MILAN
couleuvres des Visconti étaient redoutés depuis les glaces hyperboréennes
Ludovic le More, Béatrix d'Esté et leurs entants aux pieds de la Vierj^e. Tableau attribué à Zenale. f Musée de Brera à Milan.)
jusqu'au rivage de la mer Rouge, depuis l'Indus jusqu'aux montagnes que baigne la mer; mais, qu'elle morte, Ludovic et le royaume des Insubres furent réduits en servitude, au grand dommage de toute l'Italie; qu'elle dis-
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parue, ce qui passait auparavant pour la prudence la plus consommée ne fut plus considéré que comme l'œuvre du hasard. »
On possède moins de détails sur les goûts de la princesse Blanche-Marie, la nièce du More et l'épouse de l'empereur Maximilien (1472-1510)'.
Un gouvernement aussi ombrageux que celui de Ludovic le More ne pouvait manquer de confisquer et d'absorber les forces vives de l'aristocratie milanaise. A peine quelques alliés de la famille ducale, les Sanseverino par
exemple, ou des fonctionnaires tels que Angelo Fontana, à qui l'on attribue la fondation du palais Castiglione, purent- ils se distinguer de la foule.
Quant au maréchal J.-J. Trivulce (1447-1 5 18), il dut attendre la chute des Sforza pour affirmer son goût et sa magnificence.
L'encouragement des arts incomba donc principalement aux fibriques des églises. Parmi cellesci, l'œuvre de la cathédrale se signala par la persévérance de ses efforts, au milieu des plus cruelles épreuves. Les travaux en effet ne discontinuèrent pas , quoiqu'ils avançassent avec une extrême lenteur. Dolcebuono (1490), Amadeo ou Omodeo (1499- i5o8), Luca Fancelli (i5oo-i5o3), Cristoforo Solari (i5o6-i5i9), Girolamo Porta (i5i2) et d'autres les dirigèrent à des titres divers'.
Dans la sculpture, l'événement capital fut la préparation de la statue équestre de François Sforza, le mystérieux chef-d'œuvre de Léonard de Vinci, détruit au début du xvf siècle sans que l'on sache même si le cheval était au pas ou au galop. Sous l'action plus ou moins latente de ce grand charmeur, la sculpture milanaise se transforma rapidement : d'âpre et anguleuse qu'elle était, elle se fit suave et morbide, trop suave même, car chez le Bambaja par exemple, chez Benedetto Briosco et chez Cristoforo Solari, la suavité dégénère déjà en fadeur. Milan fut d'ailleurs, au temps de Ludovic le More, le rendez-vous d'une foule de sculpteurs habiles : Gian Cristoforo Romano, qui sculpta le buste de la duchesse Béatrix d'Esté, aujourd'hui au Louvre;