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LA POLYCHROMIE

les rinceaux et les arabesques, à la fois si purs et si vivants, de la Première

La Polychromie vers le début du xvi" siècle. Le Palais Guadagni à Florence (attribué au Cronaca.)

Renaissance, tendent à devenir plus froids et plus monotones : signalons ceux de la porte extérieure de l'église Saint-André, sculptés par Paolo et Antonio

Mola (gravés p. 3ii); ils n'ont véritablement pas assez de variété et d'ani^ mation pour remplir convenablement un cadre si vaste.

Parfois encore des sentences ou des inscriptions familières prennent place sur les façades; telles sont celles du palais Bartolini, à Florence : « Carpere promtius quam imitari » (Il est plus facile de critiquer que d'imiter) et « Per non dormire », allusion aux armes de la tamille (un anneau surmonté de trois têtes de pavot). Parfois aussi des écussons se profilent sur les angles; mais les novateurs, j'entends les théoriciens de la nouvelle École, les Serlio, les Vignole et les Palladio, ne devaient pas tarder à traiter de bourgeois et d'archaïques ces pieux usages, qui seuls auraient pu relever la monotonie de jour en jour plus attristante de l'architecture. Partout, en un mot, l'individu s'efface devant l'espèce, partout la fantaisie abdique devant la raison pure.

Signalons encore 'l'usage toujours croissant des ornements moulés, c'està-dire d'ornements pouvant être tirés à un nombre d'exemplaires indéfini ; il se générahsa, non seulement dans les contrées où la terre cuite était en faveur, mais encore à Rome, la ville classique des marbres, des travertins et des péperins. Pour la tribune de Saint-Pierre, Bramante fit usage d'oves, de moulures, de feuillages, etc., composés d'un mélange de chaux et de pouzzolane et coulés dans des moules en terre cuite ou en bois. Grâce à ce procédé, les voûtes en béton se trouvaient entièrement sculptées dans tous leurs compartiments lorsqu'on les décintrait. Pour son palais du Borgo, Bramante employa des colonnes de brique mêlée faites d'un seul jet.

Pour les ornements de plus petites dimensions, on employait dès lors couramment le stuc (palais d'Urbin, loges du Vatican, villa Madame). Nous voilà loin du long et minutieux travail de la sculpture en pierre chère aux Primitifs, de ces arabesques ciselées avec tant d'amour et de patience! Ainsi tout devenait plus facile, plus veule et plus abstrait.

Si nous pénétrons à l'intérieur des édifices, ici encore, qu'il s'agisse des nefs ou des chapelles d'une égfise, ou du cortile d'un palais, la tendance dominante est de subordonner rigoureusement, impitoyablement, les ornements aux exigences de l'architecture et de choisir pour ces ornements les formes épurées, si l'on veut, mais de plus en plus banales, de l'antiquité romaine. Ce n'est plus que sur les parois des loges et des salles, sur leurs pavements et sur leurs soffites, que l'architecte rend quelque liberté à l'ornemaniste ; les étourdissantes décorations des Chambres et des Loges du Vatican, de la villa Madame, du palais de Mantoue, sont là pour nous dire avec quelle ardeur et quel éclat Raphaël, Jean d'Udine et leurs émules s'acquittèrent d'une telle mission.

Les décorateurs de la Renaissance — exposés plus d'une fois, à coup sûr, à se trouver en conflit avec les architectes — partaient de ce principe que tous les arts, petits comme grands, devaient concourir à l'embellissement des

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