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ROLE DE LA SCULPTURE

Statues, l'exécution de l'écu allongé, dit tête de cheval (« testa di cavallo »), que chaque patricien ou prélat faisait incruster sur le centre ou sur l'angle de son palais. Un motif infiniment plus important et dont le rôle alla gran-

La Chapelle du Colleone à Bei'game.

dissant, c'étaient les cariatides, si négligées pendant la Première Renaissance (voy. t. I, p. 428). Quant aux portes d'entrée historiées, elles n'étaient plus de mise que dans la Haute-Italie, à Gênes, à Milan, à Lodi, à Pavie, à Crémone, etc. A Florence, à Rome et dans les autres régions soumises à

l'influence soit des San Gallo, soit de Bramante, à peine si l'on consentait à relever par quelques ornements architecturaux ce facteur si important de la décoration.

A l'intérieur, outre les cages d'escalier, les soffites, les chambranles des portes et les frises, les sculpteurs étaient appelés à sculpter des cheminées monumentales (palais Gondi à Florence, palais de Gubbio, d'Urbin, etc.). Sur les places publiques, des colonnes recevaient, sculptés en ronde bosse, les emblèmes des suzerains : lion de Florence, lion ailé de Venise (Pietro Lombardi à Ravenne), groupe de Saint Georges et du Dragon, emblème de la

banque de saint Georges de Gênes (Matteo Civitale à Sarzane, etc.).

La sculpture s'associait même parfois aux arts du mobilier ou aux inventions mécaniques : Verrocchio exécuta le « putto » de l'horloge du Mercato Nuovo, avec les bras articulés de manière à pouvoir sonner les cloches à l'aide du marteau placé dans sa main.

Esquisses de Verrocchio.

(Musée de l'École des Beaux-Arls.)

Pompeo Gaurico, l'auteur du de Sculptura (voy.

p. 189), qui disserte si longuement sur l'esthétique de la sculpture et qui cite si complaisamment les auteurs anciens, oublie trop de nous entretenir des procédés et des recettes en usage de son temps. Je dois donc essayer de reconstituer, à l'aide de textes épars, la série des opérations qui aboutissaient à l'exécution d'une statue.

Alors comme aujourd'hui les sculpteurs avaient l'habitude de jeter sur le papier leurs idées avant de s'attaquer à la terre ou à la cire. Les nombreux croquis qui nous sont conservés de Léonard de Vinci pour sa statue équestre, et de Michel- Ange pour ses différents ouvrages, nous en fournissent la preuve. On possède également une série de croquis de Verrocchio. A ces dessins plus ou moins poussés, qui ne nous font connaître que la pensée première de l'artiste, succédaient des maquettes en terre (que l'on faisait cuire) ou en cire, dont un assez grand nombre nous est parvenu sous leur forme originale (le Musée de South Kensington notamment en possède un choix fort varié), et dont d'autres nous sont connues par des reproductions en bronze (dans cette seconde catégorie rentre, affirme-t-on, la statuette d'un des

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