‹ Histoire de l'art pendant la renaissance (volume 3)Chapitre 31 sur 257 · INFLUENCE DE L'ANTIQUITE SUR LE STYL · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE L'ANTIQUITE SUR LE STYL

Ici encore, on peut opposer Mantegna et Raphaël à n'importe quel Ombrien, Florentin ou \'énitien : le Pérugin, Pinturicchio, Filippino Lippi, Ghirlandajo, Botticelli ou Signorclli. Prenons ce dernier : en vrai disciple des Ombriens, il

I,c Haiiiasso (Iratrmeiit), par Haphacl. (l'alais du Vatican.)

a, sinon le moins cherché, du moins le plus imparfaitement réussi à s'assimiler le génie de l'art antique; il s'est montré impuissant adonner à ses lignes la fluidité ou le rythme auxquels l'auraient initié les monuments antiques et à châtier le dessin de ses figures. Rien de plus caractéristique à cet égard que

E. jMuntz. — H. Halle. l,'.\i;L- J'Oi .

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le Triomphe de Pau, au Musée de Berlin : on ne saurait concevoir une composition plus heurtée, plus incohérente, avec moins de lien entre les figures. De tels tempéraments eussent mieux fait d'en prendre résolument leur parti et, les réminiscences ne pouvant que les gêner, d'être franchement les hommes de leur pa3-s et de leur temps.

La peinture décorative contracta, elle aussi, une nouvelle dette envers l'antiquité. La découverte des Grotesques l'éblouit et la foscina pour un temps. Du moins, plus vaillants et mieux inspirés que les sculpteurs, les peintres s'eftorcèrent-ils de s'assimiler ces motiis qui pouvaient agrandir considérablement le domaine de l'ornementation, mais à condition qu'on }• ajoutât une note personnelle et véritablement moderne. Le succès couronna leurs eflorts. L'historien des arts en Italie, notre brave ami messire Giorgio Vasari, ne s'est pas trompé en plaçant les Grotesques de Jean d'Udine à côté, voire au-dessus de celles des Thermes de Titus. Il rend le même témoignage à Andréa Feltrini, l'élève de Morto da Feltro : « Ses grotesques, déclare-t-il, sont plus grandes, plus riches, plus pleines que les grotesques antiques; cet artiste les relia d'après des règles plus justes, et y ajouta des figures telles qu'on ne les voit ni à Rome ni ailleurs. »

Composition alléfforique de Léonard de Vinci. (Bibliothèque de Windsor.)

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Frise en terre cuite modelée par Caradobso. (Eglise San Saliro à Milan.)

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