de plus chaste ni de plus printanier?

Mercure.

Fragment du Combat de l'Amour et

de la Chasteté, par le Pérugin.

(Musée du Louvre )

Le mythe, si populaire depuis, de \'ertunine et Pomone ne se répandit que tardivement, après qu'un élève de Raphaël lui eut donné place dans la fresque du palais Borghèse, et Pontormo dans la salle d'honneur de Poggio a Cajano. On le rencontre dans la suite sur un nielle décrit par Passavant, sur une gravure de L-F. Fiorentino (1542) d'après Bandinelli (Bartsch, t. XV, p. 5o2) et dans le tableau de Paris Bordone au Louvre. Mais ce furent surtout les admirables tapisseries, aujourd'hui exposées au Palais de Madrid, qui lui valurent sa grande vogue.

Il semblerait que les Italiens, grands commerçants devant l'Éternel, dussent avoir une dévotion particulière à Mercure. Les effigies de ce Dieu sont cependant loin d'abonder (citons les statues exécutées par Bandinelli et par Rustici), et il nous fltudra aller jusqu'à Jean Bologne pour en trouver une qui jouisse d'une popularité véritable. Assez rarement représenté sur les plaquettes, Mercure paraît sur les revers d'un certain nombre de médailles, sur des estampes, entre autres celles de Nicoletto de Modène, sur des nielles. Je signalerai en outre Mercure et Pandore, gravure anonyme de l'Ecole de Marc -Antoine (Bartsch, t. XV, p. 35}. — De même que Diane, Mercure prend sa revanche en tant que divinité planétaire.

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