I. Moreni, d^ lugrcssu siiii 1793. — Vasari, pasu'iii
Ponl. Ltviiii X Florenliaiii, disciiptio PiiiiJis de Grassis. Florence,
De distance en distance, on avait élevé douze arcs de triomphe, sur lesquels on avait prodigué toutes les inventions du génie florentin, des statues et des peintures colossales, telles que cette figure de sept brasses de haut dessinée par Perino del Vaga. Les chœurs installés sur ces monuments (" Cantilenœ diversiï >■>, dit le maître de cérémonies pontifical, Paris de Grassis) causèrent un plaisir infini au Pape, qui était grand amateur de musique. Entre les arcs, se dressaient des édifices imités de ceux de Roixie antique, l'obélisque vulgairement appelé « Meta di Romolo », une colonne triomphale, analogue à celle du Champ de Mars, un temple octogonal, construit sous la direction d'Antonio da San Gallo le vieux, une statue équestre dorée analogue à celle de Marc-Aurèle. Puis partout, sur les places et dans les rues, des statues improvisées, telles que cet Hercule colossal modelé par Baccio Bandinelli pour la Loge des Lanzi. A la cathédrale, par une attention délicate, Jacopo Sansovino, Andréa Feltrini et Andréa del Sarto avaient mis en œuvre le projet de décoration autrefois imaginé pour la façade par Laurent le Magnifique, le père de Léon X, et cette façade, en bois, reçut pour ornements des figures en grisaille et des grotesques.
Que reste-t-il de tant de merveilles? La description de Vasari et peut-être deux ou trois esquisses. Seules les époques privilégiées peuvent se permettre de semer ainsi au vent leurs trésors, persuadées qu'elles sont qu'elles les remplaceront sans peine. Le moment n'était pas éloigné où la moindre entrée princière allait donner naissance, en Italie aussi bien qu'en France et dans les Pays-Bas, à de somptueuses monographies. Mais on aurait cherché en vain alors des Andréa del Sarto, des Jacopo Sansovino, des Pontormo, pour élever les arcs de triomphe ou pour décorer les baldaquins.
L'activité fébrile des Florentins relégua dans l'ombre les eflbrts des autres villes de la Toscane, à l'exception de Sienne, qui tint brillamment tète à sa rivale séculaire. Et cependant, parmi les vingt ou trente villes de cinquième ou de sixième ordre qui s'échelonnent en Toscane, il n'en est pas une qui, en appelant quelque artiste de marque, ne se soit créé un titre à la reconnaissance de la postérité.
Voici d'abord les vaillants villages de tailleurs de pierres situés au nord do la métropole (voy. t. I, p. 104) : ils s'enrichissent à peine de quelque retable ou tabernacle, mais en revanche combien de recrues n'envoient-ils p.as à l'École florentine! Fiesole donne le jour à Francesco di Simone Ferrucci; à Michèle Maini, l'auteur de la statue de Saint Sébastien, dans l'église de la Minerve, à Rome; à Andréa Ferrucci, le plus célèbre de tous; puis à Maso Boscoli, à Silvio Cosini, à Ciciha, élèves d'Andréa. De San Martino a Mensola sortent les Juste, qui firent fortune dans notre pays; de Settignano, Simone Mosca; de Majano, les deux frères Giuliano et Benedetto.
Plus au Nord, Prato, si intimement liée à l'histoire de la Première Renais-